Ford rétropédale et réembauche ses ingénieurs remplacés par l’IA : la raison est plus pernicieuse qu’il n’y paraît
L’IA a déjà commencé à voler des emplois. Mais son adoption massive est parfois précipitée, obligeant les entreprises à faire marche arrière. C’est notamment le cas de Ford, qui a dû réembaucher des ingénieurs qu’il avait remplacés par l’IA. Mais le message en filigrane n’est en rien réjouissant pour la main-d’œuvre humaine.
L’intelligence artificielle est un véritable sujet de société. Questions écologiques, marche forcée vers son adoption, lassitude (pour ne pas dire ras-le-bol) des utilisateurs… Le champ d’étude est vaste et il recèle également une forte dimension sociale, notamment liée à l’emploi. Les rapports s’accumulent, tout comme les déclarations des grands pontes de la technologie : c’est désormais une certitude, l’IA engendrera la suppression de postes alloués aux humains – et elle a déjà commencé.
Reste qu’introduire l’IA sur le marché du travail nécessite des précautions. Sans entraînement adéquat, elle ne peut remplacer l’humain. Et ça, Ford l’a appris à ses dépens. Après avoir tenté de remplacer certains de ses ingénieurs, l’entreprise automobile a rapidement dû rétropédaler, la qualité des produits ayant diminué à la suite de cette décision. Mais là n’est pas le plus préoccupant.
Ford rétropédale après avoir remplacé des ingénieurs par l’IA… mais jusqu’à quand ?
L’an dernier, Ford a annoncé sa transition vers l’IA « dans l’ensemble du système industriel ». La firme a notamment introduit 900 caméras dopées à l’IA pour détecter les problèmes de qualité des produits dès le début du processus de fabrication – ce qui a valu à de nombreux inspecteurs qualité de se voir remerciés.
Cependant, Ford n’a pas suffisamment préparé ce virage vers l’IA : il a minimisé l’importance de l’entraînement de cette technologie en plein essor par des personnes qualifiées. Résultat, selon Bloomberg : cette précipitation a coûté des milliards à l’entreprise, à cause de produits de qualité finalement inférieure.
Ford a rectifié le tir en réembauchant 350 ingénieurs expérimentés – beaucoup ayant déjà travaillé pour le constructeur. Mais le positionnement partagé par Charles Poon, vice-président de l'ingénierie du matériel pour véhicules chez Ford, reste préoccupant : « Nous avons reconnu que pour améliorer certains de nos outils d'automatisation, d'apprentissage automatique et d'intelligence artificielle, nous devions nous assurer qu'ils sont formés par les personnes les plus expérimentées ».
Ces propos, relayés par BGR, laissent entendre que les experts recrutés ne semblent l’avoir été que pour former l’IA… à les remplacer. Et lorsque les systèmes seront au moins aussi performants que les inspecteurs qualité, qu’adviendra-t-il de ces derniers ?
