Et si on cherchait mal les extraterrestres ? Cette méthode inédite pourrait complètement changer la donne
La quête de la vie extraterrestre pourrait prendre un nouveau tournant. La nature des biosignatures ne suffisant pas, certains des composés recherchés pouvant être produits par des processus non vivants, des scientifiques ont mis au point une nouvelle méthode plus efficace. Si elle a ses limites, elle présente également plusieurs atouts. Et nous avons déjà l’instrument pour la mettre en pratique.

Détecter des aliens – ou en tout cas des traces de leur existence – est loin d’être une quête secondaire dans le jeu qu’est la vie humaine. Depuis des années, les scientifiques s’échinent à répondre à la question suivante : sommes-nous seuls dans l’Univers ? Mais la recherche demeure encore, pour l’instant, assez théorique : concept de zone habitable – que certains chercheurs appellent aujourd’hui à redéfinir –, traque des biosignatures…
L’objectif est désormais de passer de la théorie à une méthode plus concrète et efficace. On avait déjà évoqué celle des « codes-barres » moléculaires au sein de nos colonnes. Il se trouve qu’une équipe de chercheurs aurait trouvé une nouvelle approche très efficace et qui ne serait pas limitée par la technique, puisque l’on dispose déjà d’une sonde qui pourrait nous aider à la mettre en pratique.
La nature des biosignatures ne suffit pas à détecter la vie extraterrestre
On le disait, chercher la vie extraterrestre consiste notamment à traquer des biosignatures. Mais cette nouvelle étude parue dans Nature Astronomy va encore plus loin : elle explique que le type de biosignature ne suffit pas, il faut également étudier la manière dont elles sont organisées. En effet, les composés recherchés (acides aminés et gras, peptides, protéines…) ne sont pas nécessairement d’origine biologique. Concrètement : détecter des biosignatures ne signifie pas avoir découvert la vie puisqu’elles peuvent être d’origine abiotique – donc sans lien avec la biologie.
Les chercheurs ont donc élaboré une méthode fondée sur deux critères pour distinguer les biosignatures biologiques de celles abiotiques : la diversité et l’uniformité des composés. Ils ont étudié près de 100 ensembles de données (échantillons de fossiles, microbes, astéroïdes, météorites, synthétiques…). Ils ont ainsi déterminé que les acides gras sont moins diversifiés et leur répartition est moins uniforme lorsqu’ils sont produits par des organismes vivants – c’est l’inverse pour les acides aminés.
Une méthode avec ses limites, mais qui pourrait jouer un grand rôle dans la découverte des aliens
Cependant, comme le souligne Space.com, cette méthode n’est pas infaillible : pour le moment, elle n’a été vérifiée que pour les acides gras et aminés. Aussi, ces critères seuls ne suffisent pas : il faut les replacer dans le contexte avec d’autres molécules. Par exemple, elle est caduque dans le cas de l’exoplanète K2-18b : puisqu’on ne connaît pas suffisamment son atmosphère, le diméthylsulfure ne suffit pas.
Cette approche pourrait toutefois être bien utile dans le cas de la quête de la vie – même ancienne – sur Mars. Il s’agirait bien évidemment d’une technique à combiner avec d’autres pour prouver l’existence de la vie extraterrestre, mais elle permet déjà d’orienter les scientifiques. Surtout, la mission Clipper de la NASA, qui devrait arriver à bon port en 2031, possède un instrument qui pourrait aider à interpréter si l’océan sous Europe, la lune de Jupiter, est capable de soutenir la vie.