Amazon surveille ses livreurs à 100%, même leurs tweets et leur odeur corporelle !

 

Amazon pousse la surveillance de ses livreurs sous contrat à son paroxysme. Comme le prouve un document interne, le géant du e-commerce exige de ses sous-traitants une hygiène corporelle irréprochable, tandis qu'Amazon se réserve également le droit de regarder les tweets des livreurs et de prendre des sanctions en cas de publications non conformes à l'esprit de l'entreprise. 

amazon livreurs
Crédits : Amazon

En 2018, Amazon a lancé le programme DSP, pour Delivery Service Partners. Le principe est simple : Amazon fait appel à de petites entreprises pour assurer les livraisons à travers toute l'Europe et les États-Unis. Ces entrepreneurs travaillent exclusivement avec le géant du e-commerce, et aujourd'hui on compte au total 1300 DSP, pour un total de 85 000 employés. 

Mais attention, ces dizaines de milliers de salariés ne sont pas des employés d'Amazon, mais appartiennent à des services de livraison en contrat avec l'entreprise fondée par Jeff Bezos. Malgré tout, cela ne semble pas empêcher Amazon de dicter et scruter les moindres faits et gestes de ces sous-traitants. En effet, nos confrères du site Bloomberg ont pu mettre la main sur une note interne édifiante.

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Amazon surveille l'hygiène de ses sous-traitants

L'hygiène personnelle doit être maintenue à un niveau acceptable, y compris, mais sans s'y limiter, la prévention d'une haleine ou d'une odeur désagréable, un parfum/une eau de Cologne modeste, et des dents, un visage/des oreilles, des ongles et des cheveux propres”, ordonne Amazon dans sa nouvelle politique des DSP.

En outre, le document précise également que les livreurs doivent s'abstenir de publier des messages “obscènes” sur les réseaux sociaux, qu'ils doivent seulement suivre les programmes de formation validée par Amazon, suivre à la lettre les instructions de l'application de livraison d'Amazon et qu'ils se soumettent à un test de dépistage de drogues à la moindre demande des représentants d'Amazon. 

Cerise sur le gâteau, les DSP, s'ils veulent préserver leur contrat avec Amazon, ont l'obligation d'accepter cette nouvelle politique. Et toutes les suivantes d'ailleurs, puisqu'Amazon se réserve le droit de la modifier unilatéralement, sans consultation préalable des DSP. Cerise sur le gâteau, ces petites entreprises doivent fournir à Amazon un accès physique à leurs locaux ainsi que de nombreuses données comme la géolocalisation en temps réel des livreurs et leur vitesse moyenne. 

Une pression qui pourrait avoir des répercussions sur Amazon

Pour rappel, Amazon n'a jamais vraiment cessé de surveiller et de mettre la pression à ses livreurs. En 2019, un article choc a prouvé qu'Amazon mettait volontairement en danger ses livreurs pour livrer vos colis dans les temps. Et début 2021, le géant du e-commerce a annoncé qu'il allait surveiller les livreurs via des caméras assistées par une IA.

Reste que la publication de ce document par Bloomberg pourrait bien avoir des répercussions pour Amazon. En effet, les chauffeurs provenant des DPS ne sont pas des employés directs d'Amazon. Or, si Amazon continue d'appliquer une si forte pression sur ses partenaires de livraison, cela pourrait convaincre les tribunaux et les agences gouvernementales d'enquêter sur cette relation et considérer Amazon comme un “employeur conjoint”. Ce qui obligerait Amazon à payer des charges pour ces 85 000 employés supplémentaires. 

Source : Bloomberg



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