Décidément Fiido n’en finit pas de nous étonner avec des vélos à assistance électrique au rapport qualité / prix impeccable et avec toujours une originalité bien sentie. Le M1 Pro ne fait pas exception à la règle.
Test réalisé par Emmanuel Armanet
La marque asiatique Fiido propose aujourd’hui une gamme de vélo à assistance électrique très large lui permettant d’occuper quasiment toutes les niches du marché. Pour autant Fiido ne se contente pas de suivre la concurrence en n’hésitant pas à prendre des risques et à innover pour aboutir à des modèles particulièrement atypiques. Notre engin du jour en est la parfaite illustration. Place au M1 Pro !
Disponibilité
Le Fiido M1 Pro est un vélo pliant pas comme les autres. En effet, il ne joue pas la carte de l’ultra compacité pour par exemple rentrer dans le coffre de toutes les voitures ou glisser son vélo dans le train. Non lui au contraire, en impose avec notamment d’énormes pneus et sa fourche à suspension. La marque le considère d’ailleurs plus comme un vélo tout terrain que comme un produit destiné exclusivement à la ville.
Ce vélo est aujourd’hui commercialisé au prix de 1 099 € (1 499 € à son lancement). Si vous utilisez le code promo phonandroid50 sur le site officiel de Fiido, il est possible de profiter d'une réduction de 50 €. Le Fiido M1 Pro s'affiche alors donc à 1 049 €.
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Fiido1049€
Comme toujours chez Fiido une seule couleur au programme, un vert très classe, et une seule taille. Le vélo serait capable d’accueillir des cyclistes mesurant entre 155 cm et 200 cm. En clair, un vélo pour tout le monde ou presque.
Ce tarif alléchant laisse la place à une accessoirisation, mais elle est un peu moins poussée que sur les modèles un peu plus citadins, ce qui vient confirmer la communication du constructeur un peu plus sport. Le M1 Pro peut simplement accueillir un porte-bagages arrière (75 €), des rétroviseurs (28 €) et différents types de bagages.
Mise en œuvre
C’est désormais un processus bien rodé. Le M1 Pro arrive dans un carton qui n’est pas très encombrant pour un vélo, mais qui pèse son poids. Une nouvelle fois, nous ne pouvons que vous conseiller de vous faire aider pour sortir le vélo de son carton.
Le montage proprement dit ne pose aucune difficulté particulière, et ce, d’autant plus qu’une nouvelle fois, tout l’outillage est fourni. Nous commençons comme toujours par mettre en place la roue avant pour que le vélo puisse tenir debout sur sa béquille latérale. Ensuite vient le tour du poste de pilotage et de la selle. Il faut également fixer le garde-boue avant et le feu pour enfin venir visser les pédales. Et le tour est joué. Histoire de ne pas prendre de risque, nous vérifions le serrage de différents composants du vélo et plus particulièrement le mécanisme de pliage. Les pneus sont correctement gonflés et nous voilà prêts pour un petit tour du propriétaire.
Présentation
Le Fiido M1 Pro n’est vraiment pas un vélo comme les autres. En effet, il s’agit d’un VAE pliant tout suspendu et doté de grosses roues. Une double particularité qui permet d’affirmer sans prendre trop de risque que vous ne devriez pas croiser un modèle de ce type tous les jours. Le cadre bien entendu en aluminium est en deux parties réunies par une charnière d’apparence robuste avec bien entendu un loquet de fermeture pour solidariser le tout.
La partie avant s’apparente à une poutre dans laquelle vient se glisser la batterie. L’arrière affiche une construction plus complexe avec de nombreux renforts et surtout un bras oscillant pour la suspension. Un amortisseur à ressort vient se placer sur le tube de selle. Il est réglable en précontrainte via une grosse molette. À l’avant la suspension est confiée à une fourche à double té qui se distingue par l’anodisation dorée de ses plongeurs. Elle impressionne côté look, mais ce n’est pas tout. Elle s’appuie sur un mécanisme hydraulique pour offrir un amorti plus subtil qu’un ressort. Avec ses 80 mm de débattement et ses possibilités de réglage, voire de blocage total, cette fourche confirme les ambitions du M1 Pro, notamment en tout terrain.
