Près d’une publicité sur trois sur Meta mènerait vers une arnaque ou un malware
Les publicités sur les réseaux sociaux ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être. Une étude récente révèle une proportion inquiétante d’annonces malveillantes sur Meta. Des millions d’utilisateurs pourraient être exposés à des arnaques sans le savoir.

Les campagnes de malvertising se multiplient depuis plusieurs mois sur les grandes plateformes. Des chercheurs en cybersécurité ont déjà mis en lumière des publicités Facebook diffusant le malware Android Brokewell. Ces annonces imitaient des marques connues pour inciter au téléchargement d’applications piégées. Les visuels semblaient professionnels et parfaitement crédibles. Les internautes étaient redirigés vers de faux sites clonés.
Ce phénomène ne se limite plus à un cas isolé. D’autres campagnes ont ensuite migré vers Google Ads et YouTube. Des comptes vérifiés ont été détournés pour renforcer l’illusion d’authenticité. Les pirates exploitent les outils publicitaires officiels pour cibler précisément leurs victimes. Une nouvelle étude permet désormais de mesurer l’ampleur du problème sur Meta.
Une analyse de 14,57 millions de publicités Meta révèle 30,99 % d’annonces liées à des arnaques
D’après une enquête de Gen Digital relayée par TechRadar, 14,57 millions de publicités Meta ont été analysées sur une période de 23 jours dans l’Union européenne et au Royaume-Uni. Ces annonces représentaient 10,76 milliards d’impressions. Les chercheurs estiment que 4,51 millions d’entre elles étaient liées à des campagnes frauduleuses. Cela correspond à 30,99 % des publicités étudiées. Au total, ces annonces malveillantes ont généré plus de 304 millions d’impressions en moins d’un mois.
Les contenus identifiés incluaient du phishing, des redirections vers des malwares ou d’autres infrastructures frauduleuses. Selon les données télémétriques de l’entreprise, le malvertising représente désormais 41 % des cyberattaques visant les particuliers. Il s’agirait de la principale menace pour les internautes.
L’étude souligne également une forte concentration des campagnes. Les dix principaux annonceurs seraient responsables de 56,1 % des publicités frauduleuses détectées. Les chercheurs ont observé des textes quasi identiques et des domaines réutilisés. Plusieurs campagnes partageraient des systèmes de paiement et des infrastructures techniques communes. Certaines seraient liées à des réseaux opérant depuis la Chine et Hong Kong. Cette organisation structurée montre que la fraude publicitaire s’industrialise à grande échelle sur les réseaux sociaux. Un simple clic peut suffire à exposer un internaute à une perte d’argent ou au vol de ses identifiants.