WhatsApp, iMessage : le FBI dresse la liste des apps de messagerie qui vous espionnent le plus

Toutes les applications de messagerie ne protègent pas vos données personnelles de la même manière, et le FBI a donné la liste des applications qui partagent vos données avec les autorités. Apple et Meta sont clairement dans le viseur.

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Crédit : Unsplash

D’après un document partagé par le FBI et découvert par Rolling Stone, iMessage et WhatsApp permettent aux autorités d'accéder à davantage de catégories de données que les autres plateformes, notamment le contenu et l'historique des messages envoyés et reçus. Le document donne plus de détails concernant la « capacité du FBl à accéder légalement au contenu et aux métadonnées des applications de messagerie sécurisée ».

On apprend notamment que les autorités fédérales américaines peuvent avoir très facilement accès à vos messages WhatsApp de Meta, le nouveau nom du groupe Facebook, et iMessage d'Apple si le FBI peut présenter un mandat de perquisition ou une assignation. Pourtant, Apple et Meta mettent souvent en avant la sécurité de leurs applications de messagerie, notamment grâce au chiffrement de bout en bout. iMessage et WhatsApp ne seraient donc pas si sécurisées qu’ils veulent bien le laisser croire.

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iMessage peut partager vos données chiffrées avec le FBI

D’après Mallory Knodel, directrice technique du Centre pour la démocratie et la technologie, « Apple a chiffré iCloud, mais ils ont toujours les clés, et tant qu'ils ont la clé, le FBI peut la demander ». En d’autres termes, vos données personnelles iMessage pourraient être remises aux autorités avec une ordonnance du tribunal.

Le document du FBI précise qu’Apple doit remettre les informations de base sur ses abonnés ainsi que 25 jours de données sur les requêtes effectuées dans iMessage. Ces données doivent par exemple contenir les recherches d’un utilisateur ciblé dans l’application et aussi quelles autres personnes ont cherché l’utilisateur en question. Cependant, les données n'incluent pas le contenu réel des messages et ne précisent pas si des messages ont été échangés entre différents utilisateurs.

D’autres applications sont également citées dans le document du FBI, dont notamment Line, Viber, Telegram, Signal, Threema, WeChat et Wickr. Certaines d’entre elles seraient particulièrement efficaces lorsqu’il s’agit de protéger vos données. On peut notamment citer Telegram, qui refuse de fournir les adresses IP et les numéros de téléphone en cas de suspicion de terrorisme ou encore Signal qui ne fournit que la date et l'heure d'enregistrement et la dernière date d'utilisation de l'application. Cependant, d’autres applications, comme WhatsApp, n’hésitent pas à partager toutes les données à sa disposition avec les autorités.

WhatsApp est l’application qui partage le plus de données avec les autorités

Selon le document “Lawful Access” du FBI, c’est WhatsApp qui fournirait pratiquement en temps réel le plus d'informations sur un utilisateur et ses activités que presque toutes les autres applications de messagerie sécurisées. En effet, selon le FBI, en présence d'un mandat de perquisition, WhatsApp partagerait avec les autorités le contenu des messages, les contacts du carnet d'adresses de l’utilisateur concerné ainsi que ceux d'autres utilisateurs de WhatsApp qui ont la personne dans leurs contacts.

Pire encore, WhatsApp produirait certaines métadonnées d’un utilisateur que les autorités peuvent récupérer toutes les 15 minutes, ce qui signifie que même sans demander le contenu exact des messages à WhatsApp, les métadonnées capturent qui et quand une personne envoie des messages, ainsi que les autres utilisateurs qu'elle a dans son carnet d'adresses.

Le FBI pouvait jusqu’à présent récupérer assez simplement les messages d’un utilisateur de WhatsApp. En effet, « si la cible utilise un iPhone et que les sauvegardes iCloud sont activées, les informations stockées sur iCloud peuvent contenir des données WhatsApp, dont notamment le contenu des messages ». WhatsApp devrait néanmoins bientôt bloquer cette solution de contournement grâce à une nouvelle mise à jour qui améliore la sécurité de son système de sauvegarde.

Cette découverte n’est pas vraiment étonnante, sachant que nous avions déjà pu voir que WhatsApp avait menti sur le chiffrement de bout en bout des messages. Le célèbre lancer d’alerte Edward Snowden avait également déjà tiré la sonnette d’alarme en 2019 sur l’utilisation de messageries sécurisées comme WhatsApp.

« La facilité avec laquelle le FBI surveille nos données en ligne, fouillant les détails intimes de notre vie quotidienne, nous menace tous et ouvre la voie à un régime autoritaire », prévient Yan Shapiro, directeur exécutif de Property of the People, lors d’une interview accordée à Rolling Stone.

Source : Rolling Stone

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