Si vous avez franchi le cap du solaire en équipant votre domicile de panneaux ou si vous envisagez de prochainement le faire, la nouvelle batterie Balco 260 de Bluetti va vous permettre d’aller encore plus loin pour optimiser votre consommation et votre production électrique avec à la clé des économies supplémentaires.

Test réalisé par Emmanuel Armanet
Plus connue pour ses produits nomades dont nous nous sommes largement fait écho dans ces colonnes, Bluetti donne un sérieux coup de boost à sa gamme domestique avec l’arrivée de sa série Balco qui joue la carte du plug’n’play à l’instar de ses concurrents Zendure ou encore EcoFlow.
L’idée demeure la même : limiter au maximum le renvoi vers le réseau Enedis de votre surproduction solaire. En effet, l’opération est de moins en moins rentable ou tout du moins intéressante en raison d’un prix de rachat en incessante baisse : en effet, en 5 ans, il est passé de 10 c€ à 1,1 c€ le kWh soit quasiment une division par dix. Autant dire que les calculs de rentabilité ont été totalement bouleversés. Même en optimisant au mieux sa consommation, il est impossible ou presque de faire systématiquement correspondre ses pics de production solaire (généralement entre 12 h et 16 h) et de consommation, surtout si vous n’êtes pas chez vous la journée. L’idée est donc de stocker sur batterie la différence pour l’utiliser lorsque vous en avez besoin, le soir notamment.

Ces solutions existent depuis plusieurs années maintenant, mais elles étaient très coûteuses et nécessitaient l’intervention d’un professionnel pour leur installation. Mais depuis quelques années, des systèmes plug’n’play ont fait leur apparition : une simple prise électrique peut suffire. En parallèle, le prix du kW des batteries n’a cessé de baisser. Voilà qui vient de nouveau chambouler le fameux retour sur investissement. Spécialiste des batteries nomades, Bluetti se lance donc dans l’aventure avec son Balco 260.
Prix et disponibilité
La solution Balco est évolutive. Elle s’appuie sur une brique de base, Balco 260, d’une capacité de 2560 Wh qui intègre l’intelligence du système, les composants de communication, les prises de courant et les entrées solaires. Il est possible de rajouter des blocs-batteries répondant à la référence BC260 également d’une capacité de 2560 Wh. Le Balco 260 peut prendre en charge au total cinq modules batterie pour une capacité maximale de 15 360 Wh !
Le tarif de lancement de la brique de base Balco 260 est de 889 € contre 1399 € pour son prix normal. Un kit composé du Balco 260 et d’une batterie d’extension BC 260, soit une capacité de 5120 Wh, est proposé au prix de 1689 €, soit 510 € d’économie par rapport au tarif habituel. Les batteries d’extension BC 260 sont quant à elles affichées au prix de 849 € actuellement pour un tarif officiel de 1049 €.
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Bluetti889€
Bluetti a concocté trois kits incluant des panneaux solaires, toujours à des prix de lancement très intéressants. Le premier se compose d’un Balco 260 et de deux panneaux de 450 W pour 1059 € au lieu de 1569 €. Le second apporte deux panneaux supplémentaires pour 1289 € au lieu de 1799 €. Enfin, le kit ultime qui prend le nom de SavingMax Kit comprend un Balco 260, une extension BC 260 et quatre panneaux de 450 W. Un ensemble facturé pour le lancement de cette nouvelle famille de produits 1989 € au lieu de 2499 €.

