Cette première médicale réalisée dans l’espace pourrait sauver les astronautes en route vers la Lune
Soigner un astronaute blessé à 400 000 kilomètres de la Terre inquiète la NASA depuis longtemps. Trois équipiers d'une mission privée viennent pourtant de tenter une manipulation inédite en orbite, avec un appareil du commerce. Le résultat va bien au-delà de ce que les médecins espéraient.

La médecine spatiale repose sur un seul outil depuis plus de quarante ans. Les astronautes ne disposent que d'un échographe pour repérer une blessure loin de la Terre. Cet appareil exige une longue formation et ne fonctionne pas dans le vide. Des habitats, des rovers et des réacteurs nucléaires attendent pourtant les prochains équipages sur la Lune, selon le calendrier dévoilé au printemps par la NASA. Le risque d'accident grimpe mécaniquement.
La radiographie manquait jusqu'ici à l'appel. Les machines classiques pèsent lourd et brouillent l'image au moindre mouvement. Les modèles portables ont depuis envahi les stades et les zones rurales, sans électricité ni médecin sur place. Une équipe de la Mayo Clinic a donc embarqué l'un de ces appareils du commerce à bord de Fram2, une mission privée de SpaceX. Le traitement des eaux usées de l'équipage occupe aussi les ingénieurs de la NASA, tant chaque détail compte avant un séjour prolongé.
Les astronautes de Fram2 ont radiographié une main en orbite après quatre heures de formation
Les quatre astronautes de Fram2 ont décollé le 31 mars 2025 pour un vol polaire de trois jours. Aucun d'eux n'était médecin. Selon l'étude publiée dans la revue Radiology, trois d'entre eux ont suivi quatre heures de formation avant le départ. Une fois en orbite, ils ont radiographié une montre connectée, une main, un avant-bras, un abdomen, un bassin et un thorax. Les clichés numériques arrivaient directement sur un ordinateur de bord. Le sol ne leur a fourni aucune aide.
Trois radiologues indépendants ont ensuite comparé ces images à celles prises avant le vol. La qualité atteint le niveau nécessaire à un diagnostic sur la totalité des clichés. Le générateur a encaissé le retour sur Terre avec quelques dégâts superficiels, sans perdre ses composants internes. L'exposition aux radiations est restée comparable à celle d'un examen classique. Sheyna Gifford, professeure adjointe de médecine aérospatiale et responsable de l'étude, voit déjà plus loin. Elle imagine des systèmes miniatures fixés sur les rovers lunaires, ou déployés dans les villages les plus isolés de la planète.