Google va faire payer les constructeurs Android : tout comprendre en 5 points

Google va faire payer les constructeurs Android qui commercialisent leurs smartphones en Europe à la suite de l’amende infligée par Bruxelles pour abus de position dominante et pratiques anti-concurrentielles. Mais qu’est-ce qui devient concrètement payant, et quelles sont les chances que cela se répercute sur le prix de ventes des smartphones ? Google a annoncé la mise en place d’un nouveau contrat de licence dès le 29 octobre 2018. Voici ce qu’il contient en 5 points. 

Les google apps sur android vont devenir payantes

C’est historique : pour la première fois, Google va être contraint de facturer des licences aux constructeurs Android qui opèrent en Europe pour ne plus s’exposer à des sanctions de la Commission Européenne. Un changement de politique qui s’applique à partir du 29 octobre 2018. Et qui peut potentiellement tirer le prix des smartphones vendus en Europe vers le haut. Voici ce que cela signifie concrètement pour le consommateur.

Android reste gratuit et open source : ce sont les applications de la suite Google qui deviennent payantes

A aucun moment il n’est question de rendre Android, à proprement parler, payant. Dans son post de blog annonçant les changements de politique à venir, Google écrit en effet en toutes lettres « Android restera gratuit et open source ». Une quasi-évidence pour qui suit le développement d’Android dès ses débuts : sa grande force par rapport à son concurrent iOS, c’est son ouverture, son côté open source, et le fait qu’il soit gratuit. Des conditions indispensables pour maintenir sa popularité auprès des développeurs et sans doute aussi des utilisateurs.

Le changement de politique vise en réalité les applications Google que la firme installe par défaut. On parle ici de la « suite » Google, aussi connue sous l’acronyme GMS : Google, Google Maps, Calendar, Google Play Store… des applications souvent essentielles tant elles sont intimement liées à l’expérience utilisateur Android depuis ses débuts. La firme explique que ces licences aideront à poursuivre le financement du développement d’Android et sa mise à disposition gratuite.

Les constructeurs Android pourront désormais vendre des smartphones sans les applications Google

Le plus gros changement est donc là : dès novembre, on va voir apparaître sur le marché des smartphones vendus sans les applications de la suite GMS installées par défaut. Donc sans l’APK de Google Play Store, entre autres applications essentielles. Ce genre de smartphone existe d’ailleurs déjà – ils sont même nombreux à l’import de Chine, où les constructeurs préfèrent remplacer les applications de Google. Ce qui est plus ou moins pratique dans le cadre d’une utilisation quotidienne.

Néanmoins on peut espérer que l’utilisateur pourra installer lui-même la suite Google si il le désire. C’est en l’occurence le cas sur les smartphones chinois sans GMS et jusqu’à présent aucun utilisateur n’a jamais du payer quoi que ce soit pour installer lui-même les APK des applications de la suite. Il semble à ce stade peu probable que Google vous fasse payer quelque chose, à vous, personnellement, si vous décidez d’installer ces applications vous-même. Et c’est sans doute l’occasion d’explorer les alternatives libres aux services Google sur smartphone.

Les constructeurs qui souhaitent inclure les applications Google devront s’acquitter d’une licence

Les constructeurs, eux, devront composer avec un dilemme : profiter de la situation pour pousser ses propres applications, au risque de détourner une partie des clients de ses produits et participer à la fragmentation de l’écosystème Android, ou passer un accord de licence avec Google – et sans doute répercuter cela sur le prix du smartphone. De fait ce changement de politique pourrait renchérir le prix des smartphones, mais la différence de prix sera sans doute moins perceptible sur les smartphones haut de gamme que sur les entrée et milieu de gamme.

De quoi imaginer une rupture entre des smartphones haut de gamme pratiquement tous avec les applications Google comme si rien ne s’était passé. Et les autres… Google explique également dans son post de blog que Google Search et Chrome – eux-aussi dans le radar de la Commission puisque proposés comme solutions par défaut – feront l’objet d’une licence séparée. On ne sait pas encore à 100% si les constructeurs pourront installer gratuitement les applications GMS à côté des leurs lorsqu’ils placent Google et Chrome par défaut – Google évoque de « nouveaux accords commerciaux » sans plus de précision.

Il y aura vraisemblablement trois cas de figure pour ces licences

Du coup, Google dessine dans son post de blog au moins trois cas de figure pour les licences. Tout d’abord, les constructeurs pourront faire le choix de se passer totalement des applications de Google, et proposer des smartphones avec leurs propres applications. Dans ce cas de figure, ces derniers devront sans doute se plier aux mêmes obligations que Google, et laisser un choix aux utilisateurs, mais il ne devront rien débourser à la firme. Le deuxième cas, concerne les constructeurs qui choisiront de payer une licence GMS, tout en refusant de mettre Chrome et Google par défaut – ce sera vraisemblablement le cas de figure le plus cher pour les constructeurs.

Il y aura aussi des constructeurs qui paieront pour les applications GMS et proposeront Google et Chrome par défaut – probablement en échange d’une ristourne. Google explique également un autre cas intéressant qui risque de définir grandement l’ampleur de la portée de cette nouvelle politique : « nous offrirons de nouveaux accords commerciaux aux partenaires pour l’installation et le placement non exclusif de Google Search et Chrome. Comme précédemment, les applications concurrentes peuvent être installées aux côtés des nôtres ». 

Google ne donne pas le coût de ces licences pour les constructeurs

Une question encore sans réponse pourrait tout changer – ou tout du moins avoir un fort impact sur les effets de cette nouvelle politique : quel sera le prix demandé par Google aux constructeurs en fonction des cas ? Une politique de licences trop chères pousserait les constructeurs d’entrée et milieu de gamme à s’en passer pour rester compétitifs, et créerait sans doute une séparation plus nette entre le milieu et le haut de gamme. Une politique de prix trop « généreuse » annulerait sans doute la plupart des effets de ce changement de politique, au risque de maintenir une situation insatisfaisante au regard de la Commission Européenne.

Par ailleurs, bien qu’il soit question de créer un système de licences payantes pour se conformer aux décisions prises en Europe, Google ne s’engage pas pour le moment à ne plus exploiter les données récoltées via ces mêmes applications. Une pratique qui lui permet pourtant à l’heure actuelle de générer des revenus.

Que pensez-vous de ce changement de politique ? Partagez votre avis dans les commentaires.

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