TF1 vs Free et Canal+ : le groupe n’a pas le droit de faire payer ses chaînes en clair, assure un député

TF1 n’a pas le droit de faire payer ses chaînes en clair à Free, Canal+ et les autres FAI, affirme le député Cédric Roussel. D’après lui, les exigences de TF1 sont contraires à la loi et incompatibles avec l’autorisation de diffusion dont dispose du groupe et qui le lie à l’État. Dans une question au Ministère de la culture, Cédric Roussel revendique le respect des accords entre TF1 et la France mais aussi de mettre en avant le principe de gratuité dans la prochaine réforme de l’audiovisuel français.

tf1 site

Dans une question au Ministère de la Culture publiée ce 24 avril 2018 au Journal Officiel et relayée par Univers Freebox, le député La République en Marche Cédric Roussel rappelle que d’après la loi, TF1 n’a pas le droit de demander aux FAI comme Free et Canal de payer pour la diffusion de ses chaînes gratuites. Une pratique contraire à la convention qui le lie à l’État.

TF1 ne peut pas faire payer ses chaînes gratuites à Free et Canal+

Il demande le respect des accords passés entre les deux parties et des textes de loi, ainsi que « soit réitéré sans ambiguïté, conformément à la loi de 1986 en vigueur, le principe de gratuité au sein de la prochaine réforme de l’audiovisuel français« , qui doit aussi décider de la question de la redevance TV universelle.

Vous trouverez ci-dessous l’intégralité du texte de la question de Cédric Roussel :

« M. Cédric Roussel attire l’attention de Mme la ministre de la culture sur la question de l’audiovisuel français. Le groupe TF1 a engagé depuis plusieurs mois à l’encontre des diffuseurs de ses chaînes des demandes de rémunérations. S’il est légitime que soient rémunérés les services associés aux chaînes gratuites tels que le replay et le start-over, Mme la ministre n’a récemment pas manqué de réaffirmer le principe de la gratuité sur le mode satellitaire, relayée en cela par le président de l’ARCEP qui a lui-même rappelé qu’à « partir du moment où une chaîne est gratuite, elle devrait être gratuite pour tous les Français ».

En outre, il convient de rappeler que les chaînes de télévision hertziennes ont reçu gratuitement leurs fréquences en contrepartie d’une diffusion en accès gratuit. Ces chaînes gratuites sont principalement rémunérées par la vente d’espaces publicitaires liés à leur audience. Leur distribution sur un plus grand nombre de plateformes contribue à l’augmentation de leurs revenus résultant de parts d’audiences cumulées plus importantes. Au surplus, les chaînes gratuites et les chaînes payantes reposent sur des modèles économiques fondamentalement différents.

Si la régulation de l’audiovisuel historique est avérée et ce en raison de la présence accrue du CSA, le monde du numérique est, quant à lui, peu régulé. Ce contraste a pu mener à des excès en ce qui concerne ce principe de gratuité notamment. Cette analyse a été entérinée par la Commission européenne, par le ministre de l’économie et réitérée par l’ADLC aux termes d’une décision de 2010 précisant que « tout distributeur de services de télévision est tenu de distribuer une chaîne de télévision hertzienne privée gratuite, si l’éditeur de cette chaîne le lui demande dans des conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires.

Les distributeurs de chaînes ne versent aucune redevance aux éditeurs de chaînes pour la reprise de chaînes hertziennes gratuites, quel que soit le support de diffusion envisagé (…) ». Par ailleurs, aux termes de l’article 28 de la loi de 1986, la délivrance des autorisations d’usage des ressources radioélectriques est subordonnée à la conclusion d’une convention passée entre le CSA au nom de l’État et la personne qui demande l’autorisation. La convention TF1 implique donc, entre autres, le principe de gratuité des chaînes en clair pour les usagers. Il en résulte que les demandes de TF1 sont contraires à l’article 34-4 de la loi du 30 septembre 1986 et incompatibles avec l’autorisation dont dispose TF1 depuis 2001, et qui lui a été renouvelée en 2017.

Malgré l’annonce par le Gouvernement d’une révision de la loi de 1986, il souhaite connaître des mesures prises pour que soit respectée dès à présent par cet opérateur la convention qui le lie à l’État, les règles garantissant des négociations arrêtées sur des bases équitables, transparentes et non discriminatoires. Également, il lui demande que soit réitéré sans ambiguïté, conformément à la loi de 1986 en vigueur, le principe de gratuité au sein de la prochaine réforme de l’audiovisuel français.« 

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