Les ventes de voitures électriques battent enfin le thermique en Europe, mais un rival leur résiste encore
Le marché automobile européen vient de changer de visage au troisième trimestre. Les voitures 100 % électriques y ont dépassé pour la première fois l’ensemble des modèles essence ou diesel. Une motorisation reste pourtant devant elles.
L’automobile européenne traverse une recomposition rapide. Carburants plus chers, aides publiques ciblées, arrivée de modèles abordables venus de Chine, chaque facteur pousse les automobilistes vers la prise. Tesla a placé ses Model Y en tête des immatriculations européennes en septembre. En face, les constructeurs historiques revoient leurs gammes dans l’urgence. Renault, Stellantis, Hyundai, Kia ou Volkswagen remettent des citadines à batterie au catalogue, après plusieurs années passées à privilégier les SUV les plus rentables. Désormais, la bascule se joue sur quelques points de part de marché.
Au deuxième trimestre déjà, la motorisation à batterie était passée devant la seule essence en Europe. Le rythme de progression des voitures électriques dépassait celui de la Chine au printemps, porté par une offre chinoise nettement moins chère. Leapmotor, Geely ou BYD ont élargi leur catalogue sous les 25 000 euros. Dans le même temps, les aides nationales et la hausse des carburants ont rendu la facture du plein beaucoup moins supportable pour les automobilistes restés au thermique. Depuis, l’écart avec les blocs thermiques s’est encore resserré. Treize pays de l’Union sur vingt-sept n’avaient jamais autant immatriculé de modèles branchés.
Les ventes de voitures électriques écrasent l’essence et le diesel
Transport & Environment chiffre précisément la bascule dans ses relevés trimestriels. L’Europe a immatriculé 710 580 voitures 100 % électriques au troisième trimestre, contre 655 540 modèles thermiques purs. Côté essence, le total atteint encore 492 930 unités, le diesel seulement 162 610. Sur dix marchés nationaux, la prise devient même la motorisation neuve la plus vendue. Jamais le thermique pur n’avait pesé si peu.
Une motorisation garde toutefois la tête du classement. Les hybrides ont atteint 892 380 immatriculations sur la période, soit près de 180 000 de plus que les voitures à batterie. Géographiquement, les contrastes restent énormes. La Norvège frôle les 98 % de parts de marché, quand la Croatie plafonne à 4,2 %. Côté croate, la progression grimpe pourtant à 244 % sur le segment branché. France, Allemagne, Belgique, Portugal ou Irlande dépassent désormais les 25 %. L’arrivée de citadines électriques à moins de 20 000 euros devrait réduire l’écart restant avec l’hybride.
