D’étranges points rouges apparaissent depuis 3 ans dans l’espace, leur secret vient enfin d’être percé
Depuis trois ans, de minuscules taches rouges captées par le télescope James Webb résistent à toutes les explications. Une équipe d'astronomes vient d'en analyser une avec une précision inédite. Ce qu'elle dissimule pourrait enfin réconcilier les chercheurs.

Le télescope spatial James Webb bouscule sans cesse ce que l'on croit savoir sur le jeune univers. Depuis sa mise en service, il capte des objets lumineux que les astronomes peinent à ranger dans une case. Parmi eux, de minuscules taches rouges nées peu après le Big Bang intriguent depuis 2022. Plusieurs hypothèses ont tenté d'expliquer leur nature, sans jamais convaincre. Récemment, une autre étude affirmait déjà avoir percé la véritable nature de ces objets.
Ces taches rouges se comptent par milliers peu après la naissance de l'univers. Puis elles semblent s'évanouir au bout de quelques centaines de millions d'années. Une explication revient souvent chez les chercheurs. Ces objets cacheraient les tout premiers trous noirs géants, en pleine croissance et noyés dans un épais nuage de gaz. Faute de preuve directe, cette idée restait fragile.
Un trou noir affamé se dissimulerait au cœur de cette tache rouge lointaine
Les fameux points rouges tiennent peut-être leur première preuve solide. Selon une étude publiée dans The Astrophysical Journal, le télescope a observé l'un de ces objets, baptisé GLIMPSE-17775. Les données livrent l'image la plus détaillée jamais obtenue pour une tache de ce type. Vasily Kokorev, de l'université du Texas à Austin, dirige ces travaux. Son équipe y voit une étoile à trou noir, un astre géant et vorace caché dans un cocon de gaz.
Pour décrocher ce cliché, les astronomes ont profité d'un coup de pouce d'Albert Einstein. GLIMPSE-17775 se cache derrière un amas de galaxies qui agit comme une gigantesque loupe naturelle. Ce phénomène, prédit par la relativité générale, courbe la lumière et grossit les objets lointains. Résultat, trente heures d'observation ont rendu autant qu'une centaine d'heures. Les chercheurs ont alors relevé plusieurs indices qui pointent dans la même direction. Tous trahissent un voile de gaz dense autour de la source. Une trace de fer est aussi apparue, signe d'un trou noir qui engloutit la matière à toute vitesse.
Ce scénario expliquerait pourquoi ces objets restent presque invisibles aux rayons X. Le cocon de gaz absorberait ces rayons avant qu'ils ne nous atteignent. Tout ne colle pas encore, car GLIMPSE-17775 paraît niché dans une grande galaxie. Vasily Kokorev se dit confiant et veut percer le moteur de ces sources d'ici un ou deux ans.