Dreame enterre sa voiture-fusée un an après l’avoir promise, d’anciens salariés racontent la supercherie
Il y a quatre mois, Dreame annonçait la voiture la plus rapide au monde, aidée par de véritables fusées. Le projet vient pourtant d’être abandonné en silence. D’anciens employés racontent désormais une histoire très éloignée de celle présentée au public.

Depuis cinq ans, les groupes chinois issus de l’électronique multiplient les incursions dans l’automobile. Xiaomi a réussi son arrivée avec la berline SU7, vendue à plus de 300 000 exemplaires en un an. Elon Musk assure de son côté depuis plusieurs années qu’un Tesla Roadster pourra décoller grâce à des propulseurs dérivés de SpaceX. Des fabricants d’électroménager ont également tenté leur chance. Dyson avait abandonné son propre programme automobile en 2019, après avoir englouti des centaines de millions de livres. Nombre d’entre eux ont échoué.
Connu pour ses aspirateurs robots, Dreame avait officialisé son arrivée dans l’automobile en août 2025. Dévoilée à San Francisco fin avril, la Nebula NEXT 01 JET Edition promettait de passer de 0 à 100 km/h en 0,9 seconde avec deux propulseurs à combustible solide. Aucun véhicule de série ne s’est jamais approché d’une telle performance. La production était prévue dès 2027 dans une usine qui restait à bâtir. Ce programme est désormais abandonné.

La supercar montrée au CES avançait par radiocommande et n’avait aucun châssis
Dreame a supprimé son programme automobile, connu en interne sous le nom Starry Sky, sans aucune annonce officielle. D‘anciens employés ont raconté au média économique chinois China Economy une stratégie centrée sur la levée de fonds plutôt que sur une véritable logique industrielle. Le véhicule présenté au CES en janvier n’avait aucun châssis et avançait grâce à une radiocommande. La maquette de cette voiture-fusée aurait coûté plusieurs millions de yuans auprès d’un maquettiste de Shanghai, avant de recevoir des propulseurs destinés à produire l’effet visuel recherché face aux caméras.
À son plus haut niveau, cette branche de Dreame employait près de 1 000 personnes. Les licenciements ont débuté en mai et seules quelques dizaines d’employés restent aujourd’hui pour régler les dettes envers les fournisseurs. D’après ces témoignages, les équipes devaient obtenir des financements avant de recevoir un budget consacré à la recherche. Plusieurs autorités locales ont ensuite vérifié l’utilisation des fonds publics versés. Dreame concentre maintenant ses efforts sur les aspirateurs, les tondeuses robotisées, les deux-roues électriques et ses robots domestiques.