Une solution évolutive
L’idée de stocker son surplus solaire dans des batteries n’est pas nouvelle, Huawei, par exemple, propose de tels systèmes depuis des années maintenant. Mais sous l’impulsion de marques, chinoises pour la plupart, sont apparues des solutions beaucoup plus simples à mettre en œuvre et à utiliser. Le Bluetti Balco 260 reprend le même principe que le Zendure Zenflow 2400+ avec un dispositif qu’il suffit de brancher sur une prise de courant. Évidemment, les principes de sécurité prévalent toujours : il vaut mieux utiliser une prise dédiée, c’est-à-dire seule sur son circuit et qui bénéficie d’une protection avec l’utilisation de câbles de forte section (2,5 mm2 par exemple). Notre solution du jour peut renvoyer sur le secteur 800 W, mais si tous les éléments évoqués précédemment sont regroupés, l’utilisateur peut opter pour une puissance de réinjection de 1000 ou 1200 W. C’est donc un peu moins ambitieux que le produit de Zendure et ses 2400 W potentiels. Pour la recharge, le Balco 260 accepte 1200 W via le secteur au maximum avec la possibilité de définir manuellement ce chiffre entre 0 et 1200 W. Mais à cela, s’ajoutent des entrées solaires, puisque le Bluetti Balco 260 intègre un MPPT capable de gérer 4 panneaux solaires pour une puissance maximale en entrée de 2400 W. C’est cumulable avec les 1200 W de l’entrée AC (prise de courant) pour une recharge potentiellement ultra rapide.

Évidemment, si votre maison est déjà équipée de panneaux solaires sur le toit avec un onduleur central, le Bluetti Balco 260 prendra naturellement sa place, surtout si vous l’utilisez conjointement avec un compteur connecté. Il est possible d’utiliser soit le compteur Bluetti récemment apparu au catalogue de la marque, soit l’incontournable Shelly Pro 3em. En effet, ces compteurs à installer dans votre tableau électrique mesurent en temps réel la consommation électrique de votre maison et peuvent donc afficher une éventuelle surproduction solaire. En l’indiquant à la batterie, celle-ci se placera automatiquement en mode charge pour éviter de « donner » votre surproduction à Enedis. Le Bluetti Balco 260 est donc un système intelligent, capable de s’adapter à votre équipement présent et futur, mais aussi une solution évolutive. En effet, le constructeur chinois a opté pour une architecture modulaire avec des modules batterie qui peuvent être mis en place en quelques secondes. Il est ainsi possible de faire évoluer son installation en cas d’installation de nouveaux panneaux solaires, pour répartir l’effort financier ou tout simplement pour tenir compte de votre retour d’expérience.

Présentation
Le cœur de cette solution est l’unité principale qui a opté pour un design rectangulaire avec une façade blanche texturée qui accueille le bouton de mise sous tension et une fine barre LED matérialisant le niveau de charge de la batterie. À gauche prennent place les 4 paires de connecteurs MC4 pour le branchement éventuel de panneaux solaires. À l’opposé, nous retrouvons la prise AC qui peut accueillir un appareil comme un congélateur qui pourra ainsi être alimenté en cas de coupure de courant. Cette prise peut délivrer 1200 W si le Balco 260 n’est pas alimenté par la maison ou 2300 W dans le cas contraire. Dans les deux cas, pas de souci donc pour un congélateur. Toujours à droite, un connecteur spécifique vient se brancher sur une prise de la maison en utilisant le câble fourni offrant la confortable longueur de 3 mètres. Ce premier élément est assez imposant et lourd : 476 x 260 x 336 mm pour 28,5 kg. Il faut dire qu’il renferme une batterie de 2560 Wh en plus d’une électronique avancée. Il répond à la norme IP65 : il peut donc théoriquement être placé en extérieur, la pluie ne lui faisant pas peur, mais, dans ces conditions, sa sortie AC n’est pas utilisable. Bluetti annonce une plage de fonctionnement allant de -20 à +50° C. Sachez en prime que les cellules bénéficient d’un chauffage capable de s’activer automatiquement pour garantir un fonctionnement optimal du dispositif qui bénéficie, notons-le au passage, d’une garantie de 10 ans.

Pour notre test, Bluetti nous a fourni une extension BC260. Elle prend place sous le Balco 260 en toute simplicité, sans branchement de câble ou d’un passage par l’application. La batterie supplémentaire est immédiatement reconnue et, en quelques secondes, voilà notre capacité doublée. Ce module présente logiquement la même largeur et la même profondeur que l’élément de base. Il est simplement un peu moins haut et un peu moins lourd, 25 kg tout de même. Pensez donc à bien positionner votre Balco 260, car il n’y a pas de roulettes pour le déplacer ensuite.
Le refroidissement est assuré par un système passif avec au dos des deux modules un radiateur doté d’ailettes.

