Des scientifiques viennent de créer l’un des plus grands univers virtuels jamais simulés
Comprendre l'univers passe désormais par le simuler en entier. Des astronomes viennent de publier un jeu de données colossal de 2,5 pétaoctets. Ces univers virtuels retracent des milliards d'années d'évolution cosmique depuis le Big Bang.

La cosmologie moderne s'appuie de plus en plus sur des simulations informatiques pour analyser les grandes structures de l'univers. Les télescopes captent des quantités colossales de données, et les modèles théoriques sont indispensables pour les interpréter. Ces derniers mois, des études ont remis en question la répartition de la matière à grande échelle. Le modèle cosmologique standard pourrait être moins solide qu'on ne le pensait.
C'est dans ce contexte que le projet FLAMINGO prend tout son sens. Les modèles informatiques ont récemment permis de comprendre pourquoi certaines étoiles géantes imitent leur propre mort. Mais l'ambition du FLAMINGO dépasse largement ce cadre. L'équipe vient de publier l'un des ensembles de données cosmologiques les plus volumineux jamais produits.
Le projet FLAMINGO modélise l'évolution cosmique depuis le Big Bang dans un jeu de données de 2,5 pétaoctets
Le projet FLAMINGO a été mené par la Netherlands Research School for Astronomy. Selon les données soumises à la revue Astronomy & Computing, l'ensemble représente plus de 2,5 pétaoctets. C'est l'équivalent d'environ 500 000 films HD. Les chercheurs ont construit des univers virtuels qui démarrent juste après le Big Bang et évoluent dans le temps. Ils tracent comment des fluctuations minuscules de matière ont formé les galaxies, les amas et la vaste toile cosmique. La plupart des simulations précédentes ne modélisaient qu'une partie de ces composantes. Le projet combine matière noire, matière ordinaire et énergie noire dans un cadre unique.
La taille du jeu de données ouvre aussi de nouvelles possibilités. Les phénomènes rares, comme les quasars, restent difficiles à capturer dans de plus petites simulations. Le FLAMINGO augmente les chances d'en observer et d'en étudier les conditions d'apparition. Une même simulation reproduit la formation des étoiles dans les galaxies et la répartition des amas à grande échelle. Cette cohérence interne permet de mieux reproduire l'univers observable.
Les données ont été rendues publiques. Joop Schaye et Matthieu Schaller ont mené le projet depuis l'Université de Leyde, aux Pays-Bas. À mesure que les observatoires cartographient le ciel avec plus de précision, ces simulations deviendront indispensables pour interpréter les résultats.