Voici comment des pirates transforment un lien Google anodin en piège diabolique
Un lien Google semble toujours digne de confiance, et c'est exactement le problème. Des pirates ont bâti un réseau gigantesque qui se cache derrière cette réputation. Leur méthode passe sous le radar des antivirus comme des filtres anti-spam.

Les arnaques par courriel n'ont jamais été aussi sophistiquées. Les cybercriminels rivalisent d'astuces pour franchir les protections de nos boîtes de réception. Une vague récente avait déjà piégé près de trois millions de personnes avec une simple page d'apparence anodine. Les filtres anti-spam se perfectionnent, mais les pirates trouvent toujours une faille pour glisser leurs messages frauduleux.
Leur dernière trouvaille repose sur un atout redoutable, la confiance accordée aux grandes marques. Des escrocs avaient déjà réussi à diffuser une fraude depuis une adresse Microsoft parfaitement officielle. Cette fois, les attaquants s'appuient sur l'infrastructure de Google pour endormir la méfiance de leurs cibles. Le procédé vient d'être mis au jour par des chercheurs.
Un simple lien Google sert d'appât à une vaste opération de phishing
Cette campagne de phishing s'appuie sur un réseau d'une ampleur inédite. Selon une enquête menée par Comparitech, l'opération repose sur 12 704 serveurs répartis dans 55 pays. Près de 99,8 % de ces machines tournent sous des logiciels en fin de vie. Aucune ne reçoit la moindre mise à jour de sécurité. Tout commence par un courriel promettant de fausses récompenses financières ou réclamant un paiement urgent. Les liens contenus dans ces messages ne mènent pas directement vers un site malveillant. Ils passent d'abord par des pages hébergées sur Google Cloud Storage. Cette étape rassure les filtres, car ces adresses de confiance échappent souvent à toute inspection poussée.
Les pirates remplissent ces pages avec de vrais articles copiés sur le New York Times pour rendre le tout crédible. Ce camouflage trompe les scanners de sécurité, qui voient un contenu d'actualité parfaitement légitime. La fausse page redirige pourtant le visiteur vers le véritable site frauduleux. Les escrocs gardent même la main sur cette destination finale, qu'ils peuvent changer à tout moment. Toute personne ayant saisi ses informations sur l'un de ces écrans doit modifier ses mots de passe sans attendre. Un simple clic suffit d'ailleurs à signaler aux pirates que l'adresse est bien active. La victime s'expose alors à une avalanche de spam et de nouvelles tentatives de fraude.