Huawei P30 Pro : démontage, seuls 0,9% des composants sont américains

Le démontage du Huawei P30 Pro permet de mieux comprendre la complexité des sanctions américaines à l’encontre du constructeur chinois. Si le smartphone n’est équipé que de 0,9% de composants en provenance directe des Etats-Unis, certaines technologies présentes dans ses entrailles sont basées sur des produits américains. C’est notamment le cas des SoC ARM. On fait le tour des composants dont Huawei risque de devoir se passer à l’avenir. 

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Nos confrères de Nikkei ont procédé au démontage du Huawei P30 Pro afin d’examiner la provenance de tous ses composants. Seuls 15 composants, soit 0,9% du total, sont directement issus d’une firme américaine. En fait, la plupart des produits proviennent essentiellement du Japon (53,2%) et de la Corée du Sud (34,4%). La Chine ne représente par contre que 4,9% des composants du flagship. Enfin, 5% des produits proviennent de Taiwan.

Lire également : Huawei P30 Pro – le démontage vidéo de JerryRigEveryThing nous montre les entrailles du quadruple capteur photo

Démontage du Huawei P30 Pro : le constructeur peut-il se passer de composants américains ?

Dans le détail, l’écran OLED est conçu par BOE Technology, une firme chinoise spécialiste dans les dalles d’affichage. Le capteur d'empreintes digitales sous l’écran est fourni par Goodix, le groupe chinois qui fabrique aussi le lecteur de OnePlus. Evidemment, le SoC Kirin 980 est mis au point par HiSilicon, une filiale du groupe Huawei.

Comme les SoC de Qualcomm et d’Apple, les systèmes sur puce de Huawei sont fabriqués sur base de licences ARM, une holding britannique. L’architecture ARM est indispensable à la conception des SoC Kirin. Or, depuis le décret Trump, Huawei pourrait ne plus être en mesure de s’appuyer sur ces licences. L’architecture ARM est en en effet composée d’au moins 25% de technologies américaines. ARM n’a donc pas d’autre choix que de plier à la décision de la Maison-Blanche et de couper les ponts avec le groupe chinois. Le SoC Kirin reste un produit fabriqué en Chine. Il n’entre donc pas dans les 0,9% de composants américains calculés par Nikkei. C’est là toute la complexité des restrictions qui visent le groupe. Pour le moment, ARM ne s’est pas encore exprimé officiellement, souligne Huawei France.

Parmi les composants en provenance directe des États-Unis, on trouve la mémoire DRAM (mémoire vive dynamique) de Micron, les modules de communication radio sur silicium fournis par Skyworks ou Qorvo, le Gorilla Glass 6 de Corning, une protection de verre utilisée par la plupart des constructeurs de smartphones, un amplificateur audio de Cirrus Logics et un commutateur de Texas Instruments.

Huawei va-t-il devoir trouver une alternative à ces technologies ? En théorie, oui. En pratique, plusieurs fournisseurs, dont Micron, sont parvenus à contourner le décret Trump. Leurs produits fabriqués à l’étranger ne sont en effet pas forcément considérés comme des composants américains sous certaines conditions bien précises. Des firmes ont par exemple dû mettre en pause des services basés aux États-Unis afin de continuer à fournir Huawei.

Démontage du Huawei P30 Pro : plus de 80% des composants viennent du Japon et la Corée du Sud

Dans les entrailles du Huawei P30 Pro, on trouve aussi de nombreux composants en provenance du Japon. Les capteurs photo avant et arrière sont par exemple fournis par Sony. C’est aussi le cas du capteur de profondeur qui compose le quadruple appareil photo. Parmi les autres composants japonais, on trouve aussi un duplexeur d’antenne, un compas électronique etc…Á première vue, les fournisseurs nippons de Huawei ne sont pas concernés par le décret Trump. Néanmoins, la firme japonaise Panasonic a malgré tout été contrainte de lâcher le constructeur. Sans surprise, le smartphone est aussi équipé de la mémoire NAND de stockage de Samsung. Le quatrième composant le plus important du smartphone selon Nikkei provient donc de Corée du Sud. Aux dernières nouvelles, le partenariat entre Huawei et Samsung n’est pas compromis par les sanctions de la Maison-Blanche.

Vous l’aurez compris : les smartphones de Huawei reposent tout de même sur des composants essentiels fabriqués ou dépendants de groupes américains. C’est aussi le cas des PC Matebook de la marque, qui reposent sur les processeurs d’Intel. Malgré son stock de composants, la firme chinoise devra tôt ou tard imaginer des alternatives si Donald Trump ne revient pas sur sa décision. Tous les fournisseurs pourraient  ne pas être en mesure de contourner les restrictions.

Source : Nikkei

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