Les Etats-Unis contournent la Loi pour espionner des millions de smartphones

Les Etats-Unis ont acheté des données commerciales de localisation de smartphones. Cette base de données permettrait à plusieurs administrations dont la police aux frontières et l’immigration de comprendre les mouvements de migrants latino-américains qui traversent clandestinement la frontière.

Crédits : Pixabay

Le Wall Street Journal révèle que les Etats-Unis ont acheté des bases de données contenant le parcours de localisation de millions de smartphones américains. Le quotidien cite une source anonyme et des documents consultés par ses journalistes. Ces données provenaient d’éditeurs d’applications populaires, dont des jeux, ou applications de shopping ayant accès à la localisation.

A en croire le Wall Street Journal, le département de la sécurité intérieure aurait utilisé ces données pour détecter le passage d’immigrants clandestins. Ces données auraient également été utilisées par la police aux frontières et les douanes pour identifier des migrants qui ont été arrêtés par la suite.

Une autre agence en lien avec la sécurité intérieure croiserait également ces données pour en déduire les activités suspectes dans des lieux reculés du désert, près de la frontière mexicaine. L’utilisation de telles données par des agences fédérales n’avait jusqu’ici jamais été rapportée.

Espionner des millions de smartphones sans avoir besoin de mandat

Il semblait d’ailleurs qu’avec l’expertise de plusieurs agences de renseignement, notamment la NSA, ce type de données serait inutile. Pour autant, en achetant des données commerciales, le gouvernement fédéral fait coup double : d’abord, il en a le droit, puisque c’est une transaction commerciale légale avec une entreprise privée – même si il reste quelques zones d’ombre quant à leur utilisation.

Ensuite, cela permet à diverses agences de surveiller des données issues de smartphones, sans avoir besoin de mandat judiciaire. L’idée serait venue d’une division expérimentale de la sécurité intérieure, qui aurait commencé à acheter ce type de données en 2017. Au départ, les données venaient de Venntel Inc, une petite entreprise qui partage du personnel avec Gravy Analytics, un des leaders sur ce marché.

En 2018, le département de la sécurité intérieure a acheté pour plus de 1,2 millions de dollars de licences pour obtenir ces données.  La sécurité intérieure confirme l’achat de ces données, mais se refuse à donner des détails sur comment celles-ci sont utilisées. Les agences de la sécurité intérieure susmentionnées affirment que ces données sont anonymisées… en général.

Et que tout aussi « généralement », ces données ne sont pas utilisées pour déporter des migrants. Les données auraient par ailleurs, à date, permis de démanteler un tunnel utilisé par des trafiquants de drogue. En outre, le Wall Street Journal montre que les polices locales peuvent sporadiquement bénéficier de ces données, au travers de leur collaboration avec les agences fédérales.

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Enfin, le Wall Street Journal cite des sources selon lesquelles l’achat de bases de données constituent l’une des méthodes pour recueillir des renseignements sur des individus basés à l’étranger. Que pensez-vous de ces pratiques ? Partagez votre avis dans les commentaires.

Source : WSJ



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