Bitcoin : l’ordinateur quantique menace de pirater la cryptomonnaie

 

L'ordinateur quantique représenterait une menace pour le Bitcoin, avance une étude britannique. D'après des chercheurs, un ordinateur assez puissant pourrait briser l'algorithme de chiffrement qui sécurise toutes les transactions en cryptomonnaies. On fait le point. 

bitcoin ordinateur quantique

Le Bitcoin, la première cryptomonnaie de l'histoire, repose sur la technologie blockchain. Cette technologie, par essence open source, permet de stocker et de transmettre des informations en toute sécurité. Réputée inviolable, infalsifiable et résiliante, elle permet de sécuriser toutes les transactions réalisées sur le réseau Bitcoin. Concrètement, cette base de données décentralisée s'assure que des bitcoins ne soient pas échangés à plusieurs reprises ou qu'un individu malveillant ne s'empare de vos avoirs.

Le protocole Bitcoin repose sur un algorithme de chiffrement appelé SHA-256, soit Secure Hash Algorithm (algorithme de hachage sécurisé). Les ordinateurs et algorithmes actuels, dont la puissance de calcul est limitée, sont incapables de contourner cet algorithme de chiffrement par une attaque par force brute. Dans ce type d'attaque, l'attaquant utilise un logiciel pour tester des milliards de combinaisons jusqu'à tomber sur le bon mot de passe, ou la bonne clé privée, permettant d'accéder à un portefeuille numérique. Depuis sa création en 2009 par le mystérieux Satoshi Nakamoto, le Bitcoin s'est donc avéré infaillible.

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Pirater le réseau Bitcoin en 24 heures grâce à l'informatique quantique ?

Une menace se profile cependant au loin pour la doyenne des cryptomonnaies : les ordinateurs quantiques. Toujours au stade expérimental, l'ordinateur quantique est une machine capable d'effectuer des calculs avec une puissance et une vitesse incomparable à celle de nos smartphones, PC ou tablettes actuels. Pour réaliser ces calculs, l'ordinateur quantique s'appuie sur les lois de la physique quantique et des qubits. Il s'agit de bits qui manifestent des propriétés quantiques. Concrètement, le calcul quantique fonctionne d'une façon très différente à celle d'un ordinateur traditionnel.

google atteint suprématie quantique

D'après les chercheurs de l'Université du Sussex au Royaume-Uni, un ordinateur quantique assez puissant pourrait bien, à terme, représenter une menace pour le Bitcoin et toute son infrastructure. L'étude affirme qu'une machine quantique disposant de 13 millions de qubits pourrait pirater la blockchain du Bitcoin en l'espace de seulement 24 heures. Il serait alors possible de détourner des transactions.

“Les scientifiques ont créé un outil qui simule le calcul de la taille d'un ordinateur quantique pour résoudre des problèmes importants en fonction de la durée de l'algorithme, de la durée d'exécution souhaitée et des spécifications matérielles clés”, explique l'étude publiée sur le site de l'université du Sussex. Sur base des résultats de la simulation, les chercheurs craignent que l'informatique quantique représente “une grave menace pour les protocoles de chiffrements”, comme celui du Bitcoin.

Les scientifiques prophétisent que l'évolution de la technologie quantique pourrait parvenir à offrir cette puissance de calcul dans les dizaines d'années à venir. “Les ordinateurs quantiques de pointe n'ont aujourd'hui que 50 à 100 qubits. Notre besoin estimé de 13 à 300 millions de qubits suggère que Bitcoin devrait être considéré à l'abri d'une attaque quantique pour l'instant, mais les technologies d'informatique quantique évoluent rapidement avec des percées régulières”, explique Mark Webber, le scientifique en charge de l'étude.

IBM Eagle
Crédit : IBM

De son côté, la NASA estime d'ailleurs qu'un ordinateur nécessite une puissance supérieure à 2500 qubits pour espérer briser l'algorithme de chiffrement du Bitcoin (sans préciser en combien de temps), ce qui est loin des machines actuelles. Le record est détenu par la dernière création d'IBM, qui grimpe à 127 qubits.

Une menace lointaine, très lointaine

La course aux ordinateurs quantiques reste cependant à ses prémices. De nombreux acteurs, comme Google, la Chine ou IBM, ont déjà mis au point des machines expérimentales permettant d'exploiter les qubits. Cependant, l'exploitation d'une machine quantique réclame des moyens considérables. Par exemple, il est nécessaire plonger les qubits dans des cuves remplies de gaz liquide pour maintenir l'ensemble à des températures proches du 0 absolu. Ces infrastructures sont complexes et coûteuses à mettre en place. Au stade actuel, le piratage du réseau Bitcoin par une machine quantique reste donc de l'ordre de la théorie.

Bitcoin police polonaise

De plus, on notera qu'un attaquant disposant d'un ordinateur quantique suffisamment puissant pour pirater la blockchain et voler les bitcoins des utilisateurs n'aurait aucun intérêt à le faire. Imaginons qu'on se rende compte que la mère des cryptomonnaies puisse se faire pirater, et que le réseau n'est plus sécurisé, le cours du Bitcoin s'effondrerait presque instantanément. In fine, l'attaquant se retrouverait avec un butin sans la moindre valeur et un ordinateur quantique valant des milliards de dollars.

Enfin, on rappellera que le Bitcoin, comme n'importe quel autre programme informatique, se met régulièrement à jour. L'an dernier, les développeurs qui travaillent sur le réseau ont d'ailleurs déployé la mise à jour Taproot. Comme le notent plusieurs experts du secteur, dont Manuel Valente, directeur scientifique chez la plateforme CoinHouse, les experts en cryptographie travaillent déjà sur des solutions pour se protéger des ordinateurs quantiques.



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