Le constructeur Fiido ne pouvait passer à côté du segment des longtails, des vélos à assistance électrique pensés pour transporter confortablement et en toute sécurité les enfants. Voici le nouveau Fiido T2 !
Test réalisé par Emmanuel Armanet
Pour transporter plusieurs enfants en toute sécurité, un vélo classique n’est pas franchement la solution idéale. Les citadins peuvent alors se tourner vers des remorques pas vraiment maniables en ville et réclamant un espace de stockage ou bien vers les vélos cargos. Cette catégorie comporte à l’avant une vaste caisse pour transporter des enfants et/ou des marchandises, mais, là encore ces engins sont imposants, notamment en largeur. Certaines pistes cyclables sembleront bien étroites et difficiles pour le cycliste moyen de se faufiler éventuellement entre les voitures. De plus, stationner un vélo cargo est loin d’être toujours facile en ville.
Une troisième voie réside dans les vélos longtails. Ces drôles d’engins tirent leur nom de la partie arrière rallongée qui dégage un espace suffisant pour transporter deux enfants, un derrière l’autre, tout en demeurant suffisamment étroit pour affronter le trafic urbain sereinement. Voici précisément le cap suivi par Fiido pour son T2.
Disponibilité
Le Fiido T2 est un longtail qui se fait d’emblée remarquer par sa couleur vert mat, la seule disponible sur le marché français en tout cas. Une seule taille au programme, mais avec ses petites roues et ses périphériques adaptés, ce VAE peut être piloté par quasiment tous les adultes. La marque indique que le vélo convient aux personnes mesurant entre 1 m 55 et 2 m.
Initialement vendu au prix de 1 799 €, le Fiido T2 est aujourd’hui commercialisé au prix de 1 499 €, un tarif franchement agressif au regard de ce que proposent des marques européennes comme Moustache, dont la version de base de son Lundi 20 Cargo est vendue quasiment 4000 €. Et en entrant le code phonandroid50 sur le site officiel au moment de la finalisation de l'achat, vous bénéficiez d'une réduction de 50 €. Le Fiido T2 passe donc à 1 449 €.
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Fiido1449€
À l’équipement de base plutôt riche, il est possible de trouver sur le site de la marque et chez certains revendeurs de nombreux accessoires : un panier avant (125 €), un kit pour transporter deux enfants (coussin et barrières de sécurité pour 145 €), repose-pieds (59 €), rétroviseurs (28 €)…
Mise en œuvre
Bien protégé par des éléments en mousse dense maintenus par des colliers Rilsan, le vélo est accompagné par tout l’outillage nécessaire pour son montage. En effet, pour réduire l’encombrement de son carton, le Fiido T2 arrive avec la roue avant démontée. Même chose pour la potence et le guidon ou encore le garde-boue avant et le feu avant. Comme toujours les pédales ne sont pas montées.
Comme pour le C11 Pro, nous apprécions l’utilisation de mousse prédécoupée pour transporter sans risque outillage et accessoires à monter. L’opération de montage réclame un peu de minutie, mais tout le monde peut la mener à bien en moins de trente minutes. La seule difficulté est sans doute de sortir le vélo de son carton. Une seconde personne apporte un vrai plus et, si vous ne souhaitez pas conserver le carton, vous pouvez le découper pour atteindre directement le vélo. Celui-ci vous facilite cependant la vie en intégrant une béquille centrale : le T2 tient droit tout seul, ce qui est bien plus pratique qu’avec une béquille latérale.
Présentation
Le Fiido T2 s’appuie sur un robuste cadre en aluminium affichant des cordons de soudure réguliers. Le cadre présente plusieurs renforts et, pour cause, ce genre de vélo est pensé pour transporter du poids. Il tutoie à vide la barre des 40 kg, un élément à prendre en compte avant l’achat.
La marque annonce une charge utile de 200 kg, soit 120 kg sur la selle et 80 kg sur le porte-bagage arrière. Notez que le panier avant optionnel peut lui accueillir 10 kg de marchandises. Un petit mot au passage également sur la couleur verte qui fait tourner bien des têtes sur le passage du vélo.
Autre élément central et original du T2, ses roues. D’un diamètre de 20 pouces, elles garantissent un centre de gravité abaissé et une grande maniabilité. Elles se distinguent par leur architecture s’appuyant sur des bâtons en aluminium au lieu des classiques rayons. C’est sans doute plus solide et surtout, cela donne un look d’enfer. Il faut dire aussi que le Fiido T2 a opté pour des pneus ultra-larges évoquant les fatbikes initialement imaginés pour rouler dans le sable. Nous retrouvons ici des pneus CST de quatre pouces de large, soit plus de 10 cm ! Leur profil est peu cramponné, mais l’imposant ballon qu’ils proposent devrait améliorer le confort général du vélo. Pour les aider, le cycliste pourra aussi compter sur une suspension avant utilisant une fourche de 60 mm de débattement. La fourche est réglable en précontrainte et peut même être bloquée.
