On se trompe peut-être sur Uranus et Neptune depuis des décennies, voici pourquoi
Uranus et Neptune sont depuis toujours classées comme géantes de glace. Une nouvelle étude vient contredire des décennies de certitudes. Leur composition interne serait bien différente de ce que les scientifiques croyaient savoir.

La classification des planètes du système solaire repose sur des décennies de modèles théoriques. Pour les géantes les plus lointaines, les données directes restent rares. La sonde Voyager 2 n'a survolé Uranus qu'une seule fois, en 1986, puis Neptune en 1989. Depuis, les chercheurs s'appuient sur les télescopes. Les anneaux de la première avaient récemment livré des indices inattendus sur la présence de lunes encore inconnues. Chaque nouvelle observation rappelle que ces planètes n'ont pas fini de surprendre.
Ces dernières années, des études sur les objets de la région trans-neptunienne ont bousculé les représentations des chercheurs. Des corps comme Pluton, les comètes ou les objets de la ceinture de Kuiper se révèlent plus rocheux que glacés. Cette observation a poussé certains scientifiques à reconsidérer la nature d'Uranus et de Neptune. Les mystères d'une lune de Saturne avaient déjà montré que des mondes lointains pouvaient déjouer les convictions des spécialistes. La même interrogation s'applique désormais aux deux planètes.
Les enveloppes d'Uranus et Neptune seraient composées de roches, et non de glace
Uranus et Neptune sont au cœur d'une étude publiée le 5 mai 2026 dans la revue Astronomy & Astrophysics. Yamila Miguel, chercheuse au Netherlands Institute for Space Research, y présente des modélisations inédites. Son équipe a simulé les enveloppes, manteaux et noyaux des deux planètes. Les conditions de température et de pression ont guidé les calculs. Les résultats sont nets. Des nuages de silicates se condensent en matière rocheuse dans certaines zones atmosphériques. La partie externe d'Uranus et de Neptune serait donc composée principalement de roches, d'hydrogène et d'hélium, et non de glace.
Ces résultats remettent en cause une classification établie depuis les années 1980. Yamila Miguel suggère de rebaptiser ces deux planètes « géantes mineures » plutôt que « géantes de glace ». La chercheuse précise que la glace n'est pas absente. Mais cette dernière ne domine plus la structure interne comme les anciens modèles le supposaient. L'étude ne constitue pas une reclassification officielle. De nombreux aspects de la composition d'Uranus et de Neptune pourraient encore être revus dans les années à venir.