L’étoile géante rouge R Leonis nous offre son chant du cygne en direct
À l’image d’un cœur cosmique, la géante rouge R Leonis pulse, s’illuminant et s’assombrissant. Mais ce « battement » autrefois régulier s’accélère. Un chercheur décèle dans ce changement un phénomène exceptionnel : il s’agirait des derniers soubresauts d’un astre en pleine métamorphose, celle de ses derniers instants.

Certains phénomènes nous transportent parfois directement dans ce que l’Univers a de plus poétique. La géante rouge R Leonis fait partie de ces astres envoûtants : variable de type Mira, cette étoile vieillissante de la constellation du Lion pulse – évoquant alors un cœur céleste. Au rythme régulier de ses contractions, elle s’illumine et s’assombrit.
R Leonis intrigue les astronomes amateurs et aguerris depuis plus de deux siècles et cet intérêt n’est pas près de faiblir après la récente découverte réalisée par le chercheur Mike Goldsmith : ses analyses des données de l’American Association of Variable Star Observers (AAVSO) révèlent que le « battement » de R Leonis commence à s’accélérer. Plutôt que de constater sa mort, nous serions en train d’observer un phénomène rare : la métamorphose – pour ne pas dire l’agonie – d’une étoile en direct.
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Sommes-nous en train d’observer une agonie stellaire en temps réel ?
Concrètement, Goldsmith a constaté que le rythme fondamental de pulsation de R Leonis s’est raccourci d’environ trois jours depuis le XIXe siècle. Pour une étoile dont le battement est « réglé comme une horloge », il s’agit d’un véritable bouleversement. Selon le chercheur, nous assistons à l’évolution réelle et en direct de cette étoile vieillissante. En effet, une variable Mira en fin de vie brûle ses dernières réserves d’énergie, modifiant ainsi sa structure interne.
Cette modification du rythme de pulsation de R Leonis n’est cependant pas linéaire : Goldsmith a constaté des variations de cycles s’étalant sur plusieurs décennies – autour de 35 et 98 ans. La géante rouge semble ainsi pulser à plusieurs cadences simultanées.
Le chercheur a aussi fait une découverte étrange à propos de la poussière entourant R Leonis, selon Space.com : ces « nuages » évoluent eux aussi en devenant tantôt plus épais, tantôt plus fins, ce qui influence de manière significative notre perception de l’étoile.
Si l’étude de Goldsmith repose sur une base de données historique impressionnante, le bond technologique entre les estimations visuelles de 1820 et la précision des caméras CCD des télescopes actuels interroge : ces variations sont-elles dues au comportement réel de l’étoile ou simplement aux méthodes d’observation ?
Et quand bien même il s’agirait du comportement de R Leonis : cette évolution du rythme constitue-t-elle une tendance durable ? Les observations réalisées sur les prochaines décennies devraient être déterminantes. Quoi qu’il en soit, si les déductions de Goldsmith s’avèrent correctes, nous disposons d’un privilège rare, celui d’être aux premières loges pour contempler l’agonie d’un astre.

