Facebook, Twitter : les réseaux sociaux nuisent à la liberté sur le Net, selon Freedom House

Maj. le 6 janvier 2020 à 10 h 12 min

Développés pour donner à chacun un nouveau moyen d’expression, les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou Instagram nuisent désormais à la liberté sur Internet à en croire un nouveau rapport de l’association Freedom House. Campagnes de désinformation, fake news et surveillance de masse s’appuient dessus, même dans les pays les plus emblématiques et les plus libéraux, comme les États-Unis.

freedom house carte liberté internet 2019

Ce n’est pas la première fois qu’une idée brillante est détournée de façon à nuire aux objectifs initiaux de ses inventeurs. Mais les réseaux sociaux sont un symbole. Alors qu’ils ont joué un rôle primordial durant le « Printemps arabe » pour véhiculer les informations en dehors des canaux de communication contrôlés par les gouvernements, ils sont aujourd’hui pervertis pour devenir des instruments visant à réduire les libertés d’expression et d’accès à l’information.

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Il y a quelques jours, nous avons publié dans nos colonnes un article sur l’émergence de faux comptes Facebook dont la photo de profil était fabriquée par intelligence artificielle. Ces faux comptes, qui ont créé des centaines de pages et de groupes, oeuvraient pour véhiculer des messages de propagande visant à influencer l’opinion publique en faveur d’un parti politique. Ces comptes et ces contenus étaient suivis par plus de 55 millions de personnes. Une affaire qui rappelle bien évidemment le scandale Facebook / Cambridge Analytica.

Et ce n’est qu’un exemple parmi bien d’autres. L’association Freedom House, qui lutte partout dans le monde pour la liberté dans toutes ses formes, a publié un rapport à propos de la liberté sur Internet. Et ce rapport affirme que les réseaux sociaux sont devenus un instrument oeuvrant en défaveur des libertés individuelles sur le Web. Les États-Unis sont loin d’être les seuls à être concernés. Sur 65 pays étudiés (représentant 87 % de la population présente sur Internet), 47 d’entre eux ont arrêté au moins une personne ayant exprimé son opinion (politique, social ou religieuse) sur les réseaux sociaux.

Moins de liberté pour 2,5 milliards d’Internautes

Ce rapport, qui évalue chaque nation selon les libertés offertes à ses habitants sur Internet, explique aussi que 33 des 65 pays étudiés ont vu leur note baisser en 2019, comme le Brésil, où les changements politiques sont vus par l’association comme la conséquence d’une vaste campagne de désinformation sur WhatsApp et sur YouTube, ou encore aux États-Unis, où le gouvernement de Donald Trump a renforcé les outils et les moyens de surveillance des Américains. Cette baisse concerne 2,5 milliards de personnes dans le monde.

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Avec 76 points, la France obtient une note suffisante pour rester dans le groupe des pays respectant la liberté sur Internet. Elle se positionne en 8e position (à égalité avec l’Arménie), derrière l’Islande (95 points), en tête, l’Estonie (94), le Canada (87), l’Allemagne (80), les États-Unis (77), le Royaume-Uni (77) et l’Australie (77). Les pays où la liberté sur Internet est respectée, selon Freedom House, obtiennent un score de 70 points ou plus. S’y trouvent l’Argentine, la Hongrie, l’Afrique du Sud, le Japon, la Georgie, l’Italie, ainsi que les pays cités précédemment. Avec 10 petits points, la Chine est pointée du doigt comme le pire pays en termes de liberté sur Internet. Elle est devancée par l’Iran, la Syrie ou encore Cuba. La carte de la liberté sur Internet illustre cet article.

Source : Freedom House



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