Autres éléments de confort, le guidon prend place sur une fourche dont l’angle est ajustable à l’aide d’une simple clé Allen. La selle est très large : ce n’est habituellement pas notre tasse de thé, mais nous verrons à l’usage. La tige de selle n’est pas suspendue, mais elle embarque un petit levier pour faire basculer la selle vers l’avant afin d’accéder à la batterie du vélo. La partie arrière du cadre est longue et propose un plateau de chargement en bois vernis du plus bel effet.
Des flasques en plastique prennent place de chaque côté pour caréner la roue arrière. Une vraie sécurité pour éviter, par exemple, que les lacets d’un enfant viennent se prendre dans ladite roue. L’équipement est complet, puisque le Fiido T2 est fourni avec deux larges garde-boues en plastique et éclairage complet. Le feu arrière fait aussi office de feu-stop. Bravo, une fonction que l’on souhaiterait devenir obligatoire. Le feu avant impressionne par sa taille, mais en sera-t-il de même en pratique ?
Transmission et motorisation
Pour son longtail, Fiido a opté pour un moteur moyeu placé au centre de la roue arrière. Un choix classique et éprouvé. Le moteur de 250 W délivre un couple maximal de 55 Nm. Cela peut sembler un peu juste pour un vélo amené a priori à transporter des charges importantes. Le moteur s’associe à un capteur de couple fourni par Mivice. En analysant en temps réel l’effort fourni par le cycliste, il est capable d’améliorer la réactivité de l’assistance ainsi que le naturel du pédalage. De plus, l’autonomie peut être optimisée, car le moteur délivre précisément la puissance nécessaire.
Du côté batterie, Fiido frappe fort, puisque nous retrouvons, placée verticalement derrière le tube de selle, une énorme batterie. En effet, elle atteint la capacité exceptionnelle de 998,4 Wh ! C’est impressionnant et cette batterie hors norme permet à Fiido d’annoncer une autonomie maximale de 136 km ! Cette batterie peut être rechargée en place ou à la maison, car elle est facilement extractible. Une seule clé permet d’activer le moteur du vélo et d’enlever cette batterie. Pratique.
L’assistance et la partie électronique du vélo se pilotent depuis une console placée à gauche du guidon. Le petit écran couleur affiche toutes les informations nécessaires, comme la vitesse instantanée, le niveau de charge de la batterie ou encore le réglage de l’assistance. Les boutons physiques sont là pour changer le niveau d’assistance, allumer l’éclairage…
À droite, une gâchette permet d’activer la fonction d’assistance à la marche : le moteur vient vous aider à manœuvrer le vélo lorsque vous marchez à côté de lui. Un vrai plus face aux 40 kg à vide de l’engin sans compter d’éventuels enfants placés à l’arrière. Le Fiido T2 est compatible avec l’application de la marque avec des fonctionnalités classiques et un tableau de bord plutôt sympathique.
Pour la transmission, le T2 s’appuie sur une classique chaîne mécanique, avec une petite particularité cependant. Au regard de sa longueur, un tendeur de chaîne a été nécessaire. À l’arrière, le dérailleur Shimano est associé à une cassette 7 vitesses (14-28 dents). Le cycliste change de vitesse par des manettes Shimano qui affichent la vitesse engagée. Pour arrêter un engin dépassant souvent les 150 kg, le freinage ne peut être négligé. Fiido semble l’avoir bien compris avec des disques hydrauliques de plus de 200 mm de diamètre et des étriers quatre pistons.
Une position de conduite spéciale pour un vélo confortable
En quelques minutes nous trouvons la position qui convient à notre mètre soixante-quinze. La potence est ajustée pour offrir un positionnement droit. Comme souvent sur ce genre de vélo, la selle est avancée avec un tube de selle, lui aussi assez droit afin de dégager un maximum d’espace pour la partie arrière. C’est bien le cas ici, mais à vrai dire, rien de dérangeant. Le Fiido T2 ne se destine pas à des sorties de plusieurs dizaines de kilomètres et à un rendement maximal.
