Cette planète orbite si près de son étoile qu’elle illumine sa surface à son passage
Les exoplanètes réservent encore bien des surprises aux astronomes. L'une d'elles frôle tellement son étoile que leurs champs magnétiques finissent par se relier. Résultat, l'astre se met à briller à chaque passage de la planète.

Depuis les années 1990, les astronomes découvrent des mondes très différents de ceux du système solaire. Beaucoup de planètes bouclent leur orbite en quelques jours seulement, collées à leur soleil. Cette proximité extrême crée des conditions étonnantes, comme une atmosphère gonflée ou chargée de vapeur métallique. Certaines vont même plus loin dans la bizarrerie. C'est notamment le cas de l'exoplanète en forme de citron sur laquelle il pleut des diamants. Chaque nouvelle observation enrichit notre compréhension de ces astres lointains et fascinants.
Une équipe internationale vient justement d'étudier un duo hors du commun. Les chercheurs ont braqué leurs instruments sur une naine rouge, un petit astre peu chaud à la lumière faible et rougeâtre. Ce type d'objet rassemble la majorité des soleils de notre galaxie. Le système observé rejoint d'autres trouvailles déroutantes, comme cette étoile ratée qui a forcé deux planètes à naître là où c'était impossible. La naine rouge étudiée, baptisée GJ 436, fait deux fois moins de masse que le Soleil et se trouve à environ 30 années-lumière de la Terre. Son seul monde connu pèse quatre fois notre planète et en fait le tour en 2,6 jours seulement.
Le champ magnétique de GJ 436 b se branche sur celui de son étoile et la fait briller
Autour de GJ 436, les chercheurs ont repéré un éclaircissement régulier de la chromosphère, la fine couche située près de la surface de l'astre. Selon la revue Science, ils ont scruté des années de données d'archives en suivant les émissions d'hydrogène et de calcium. Le signal revient à peu près au rythme de l'orbite du monde voisin. Il ne s'aligne toutefois pas parfaitement avec elle. Un décalage de quelques heures s'explique par la rotation de la naine rouge et l'inclinaison de l'axe planétaire.
Le signal disparaît parfois totalement, au gré du cycle de l'étoile, comparable à celui que connaît notre propre Soleil. L'éclat n'apparaît qu'à un niveau d'activité intermédiaire. Pour les chercheurs, un seul modèle tient la route. Des boucles de champ magnétique relient directement les deux astres entre eux. Le champ de la planète atteindrait au moins 6 Gauss, soit plus de dix fois celui de la Terre. Cette mesure reste la plus complète du genre, mais des centaines de systèmes proches attendent encore d'être étudiés. À terme, sonder ces mondes lointains pourrait devenir presque banal.