Pendant que l’IA supprime des emplois, Jeff Bezos nous vend carrément l’eldorado
Les licenciements liés à l'intelligence artificielle se multiplient un peu partout. Jeff Bezos, lui, balaie ces inquiétudes d'un revers de main. Le milliardaire annonce au contraire une pluie de nouveaux emplois pour les années à venir.

L'intelligence artificielle redessine en profondeur le monde du travail. De nombreuses entreprises automatisent leurs tâches et réduisent leurs effectifs à un rythme soutenu. Les bureaux ne sont plus épargnés par cette vague de transformation. Le patron de Microsoft AI estimait récemment que la plupart des emplois de bureau seraient automatisés sous dix-huit mois. Ces prévisions nourrissent une réelle anxiété chez les salariés du monde entier.
Dans ce climat tendu, Jeff Bezos adopte un discours résolument optimiste. Le fondateur d'Amazon s'exprimait lors d'un événement consacré à sa nouvelle société d'intelligence artificielle. Sa propre entreprise vient pourtant de supprimer 16 000 postes pour accélérer son automatisation. Le milliardaire balaie malgré tout l'idée d'un effondrement de l'emploi.
Jeff Bezos prédit plusieurs âges d'or et de nombreux emplois grâce à l'IA
Jeff Bezos assume pleinement cette vision à contre-courant. Dans une interview accordée au Financial Times, l'homme d'affaires juge que les prophètes de la fin du travail ont tort. Il annonce plusieurs âges d'or portés par l'intelligence artificielle, mais aussi par l'espace et les biotechnologies. Selon lui, la prochaine décennie réserve une série de miracles spectaculaires. Pour appuyer son propos, il rappelle que toute richesse humaine découle de l'invention. À ses yeux, l'apparition de la charrue voici 6 000 ans a enrichi l'humanité entière. Le fondateur d'Amazon va plus loin en prédisant une pénurie de main-d'œuvre. Ce manque de bras créerait alors une foule de nouveaux emplois.
Jeff Bezos défendait ces idées au lancement de Prometheus, sa nouvelle société. Cette firme veut s'appuyer sur l'intelligence artificielle pour transformer l'ingénierie et la fabrication. Elle a déjà levé 12 milliards de dollars, soit environ 11 milliards d'euros, auprès de grands investisseurs. Son objectif est de créer un « ingénieur général artificiel » capable de concevoir des systèmes complexes. Il estime aussi que cette technologie pourrait doper la productivité, à condition de ne pas la brider trop tôt. Le milliardaire avait déjà tenu ce discours rassurant l'an dernier. Reste à savoir si les faits lui donneront raison, à l'heure où les suppressions de postes s'accélèrent.