Ce qui ne se voit pas
Le Balco 260 dispose d’un module de communication Bluetooth et Wi-Fi, mais, attention, il ne prend en charge que les réseaux en 2,4 GHz. On remarque qu’il n’y a pas d’antenne externe pour éventuellement améliorer la connexion radio.
Bluetti a opté pour une électronique portée sur la technologie SiC (Carbure de silicium) assurant une meilleure efficacité et une production de chaleur réduite. Mais la marque a particulièrement travaillé sur un paramètre souvent négligé, la consommation électrique de son appareil. Ainsi, lorsque le Balco 260 est branché sur le secteur, il ne consomme que 14,5 W et s’il ne l’est pas, la consommation tombe à 4,5 W seulement. Autre paramètre important, l’efficacité de la conversion énergétique, c’est-à-dire la différence entre l’énergie qui arrive par le secteur et par le secteur, et celle qui pourrait être stockée et réinjectée. Ici, la marque annonce une efficacité de plus de 96 % contre 93 % pour le Zendure SolarFlow 2400 AC+. La sécurité et la fiabilité ont été au cœur des préoccupations des ingénieurs de la marque. Cela commence avec la protection thermique qui s’appuie sur un boîtier ignifuge certifié 5VA. Les cellules LiFePO4 48V sont isolées et disposent d’une soupape de décompression. Elles sont évidemment placées sous haute surveillance avec de nombreux capteurs dont l’objectif est de couper le système le plus en amont possible.

Installation
Notre test va se dérouler dans une maison équipée d’une installation solaire sur le toit d’une puissance crête de 5 kWc passant par un onduleur Huawei et d’un système plug’n play Beem de 1kWc posé au sol. Nous ajoutons à cela trois panneaux de 455 Wc chacun installés verticalement sur un mur en prévision de l’hiver qui vont être reliés indépendamment les uns des autres sur les entrées solaires du Balco 260. Nous sommes ainsi encore dans les clous, car le MPPT du Balco 260 n’accepte pas plus de 550 W par prise MC4.
La maison est déjà équipée d’un compteur Shelly Pro 3em.

Une fois l’emplacement des deux unités choisi, nous branchons le tout sur une prise secteur dédiée avant de connecter les 6 câbles de nos trois panneaux. Petit point sécurité au passage, il est fortement conseillé d’effectuer cette dernière manipulation lorsque lesdits panneaux ne produisent pas. Le matin très tôt, par exemple. La suite est plutôt classique, puisque tout se passe dans l’application Bluetti, qui a reçu une sérieuse mise à jour pour l’occasion. En quelques minutes le Balco 260 est détecté par l’application et il ne reste qu’à le connecter au Wi-Fi de la maison. Sans surprise une mise à jour s’applique alors. Bluetti opte pour des mises à jour séparées pour chacun des sous-systèmes de ses batteries. Un choix qui complexifie un peu les choses à notre sens par rapport à une mise à jour unifiée. Il faut ensuite relier l’application au compteur intelligent Shelly. Rien de très compliqué à condition, bien entendu, que les deux appareils soient sur le même réseau Wi-Fi. En quelques secondes, le compteur Shelly est trouvé et la solution de Bluetti accède aux données de consommation de la maison.

Plusieurs modes de fonctionnement
L’application réclame peut-être un peu plus de patience pour être pleinement comprise, il faut dire aussi qu’elle prend en charge tous les produits de la marque. Certains réglages et actions sont, par exemple, accessibles depuis différents endroits. Première chose à prendre en compte, la différence qui est désormais faite entre les appareils et les espaces. Plusieurs appareils peuvent être associés dans l’espace Maison, par exemple dans notre cas, le Balco 260 et le compteur Shelly. Ensuite, vous pouvez définir le mode de fonctionnement du Balco 260. Si vous n’avez pas de compteur intelligent, il est tout d’abord possible d’opter pour un mode manuel. Vous allez définir des plages horaires de charge et de décharge ainsi que la puissance électrique associée. Dans tous les cas, l’entrée solaire demeure active. Vous pourrez par exemple, charger de 12 h à 14 h votre Balco 260 si cela correspond à vos heures creuses en plus du solaire bien entendu, puis décharger 600 W de 19 h à 23 h. Second mode de fonctionnement, le mode Backup. Il s’agit ici tout simplement de laisser la batterie à 100 % en permanence, elle viendra donc se recharger automatiquement pour compenser sa consommation en veille, pour avoir une solution pleinement opérationnelle en cas de coupure. Troisième mode de fonctionnement, le premier qui nécessite l’utilisation de notre compteur Shelly, le mode autoconsommation. Le Balco 260 tient compte des informations de consommation et éventuellement de surproduction solaire pour venir se charger ou se décharger le cas échéant. Enfin, Bluetti cède aux sirènes de l’IA avec le AI Mode : le comportement de la batterie s’appuie alors toujours sur les informations du compteur intelligent, mais aussi sur les prévisions météorologiques et celles de la production solaire ainsi que sur les tarifs dynamiques d’électricité si vous êtes concernés.

