Voici pourquoi l’activité solaire rend la chute des débris spatiaux encore plus dangereuse qu’on ne l’imaginait
Les débris spatiaux représentent une menace croissante pour les satellites en orbite. Une étude de 36 ans vient de démontrer que le Soleil joue un rôle inattendu dans leur chute.

L'orbite basse terrestre est devenue une zone de plus en plus encombrée. Elle abrite aujourd'hui près de 130 millions de débris issus de la conquête spatiale. Vieux satellites hors service, étages de fusées abandonnés et fragments de collision s'y accumulent au fil des années. Une étude récente rappelait déjà que le risque de croiser un débris en chute incontrôlée ne cesse d'augmenter.
Dans ce contexte déjà préoccupant, un facteur supplémentaire vient d'être identifié. La perte récente d'un satellite Starlink avait rappelé la fragilité des objets en orbite basse. Mais c'est désormais le Soleil lui-même qui est pointé du doigt. Une nouvelle recherche montre que l'activité solaire accélère directement la chute des débris vers la Terre.
Une étude sur 36 ans prouve que l'activité solaire précipite la chute des débris spatiaux en orbite basse
Les débris spatiaux tombent naturellement vers la Terre. Des chercheurs ont suivi 17 débris en orbite basse sur 36 ans. Cette étude, publiée dans la revue Frontiers in Astronomy, couvre trois cycles solaires de 11 ans chacun. Ces objets ont été lancés dans les années 1960 et continuent de fournir des données précieuses. Les scientifiques se sont appuyés sur les relevés du Centre de recherche en géosciences de Potsdam, en Allemagne. Cet organisme suit quotidiennement les taches solaires et les émissions du Soleil. Les résultats sont sans équivoque. Lorsque l'activité solaire dépasse un certain seuil, la densité de l'atmosphère autour des débris augmente. Cette densité supplémentaire crée une traînée plus importante, qui ralentit leur orbite et accélère leur descente vers la Terre.
Les conséquences dépassent les simples débris. Les satellites actifs subissent le même phénomène. Près d'un maximum solaire, ils perdent de l'altitude plus vite. Leurs corrections d'orbite se multiplient et leur consommation de carburant augmente. Ayisha Ashruf, chercheuse au Vikram Sarabhai Space Centre en Inde, estime que cette observation sera déterminante. Pour la chercheuse, planifier des opérations spatiales durables exige de mieux prendre en compte l'activité solaire. Des milliers de nouveaux satellites sont prévus en orbite basse dans les prochaines années. Mieux comprendre l'influence du Soleil sur leur trajectoire est désormais une nécessité.