Un télescope européen vient de repérer les quasars les plus anciens jamais observés dans l’univers
Le télescope spatial Euclid vient de bouleverser notre vision de l'univers primitif. L'observatoire européen a repéré des astres surpuissants parmi les plus lointains jamais détectés. Ces quasars, alimentés par des trous noirs géants, brillent comme mille milliards de soleils.

Les grands télescopes spatiaux transforment peu à peu notre compréhension du cosmos. Chaque mission apporte son lot de découvertes, parfois là où personne ne les attendait. L'observatoire de l'Agence spatiale européenne baptisé Euclid en offre un bel exemple. Conçu pour cartographier la matière noire, il multiplie les trouvailles inattendues. Les astronomes avaient déjà salué le vide stellaire repéré par Euclid dans l'amas NGC 6397, une anomalie détectée par hasard. Cet engin prouve une nouvelle fois sa polyvalence en scrutant les confins de l'univers.
Cette fois, le télescope Euclid s'est intéressé aux tout premiers géants lumineux du cosmos. Ces objets, appelés quasars, sont des trous noirs supermassifs qui dévorent la matière et rayonnent une lumière colossale. Les chercheurs traquent depuis longtemps ces phares lointains pour remonter aux origines de l'univers. La comète 3I/ATLAS, l'objet le plus ancien jamais observé dans notre ciel, avait déjà illustré cette quête des astres primitifs. L'observatoire européen vient d'en repérer toute une série d'un coup.
Les deux quasars repérés par Euclid existaient déjà 670 millions d'années après le Big Bang
Selon un communiqué de l'ESA, l'observatoire Euclid a débusqué 31 quasars dans le cosmos primitif en une seule année d'observation. Les deux plus lointains brillaient déjà 670 millions d'années après le Big Bang, quand l'univers atteignait à peine 5 % de son âge actuel. Notre système solaire, lui, ne s'est formé que bien plus tard, il y a 4,6 milliards d'années. Le plus lumineux de ces quasars rayonne autant que mille milliards de soleils. L'équipe menée par Daming Yang, de l'université de Leyde, a réalisé cette moisson bien plus vite que prévu.
Repérer ces trous noirs géants prenait auparavant près d'une décennie pour une poignée de spécimens. L'observatoire en a livré des dizaines en douze mois, grâce à son immense champ de vision. Ces astres éclairent l'époque de la réionisation, période où les premières lumières ont dissipé les âges sombres de l'univers. Leur étude aidera les astronomes à comprendre comment des trous noirs aussi massifs ont pu grossir aussi tôt. Le télescope Euclid poursuivra son relevé du ciel pendant plusieurs années, promettant d'autres surprises.