Un fonctionnement parfait
Nos tests ont commencé par l’utilisation du mode manuel, car nous connaissons maintenant plutôt bien les courbes de consommation d’électricité de notre domicile. Tout cela fonctionne parfaitement, les cycles de charge et de décharge se lancent automatiquement aux heures définies par nos soins. Nos réglages correspondent au soleil estival avec donc une production solaire optimale, y compris par les panneaux directement reliés au Bluetti Balco 260. Mais ce mode avoue ses limites lors d’une journée nuageuse. Le mode autoconsommation est lui plus dynamique et s’adapte aux conditions réelles. Là aussi le système réagit parfaitement : la batterie prend ainsi la décision de réinjecter pour faire face au lancement du four lorsque l’énergie solaire ne peut faire face à la demande en électricité. Évidemment, il ne réinjecte pas toute sa puissance, mais celle qui est nécessaire pour se rapprocher d’une consommation proche de zéro. Cela n’est jamais totalement le cas, puisqu’un appareil électrique n’affiche jamais une consommation électrique constante. Le temps que l’information remonte au Balco 260 et que celui-ci en tienne compte pour ajuster sa réinjection, on peut voir des micro-oscillations positives comme négatives. Mais c’est le cas avec toutes les batteries domestiques. L’efficacité du mode intelligence artificielle est plus difficile à appréhender, ne serait-ce que pour son temps d’apprentissage qui lui permet d’optimiser au mieux son fonctionnement. Le comportement de la batterie est logiquement très proche du mode autoconsommation, l’information la plus importante étant celle provenant du compteur Shelly.

Un retour sur investissement à calculer
Évidemment, même si le tarif du Balco 260 est particulièrement attractif, il s’agit toujours d’un investissement dont la rentabilité se calcule. Une opération complexe, puisqu’elle conjugue énormément de facteurs dont certains sont très variables, comme le prix de l’électricité, la météo… Nous ne pourrons donc vous donner le chiffre qui vous correspond. Surtout que tout est évolutif : vous pouvez, par exemple, ajouter des panneaux solaires ou des modules batteries, entreprendre des travaux d’isolation, installer une pompe à chaleur… Dans notre cas, une maison dans le sud de la France, notre consommation en journée est quasiment à zéro d’avril à octobre. Le système Balco 260 compense les pics de consommation et alimente la maison en soirée pour des usages classiques (TV, éclairage…). Le ROI sera positif dans tous les cas, entre 6 et 8 ans à notre sens, et ce, sans tenir compte de la hausse du tarif réglementé de l’énergie.

Nous avons apprécié son silence de fonctionnement : il est donc possible de l’installer dans une pièce de vie. Le silence sera simplement perturbé par le clac du relais lorsque la batterie passe du mode charge au mode décharge. De plus, malgré la chaleur caniculaire, le garage où le système est installé a dépassé les 30° quasiment durant deux mois, nous n’avons eu aucune alerte de température. Les ailettes tiédissent à peine, surtout lorsque le Balco 260 se charge à 1200 W sur le secteur. L’application évolue très régulièrement avec en prime des mises à jour du logiciel interne de la batterie. Pour aller encore plus loin, sachez que la solution de Bluetti est compatible Google Home et Alexa, mais, pour aller encore plus loin, les geeks apprécieront la possibilité de l’intégrer à la plateforme Home Assistant. Il sera alors possible de créer des automatismes complexes ou de créer un panneau regroupant tous vos produits connectés !
