Nordpresse.be bloqué sur Facebook : le site parodique crie à la censure

Maj. le 23 octobre 2018 à 20 h 53 min

Nordpresse.be accuse Facebook de censure. En l’espace de quelques jours, les liens renvoyant vers le site parodique étaient impossibles à partager sur le réseau social à deux reprises. Les politiques et les médias s’en mêlent, et cette affaire est devenue un sacré bazar. Nous vous en proposons une chronologie pour mieux la comprendre. 

nordpresse facebook

Dimanche 22 juillet 2018, le site parodique Nordpresse.be accusait publiquement Facebook de censure par l’intermédiaire des ses comptes sur les réseaux sociaux. Le début d’une longue série avec ses épisodes quotidiens, et dont on ne connaît pas encore tous les aboutissants. Nous vous proposons un retour sur cette affaire qui divise la toile.

Nordpresse.be bloqué sur Facebook, censure ou bug ?

L’élément déclencheur est donc la publication d’un message de Nordpresse sur Twitter. « Facebook est en train de censurer tout le contenu humoristique sur l’affaire Benalla », s’insurge-t-il. Il explique alors avoir reçu de très nombreux signalements d’internautes se plaignant de l’impossibilité de partager les liens du site sur le réseau social de Mark Zuckerberg. Sont d’abord évoqués les contenus relatifs à l’affaire Benalla, mais tous les articles seraient en fait concernés.

Facebook a vite réagi en réfutant toute censure. La société parle alors de « problèmes techniques » qui se manifestent lors d’une tentative de partage « empêchant l’affichage d’un aperçu ». Et en profite pour rappeler que les publications de Nordpresse « sont autorisées sur Facebook ». La théorie selon laquelle le site est pénalisé dans le cadre des politiques récentes de lutte contre les fake news ne tient donc pas non plus. Mais le réseau social ne se montre pas plus concret.

Entre tout ça, plusieurs acteurs de la classe politique, dont Raquel Garrido et Aude Lancelin, ont tenté de surfer sur l’affaire. L’objectif étant de s’attaquer à la majorité, qui aurait le pouvoir de contrôler Facebook, déjà accusé d’avoir permis l’élection de Donald Trump pour d’autres raisons et d’avoir influencé des scrutins d’autres pays. Mais cette fois, c’est raté. Aucun autre site ne traitant du scandale Benalla n’est victime des mêmes problèmes que Nordpresse. Il s’agit donc bel et bien d’un cas isolé et Facebook ne cherche a priori pas à protéger le gouvernement.

Nordpresse.be accuse un employé de Facebook et ne croit plus au bug

Mardi 24 juillet 2018, Nordpresse partage avec ses abonnés que le fameux bug mentionné par Facebook est de retour. Il a cette fois opéré entre environ 19h20 et 19h50. Conséquence : d’après Vincent Flibustier, le créateur du site, ce sont « des milliers de publications et des centaines de milliers de liens publiés depuis 4 ans » qui ont été supprimés. La plupart serait cependant revenus automatiquement sans action du site ou des utilisateurs. On commence alors à parler de complot, évoquant « une action humaine chez Facebook ».

« Ceci n’est qu’une rumeur qui nous a été rapportée par un gars qui bosse chez Facebook France (à un poste sans rapport avec la technique)… Mais apparemment au sein de la branche française personne n’est au courant de ce qu’il se passe, mais ils suspectent un « vandale » en interne qui a décidé tout seul de dégager Nordpresse de Facebook. Et ils n’arrivent pas à identifier d’où ça vient. Ça veut dire que Facebook aurait une sécurité totalement bancale en interne avec des employés qui peuvent supprimer n’importe quoi sans qu’on arrive à retrouver une trace dans les logs », publie Nordpresse. A ce jour, impossible de vérifier ces allégations.

Si cette affaire fait tant parler, c’est que Nordpresse ne laisse pas indifférent. Site humoristique pour les uns, véhiculant des idées dangereuses pour les autres, il est loin de faire l’unanimité. Régulièrement comparé au Gorafi, il est différent dans le sens où ses articles peuvent être pris au premier degré et que la frontière est souvent floue entre réalité et fiction. Le député Les Républicains Eric Pauget vient d’ailleurs de se faire avoir en prenant pour authentique un article de Nordpresse intitulé « Le General de Villiers:’Benalla avait les codes nucleaires' ». Comme le rappelle Le Monde, même Sébastien Liebus, l’un des auteurs du Gorafi, ne partage pas le sens de l’humour de son son concurrent. « Très souvent, Nordpresse.be n’est pas dans la satire, mais dans la fake news trash », avait-il déclaré en 2017.

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