36 États américains poursuivent Google en justice pour sa domination du Play Store

 

36 États américains ont décidé de poursuivre Google en justice pour abus de position dominante. Ces trois douzaines de procureurs généraux reprochent au géant américain d'avoir tenté de contrôler illégalement la distribution des applications sur Android. En outre, ils assurent que Google a payé des développeurs pour les dissuader de proposer leurs applis sur d'autres boutiques que le Play Store.

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Alors que Donald Trump a fait savoir qu'il allait poursuivre Facebook, Twitter et Google en justice pour censure, la firme de Mountain View fait face à une énième plainte pour abus de position dominante. Sauf que cette fois-ci, les plaignants sont nombreux ! En effet, il s'agit d'une coalition formée de 36 États fédéraux américains et de Washington DC. Ils accusent Google d'avoir tenté de contrôler illégalement la distribution des applications sur Android.

Ainsi, la justice accuse Google d'avoir fait en sorte d'assurer la domination du Play Store, comme le prouvent des documents internes du géant américain publiés par les plaignants. Grâce à ces données clés, les autorités américaines clament que Google distribue “plus de 90% de toutes les applications Android aux États-Unis. Aucune boutique d'application concurrente ne détient plus de 5% du marché […] Les applications qui ne participent pas au Google Play Store perdent l'accès à quelque 130 millions d'appareils Android aux États-Unis”.

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Le monopole de Google avec Android pointé du doigt

Par ailleurs, les plaignants rappellent la position de quasi-monopole d'Android, qui “est le seul système d'exploitation viable disponible sous licence pour les fabricants d'appareils mobiles qui commercialisent et vendent leurs appareils aux consommateurs américains”. De fait, Google se retrouve dans une situation “de monopole durable sur le marché et profite d'une influence considérable sur les fabricants d'applications Android”. Pour la justice, on est loin de la philosophie “open source” véhiculée par Android et Google, dès lors que ce même OS propulse plus de 99% des smartphones dotés d'un système d'exploitation en 2020.

En outre, ils affirment avoir la preuve que Google a payé des développeurs pour qu'ils ne proposent pas leur application sur d'autres boutiques que le Google Play Store, comme l'App Gallery ou le Samsung Galaxy Store. Selon les procureurs généraux, Google a adopté cette stratégie à la suite de son affrontement avec Epic Games, qui a choisi de distribuer Fortnite en dehors du Play Store. “Pour Google, la concurrence dans la distribution d'applications est un virus à éliminer”, indique la plainte.

Ils précisent également que Google a mis les bouchées doubles pour empêcher d'autres boutiques d'applications de prospérer, notamment en passant des contrats extrêmement stricts avec les constructeurs de smartphones. Google attribuait sa licence Android à condition que les fabricants n'installent pas leur propre store sur leurs appareils. Ainsi, Google “a tenté de payer directement Samsung pour que la firme abandonne ses relations avec les meilleurs développeurs et réduise la concurrence par le biais du Samsung Galaxy Store”.

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Play Protect, l'argument bancal de Google

Bien entendu, ces allégations sont en totale contradiction avec les principaux arguments de défense de Google, qui assure qu'Android autorise à la fois les magasins d'applications concurrents et le téléchargement direct d'applications en parallèle. Pourtant, Google a toujours déconseillé de pratiquer le sideloading, soit le téléchargement d'une appli en dehors du Play Store, notamment pour des raisons de sécurité.

Le Play Protect, le logiciel lancé par Google en 2017 qui scanne automatiquement chaque appli qui souhaite être distribuée sur le Play Store, s'impose comme une raison supplémentaire pour les utilisateurs de rester fidèle à la boutique de Google. En réalité, le sideloading représente moins de risques que ce que Google laisse à penser, comme en témoigne un autre document interne de l'entreprise.

En effet, il est avancé dans ce document que seulement “0,68% des appareils qui ont installé des applications en dehors du Play Store” contiennent des applis potentiellement dangereuses. Pour Google, ce procès s'attaque à un système “qui offre plus d'ouverture et de choix que d'autres”, une référence directe à Apple et iOS évidemment.

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Google défend l'ouverture d'Android

Google a évidemment répondu à ses accusations dans un post sur son blog officiel à travers la voix de Wilson White, directeur principal de la politique publique de l'entreprise. Le responsable a rappelé l'ouverture d'Android, en autorisant le sideloading et proposant un OS open-source. Ensuite, Wilson White a pris soin d'assurer que les constructeurs pouvaient installer les boutiques qu'ils souhaitent. Il s'est toutefois bien gardé de faire une déclaration sur le cas de Samsung.

Par ailleurs, Wilson White a tenu à rappeler que le Play Store profite à la fois aux consommateurs et aux développeurs sur le plan économique, puisque la grande majorité d'entre eux ne paient pas de frais de service (seulement 3% en paient). Il souligne également que l'entreprise a récemment baissé de 15% ses frais de service pour le premier million de dollars réalisé par des développeurs. Reste que Google prélève toujours 30% une fois ce chiffre d'affaires atteint.

Pour la justice, les déclarations de Google ne sont qu'une façade, car si les clients ont techniquement le choix d'aller chercher leurs applications où ils le veulent, les pratiques commerciales de Google ont empêché l'émergence d'une boutique concurrente viable. Pour rappel, ce procès survient après une année particulièrement chargée pour le service juridique et les avocats de Google.

En décembre 2020, 10 États américains ont porté plainte contre le géant pour des pratiques anticoncurrentielles. Et deux mois avant, la justice américaine lançait une action en justice déterminante contre Google pour abus de position dominante ici encore. Pour Google, cette nouvelle bataille juridique ne fera que porter préjudice aux consommateurs et aux développeurs les plus modestes.

Source : Android Authority



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