Si le pliage est plutôt facile, il convient de prendre en compte l’encombrement du vélo qui demeure plutôt important (ce n’est pas un Brompton), et surtout son poids, puisque nous sommes autour des 27 kg. Les soudures présentent bien, mais on pourra cependant regretter la présence de nombreux câbles à l’heure où de nombreux concurrents misent sur des cheminements internes nettement plus gracieux.
Second élément marquant du Fiido M1 Pro, ses grosses roues de 20 pouces à bâton. La marque annonce qu’elles sont en alliage de magnésium, un matériau surtout connu pour sa légèreté et sa rigidité. Ces roues accueillent d’énormes pneus CST de 4 pouces de large au profil assez peu cramponné. Ils sont bicolores, c’est-à-dire que leurs flancs ne sont pas noirs, mais beiges. Cela apporte un air un peu rétro.
La selle assez large prend place sur une tige de selle de grand diamètre, ce qui favorise habituellement plus la rigidité que le confort. De l’autre côté, nous trouvons un ensemble potence / guidon évoquant le monde du BMX qui en impose avec sa couleur bleu turquoise qui tranche franchement. L’angle de la potence n’est pas réglable. Contrairement aux photos sur le site du constructeur, le vélo est bien fourni avec une paire de larges garde-boues en plastique noir. Si un phare est bien présent à l’avant, on note qu’il faut se contenter à l’arrière d’un simple catadioptre rouge. Dommage pour une utilisation urbaine.
Transmission et motorisation
Fiido reste fidèle au moteur moyeu pour son M1 Pro. La roue arrière accueille donc un moteur de 250 W (puissance réglementaire) pouvant délivrer 50 Nm de couple. Du classique, donc. Il est associé à une batterie amovible présentant une capacité de 556,8 Wh : un chiffre plutôt solide a priori donc. Cette batterie peut être rechargée en place ou bien tranquillement à la maison ou au bureau une fois extraite. Un excellent point donc. Le vélo est équipé d’un capteur de couple signé Mivice, un spécialiste, avec toujours à la clé un fonctionnement du moteur plus souple et économe en énergie. La console de commande demeure plutôt compacte malgré la présence d’un écran de 1,47 pouce. Elle accueille aussi les boutons pour allumer le vélo, activer le feu et changer le mode d’assistance.
Du côté de la transmission, c’est également du classique avec une cassette 7 vitesses Shimano dont la plage s’étend de 14 à 28 dents. Un développement plutôt typé urbain. Le dérailleur est également signé Shimano, tout comme les manettes de changement de vitesse.
Le système de freinage s’appuie sur des disques de 180 mm de diamètre pincés par des étriers hydrauliques double piston. Ceux-ci se distinguent par leur anodisation rouge et leur design imposant leur donnant un aspect robuste. On note que les leviers de frein délaissent le plastique au profit de l’aluminium et proposent un réglage de leur garde : il est ainsi possible d’ajuster la distance entre le guidon et le levier pour que toutes les tailles de main puissent freiner confortablement.
Un vélo tout confort
C’est assez facilement que nous trouvons une bonne position de pilotage sur ce vélo pour le moins atypique. Une fois la hauteur de selle réglée, nous ajustons l’angle du guidon et des différentes commandes, et, en quelques coups de clé Allen, le tout est réglé.
La fourche fonctionne très bien sur les petits chocs, tout comme les plus gros. Elle agit de manière fluide et totalement silencieuse. À l’arrière, le réglage d’origine est très dur. En clair, la suspension n’opère pas sur les inégalités de la chaussée, mais agit uniquement lorsque nous descendons un trottoir, par exemple. Il est possible d’améliorer sensiblement les choses en jouant sur le réglage de l’amortisseur arrière. Il y a moyen de le faire avec une clé standard, mais au risque d’abîmer un peu la bague de réglage. Pour notre part, nous avons utilisé un outil spécifique que l’on aurait aimé trouver dans le carton du vélo. Après quelques manipulations, nous sommes parvenus à un bon compromis pour un confort final pleinement satisfaisant. N’hésitez pas non plus à abaisser la pression des pneus pour profiter de la capacité d’absorption de leur gros ballon. La selle tout comme les grips ergonomiques sont également confortables.
