Google est prêt à se censurer pour revenir en Chine

Google est prêt à renier ses principes pour revenir sur le marché chinois. La firme de Mountain View travaille sur un projet de moteur de recherche censuré qui serait accepté par les autorités du pays. Google y avait pourtant retiré son moteur de recherche en 2010, n’acceptant pas les conditions de censure. Et serait donc désormais prêt à retourner sa veste.

google chine
Crédit : bfishadow / Flickr

D’après des documents qui ont fuité et qui ont été révélés par The Intercept, Google va faire son retour en Chine avec un moteur de recherche sur mesure et filtré qui se plie aux exigences de la censure du gouvernement chinois.  Nom du projet : Dragonfly (libellule), que Google prévoit de lancer d’ici 6 à 9 mois. The Intercept explique que Google a tout fait pour que son projet reste secret. Seulement une centaine d’employés étaient au courant pour Dragonfly, supervisé par les plus hauts cadres de la sociétés afin d’éviter au mieux les fuites. Raté.

Google aurait ainsi crée une application Android, qui a été proposée à soumission aux autorités chinoises. Selon les documents, celle-ci va « blacklister les requêtes sensibles » et filtrer par défaut les sites web désignés par le gouvernement. La censure concernera également les résultats d’images, la correction orthographique et les recherches suggérées. Si le moteur de recherche n’affiche pas un résultat à cause de cette censure, l’internaute sera alors prévenu par un encart de type « Certains résultats peuvent avoir été supprimés pour des raisons légales ».

Google va revenir en Chine avec un moteur de recherche censuré

Si Google tenait tant à ce que le silence soit conservé autour de Dragonfly, c’est parce qu’il apparaît que la firme de Mountain View opère ici un important retournement de veste. Son moteur de recherche n’est plus disponible en Chine depuis 2010. Mais face aux pressions des autorités chinoises, qui imposaient un contrôle beaucoup strict de l’outil, Google avait décidé de se retirer pour défendre ses principes.

« Ce serait un jour noir pour la liberté du web si Google se soumettait aux règles extrêmes de la censure chinoise pour accéder à un marché », a réagi Patrick Poon, chercheur pour l’ONG Amnesty International. Il regrette que le groupe préfère placer « ses profits devant les droits de l’homme ».

Mais il semble donc que l’appel du gain redevienne plus fort et que Google soit prêt à courber l’échine pour accéder à cet immense marché que représente la Chine et ses 1,4 milliard d’habitants. C’est loin d’être le seul, Microsoft y est par exemple présent avec Bing. Mais cela semble tout de même aller à l’encontre de la philosophie et des promesses du géant américain.

Il n’est d’ailleurs pas impossible que les employés de Google eux-mêmes se révoltent. La plupart n’était pas au courant de ce projet, qui pourrait désormais être contesté. On se souvient que Google avait abandonné sa collaboration avec l’armée américaine pour créer des drones de guerre car plus de 3000 salariés du groupe avaient signé une pétition. Si Google a laissé tomber son slogan « Dont’ be evil », celui-ci semble encore être respecté par certains.

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