Nous apprécions rapidement le confort général. La fourche fonctionne plutôt bien, même si les petits chocs ne sont pas toujours filtrés. En revanche, sur les gros chocs, pas de souci. Le ressort de la fourche est sans doute taré dur, afin de gérer le poids d’un vélo potentiellement bien chargé. Pour en avoir le cœur net, nous rajoutons deux petits humains derrière (pour environ 45 kg), et le vélo gagne en confort. Dénuée de suspension, la partie arrière est suffisamment longue pour absorber ou tout du moins filtrer les vibrations. La selle est plutôt à notre sens pensée pour la gent féminine, mais rien de rédhibitoire pour un parcours de 10 à 15 km.
Une fois avoir pris en main le vélo sur des routes périurbaines, il est temps pour nous d’affronter les rues de la ville. Nous avions un peu d’appréhension au regard du gabarit et du poids du véhicule. Mais dans les faits, tout se passe parfaitement. En y regardant de plus près, la longueur totale du T2 est de 186 cm, soit 4 cm à peine de plus qu’un VAE urbain classique comme le C11 Pro de la marque. Il ne faut donc pas se fier aux apparences et, très rapidement, nous parvenons à nous faufiler parmi les obstacles qui ne manquent pas en milieu urbain, y compris sur les pistes cyclables. Le poids peut se faire sentir au démarrage, lorsqu’il s’agit de s’extraire prestement d’un sas vélo, mais, avec l’habitude, nous avons trouvé un subterfuge : il suffit de passer en mode Turbo à l’arrêt pour les premiers mètres. Le poids se fait évidemment sentir lorsqu’il faut pousser le vélo. Le mode marche est alors d’un grand secours, mais tenez fermement le guidon pour ne pas être déséquilibré, surtout si le vélo est chargé.
Une assistance sous contrôle
Avec l’aide du capteur de couple, l’assistance électrique est douce et agréable. Elle donne l’impression que nous sommes sur un vrai vélo, pas sur une « mobylette ». Le pédalage demeure naturel. À vide, c’est-à-dire juste avec les 85 kg de votre serviteur, le moteur moyeu et ses 55 Nm de couple sont suffisants pour affronter des petites montées. En revanche, il demande un peu plus d’effort face à de fortes pentes, surtout avec les enfants derrière.
Attention, pour atteindre le sommet, le Fiido T2 ne vous demandera pas d’avoir les mollets de Pokadjar : en jouant avec les vitesses et en anticipant, nous avons pu venir à bout de tous les tracés rencontrés. L’écran du moteur est bien lisible. Les différents boutons fonctionnent bien, mais certains les trouveront peut-être un peu petits. À voir aussi si leur manipulation est facile avec d’épais gants d’hiver.
Une transmission et un freinage à la hauteur
La transmission s’est bien comportée après un petit réglage du dérailleur qui avait peut-être un peu souffert lors du transport. Le passage des vitesses se fait ensuite sans problème, même si c’est un peu moins rapide qu’avec des composants plus haut de gamme. Cependant, nous n’avons pas eu de craquements et de saut de vitesse. Les commandes au guidon fournies par Shimano ne sont pas les plus intuitives qu’il soit, mais au bout d’une semaine d’utilisation, leur utilisation devient naturelle.
Le freinage répond à nos attentes, en termes de puissance, mais aussi de progressivité et d’endurance. Attention cependant sur les pavés humides, par exemple. Un dosage fin demeure recommandé, car les pneus s’appuient sur un caoutchouc assez dur. C’est bien pour la résistance à la crevaison et à la charge, mais moins bon pour l’adhérence.
Nous « profitons » d’une belle pluie pour confirmer que le vélo est bien IP54. L’écran du moteur a parfaitement résisté, tout comme l’ensemble de l’équipement électrique du vélo. Les garde-boues nous ont bien protégés. Du côté éclairage, mention spéciale pour le feu avant, tout simplement le plus puissant que nous ayons croisé. Attention cependant à son réglage pour ne pas éblouir les personnes arrivant en face. En revanche, la sonnette électronique manque un peu de peps dans un environnement urbain forcément bruyant.
Une excellente autonomie
La présence d’une grosse batterie se traduit logiquement par un temps de charge assez long. Il faut compter entre six et huit heures. Cela peut sembler long, mais, en réalité, tant qu’une nuit suffit, l’essentiel est préservé. La batterie pèse un peu plus de 6 kg. Elle demeure donc facilement transportable pour une recharge à la maison en toute sécurité. Les 998,4 Wh de la batterie permettent de s’affranchir d’une charge quotidienne. En effet, en fonction de nos parcours et de la charge du vélo, nous avons pu atteindre une autonomie comprise entre 50 et 80 km, et ce, en roulant sans chercher à économiser le moteur. Pour rappel des études récentes indiquent qu’en moyenne, un cycliste parisien fait environ 7 km par jour…

























