Linky : polémiques, études, réglementation

Les compteurs Linky sont les nouveaux compteurs électriques intelligents installés par Enedis en France (anciennement ERDF pour « Électricité Réseau Distribution France ») en application de directives européennes préconisant la généralisation de ce type de compteurs. Ce nouveau compteur doit en effet permettre dans son ensemble de mieux gérer le réseau électrique hexagonal. Pour le particulier ce nouveau compteur doit permettre de suivre précisément la consommation électrique, et pour les distributeurs de proposer des tarifs mieux segmentés.

Il est prévu qu’il soit installé dans trente-cinq millions de foyers français à l’horizon 2021. Cependant ce déploiement fait l’objet d’une vive polémique – plus de 300 communes refusent purement et simplement son installation. On lui reproche de ne pas respecter suffisamment la confidentialité des données des clients. En outre les ondes électromagnétiques qu’ils émettent sont pointées du doigt par plusieurs associations comme les Robins des Toits – des ondes qui seraient dangereuses pour la santé sur le long terme. Mais les études et mesures menées jusqu’ici n’ont pas permis de le démontrer.

Retrouvez ici toutes les dernières informations autour du compteur Linky, les débats qu’il génèrent et les informations pratiques si vous souhaitez refuser son installation et/ou limiter la transmission de données personnelles.

Linky : pourquoi change-t-on de compteur ?

A la base de Linky, on trouve deux directives européennes de 2006 et 2009. L’idée à la base est à la fois de mettre fin aux coûts générés par les anciens compteurs – déplacement physique d’un technicien, facturation estimée avec le risque de trop perçus – mais aussi de mieux intégrer les énergies renouvelables produites par les particuliers. Il trouve d’autres avantages, puisqu’il permettra par exemple de gérer les appareils de la maison en fonction des tarifs de l’électricité par exemple pour mieux gérer son budget. Les compteurs Linky transmettent régulièrement des données via CPL à Enedis. Ce qui permet également de consulter en temps réel sa consommation électrique sur internet.

Une expérimentation a été lancée en mars 2009 – concluante. Il était prévu dès le départ que dans ce cas de figure le compteur soit installé dans 80% des foyers. Son installation est virtuellement obligatoire. Directives européennes oblige, le déploiement de Linky a ses équivalents au-delà de nos frontières selon des modalités similaires. Il y a néanmoins 5 pays récalcitrants qui n’installeront pas ce type de compteur ou seulement chez certains clients en faisant la demande : l’Allemagne, la Belgique, la Lituanie, la Lettonie, le Portugal, la République tchèque et la Slovaquie.

La validation du projet dans sa forme actuelle est le fait de la présidence de François Hollande. L’annonce a été faite en décembre 2012 par la ministre de l’Ecologie d’alors Delphine Batho. L’objectif est désormais de remplacer 90% des compteurs d’ici fin 2021. Voici les intérêts et finalités du compteur selon le ministère de l’Environnement, la Commission de régulation de l’énergie, et diverses sources :

  • Il relève automatiquement les consommations et ne nécessite quasiment plus l’intervention physique d’un technicien
  • Les relevés, étant effectués à distance, ne nécessitent plus la présence de l’usager et peuvent être plus fréquents, permettant des facturations sur la base de données réelles et non plus estimées, ce qui devrait éviter les rattrapages de facture ou les trop payés
  • Il permet de simplifier certaines opérations sans dérangement ni rendez-vous et dans des délais réduits (changements de puissance, de fournisseur) et d’améliorer et d’accélérer les diagnostics en cas de dysfonctionnement d’une installation électrique
  • Grâce à une meilleure connaissance de sa consommation, le consommateur pourra bénéficier d’une offre tarifaire mieux adaptée
  • Il facilitera l’émergence de services de pilotage de la consommation (équipements électroménagers, ballon d’eau chaude, borne de recharge de véhicule électrique, etc.) en fonction d’options tarifaires ou d’ordres d’effacement
  • Il mesure les volumes d’électricité consommés, mais également les volumes produits par les installations de production d’électricité des particuliers (panneaux solaires par exemple)
  • Il apporte également des améliorations importantes pour l’optimisation de la gestion, de l’entretien et du développement des réseaux électriques
  • Il améliorera la connaissance des flux d’électricité sur les réseaux de distribution, ce qui permettra d’en adapter le fonctionnement
  • Il devrait permettre également d’accélérer les diagnostics en cas de dysfonctionnement d’une installation électrique et de fournir des informations relatives à la qualité d’alimentation
  • Selon la CRE, sa généralisation « serait globalement neutre du point de vue financier grâce aux futures économies de coûts d’exploitation associées à l’installation du compteur »
  • Il contribuera à la modernisation du réseau d’électricité en permettant par exemple la détection à distance des pannes sur le réseau basse tension (BT) et donc une réalimentation en électricité plus rapide, ce qui diminue significativement les temps de coupure
  • Il permettra de faciliter l’intégration des énergies renouvelables dans le réseau électrique, en contribuant à gérer l’intermittence de la production d’électricité de ces sources d’énergie. En ce sens il est un élément essentiel pour pouvoir continuer à assurer la stabilité des réseaux électriques)
  • Il permet de comptabiliser en temps réel les kilowattheures injectés dans le réseau et ceux qui y sont prélevés, ce qui selon le syndicat des énergies renouvelables (SER) va « lever un frein économique majeur au développement de l’autoconsommation solaire photovoltaïque dans les secteurs résidentiel et petit professionnel » avec « une économie de 600 euros en moyenne pour les Français qui s’équiperont »

Linky s’empêtre dans des polémiques et controverses

Les polémiques et controverses n’ont pas attendu l’installation du compteur : il serait dangereux pour la santé, serait trop bavard et menacerait donc la vie privée. Enfin, certains insistent sur le fait que se débarrasser de millions de compteurs actuels en parfait état de marche pour la plupart est une « faute environnementale ». Certaines inquiétudes sont reprises par des institutions de premier plan tandis que d’autres sont contestées par des études.

La confidentialité des données inquiète en effet jusqu’à la CNIL qui a émis dès 2013 des recommandations précises sur la manière dont les données des clients sont transmises. Elle recommande que conservation de la courbe de charge dans la mémoire du compteur soit limitée à un an, et seulement avec l’accord de l’usager, et que la remontée de ces données à Enedis ou à des tiers se fasse seulement avec le consentement de l’abonné.

En outre toutes ces données doivent être chiffrées à la source. Or le problème c’est que toutes ces recommandations ne sont pas forcément respectées. Enedis a collecté des données en faisant fi du consentement des utilisateurs. Il est également accusé d’être dangereux pour la santé, notamment à cause de la méthode de mesure, mais aussi à cause de leur utilisation du Courant Porteur de Ligne (CPL).

Néanmoins, si ces compteurs émettent bien des rayonnements électromagnétiques lorsque l’on se trouve très près, ces derniers restent a priori 150 à 350 fois inférieurs aux limites fixées par la règlementation en vigueur.

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