Nous avons décidé, après un parcours assez classique d’une dizaine de kilomètres sur un bon goudron, d’affronter un secteur pavé. Les suspensions remplissent parfaitement leur fonction. Outre le confort, elles permettent aussi de conserver les roues au sol malgré les irrégularités pour une meilleure tenue de route et un freinage plus efficace. Ensuite un retour par un chemin de halage en terre nous a permis d’apprécier encore une fois la bonne position de conduite proposée par ce vélo. C’est une excellente surprise, car nous partons avec un petit a priori au regard de l’architecture particulière du vélo.
Une assistance douce
Le moteur produit une assistance douce et contrôlée, mais certains pourraient lui reprocher de manquer d'un petit peu de peps. Cela se ressent face aux pentes les plus marquées ou lorsque l’on veut s’amuser sur des chemins sinueux avec des relances fréquentes. Le poids du vélo entre alors certainement en ligne de compte.
Mais pas de panique, dans le cadre d’une conduite coulée, le moteur du Fiido M1 Pro assure sans problème, y compris avec un cycliste dépassant les 80 kg. Nous avons donc privilégié le mode Sport voire Turbo.
L’écran de la console présente une lisibilité parfaite, même au soleil, mais nous trouvons une nouvelle fois que les boutons de commande sont un peu petits ou en tout cas pas assez proéminents, surtout lorsque l’on porte des gants.
Dernier petit bémol, nous avons croisé des moteurs un peu plus silencieux. Le bourdonnement est ici assez présent. Fiido opte pour la plupart de ses vélos pour une clé unique qui permet notamment d’activer le moteur. En soi, c’est une excellente idée, mais sur le Fiido M1 Pro la serrure est positionnée sous le cadre dans un endroit difficilement accessible. Il nous a fallu souvent nous y reprendre à plusieurs fois pour trouver l’emplacement de la clé. De plus, une fois en place, elle nous semble un peu exposée.
Nous retrouvons l’application habituelle de la marque qui permet très simplement de personnaliser quelques réglages et d’activer le mode marche assistée. À l’aide d’une gâchette, le moteur peut faire avancer le vélo jusqu’à 6 km/h.
En revanche, la transmission est fluide avec des changements de vitesse rapides et précise, y compris lorsque l’on appuie sur les pédales. Pas de saut de chaîne, donc, ni de craquements. Le freinage est tout aussi efficace. Sa puissance est largement suffisante pour stopper le vélo en quelques mètres, mais il demeure plutôt facile à doser pour éviter les dangereux blocages de roue. Il se montre également assez endurant et la sensation est constante, même après une descente de plusieurs kilomètres.
Le Fiido M1 Pro répond à la norme IP54 qui garantit qu’il peut être utilisé sous la pluie et traverser les flaques. Son feu avant manque un peu de puissance et, évidemment, l’absence de feu arrière LED est pénalisante. Il existe de nombreux accessoires faciles à installer, notamment sur la tige de selle, et pas chers, mais cela demeure dommage.
Une bonne autonomie : le compte est bon
La batterie présente, comme évoqué plus haut, une sérieuse capacité qui permet à la marque d’annoncer une autonomie confortable : de 60 km en mode Sport à plus de 88 km en mode Eco. Nous avons, une fois n’est pas coutume, beaucoup utilisé le mode Sport. Dans ces conditions, et sur des parcours au profil plutôt varié, nous avons pu rouler entre 40 et 50 km sans recharger. Ce n’est certes pas exceptionnel, mais en pratique c’est largement suffisant au regard de la philosophie du vélo. Pour la recharge, il faut environ 6 heures.





















