iVote : non disponible sur Android, l’application de vote de l’UE provoque un tollé

En marge des mesures de distanciation sociale, le Parlement européen a développé une application de vote électronique. Appelée iVote, celle-ci ne fonctionne que sur les plates-formes iOS et iPasOS. Elle nécessite également de s’inscrire à iCloud, ce que certains parlementaires réfutent, soulevant la question de la confidentialité des informations stockées chez la firme.

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Crédit : Unsplash

Le vote électronique, voulu par Emmanuel Macron en 2017, pourrait bénéficier de la crise sanitaire que nous traversons. D’une part, les organes démocratiques français ou européens réclament un vote des citoyens ou de leurs représentants pour la gouvernance, même pendant une épidémie mondiale. D’autre part, les technologies modernes permettent, de plus en plus, de se connecter à distance à des services professionnels ou institutionnels. Voter à distance n’est donc pas plus compliqué que de déclarer ses impôts en ligne.

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Le vote électronique semble donc être un outil d’avenir qui répond à une problématique très actuelle. Et ce même si certaines initiatives manquent cruellement de réalisme. En voici un bon exemple, rapporté par nos confrères de l’Express. L’application s’appelle iVote, avec ce petit « i » distinctif que vous retrouvez dans de nombreux produits Apple (iPhone, iOS, iPad, iMac, iCloud, etc.). Est-ce une coïncidence ? Non. Parce que l’application ne fonctionne que sur iOS et iPadOS, même si la conception n’est pas liée à la firme de Cupertino.

La maitrise d’oeuvre de l’application a en effet été prise en charge par la Direction générale des politiques internes de l’Union européenne. Elle a été lancée auprès des parlementaires dans le courant du mois de juin pour remplacer, dans certaines commissions le vote par fichier PDF, qu’il faut télécharger, imprimer, remplir, signer, numériser… et enfin renvoyer. Cette nouvelle plate-forme de vote électronique est donc plus facile. Mais elle pose deux problèmes.

Incompatible avec l’OS qui anime plus de 80 % des smartphones

Le premier problème est que cette compatibilité limitée ne tient donc pas compte du fait que plus de 80 % des smartphones en Europe tournent sous Android. Les parlementaires européens doivent-ils s’équiper chez Apple pour remplir leur mission démocratique ? Ce serait curieux. Le second problème concerne l’utilisation de l’application. Non seulement est n’est compatible qu’avec iOS et iPadOS, mais est elle nécessite l’activation d’un compte iCloud pour la transmission des votes.

Et pour cela, il faut bien évidemment accepter les termes des conditions d’utilisation qui impliquent notamment la conservation de données confidentielles sur les serveurs de la firme. Un parlementaire tchèque, Marcel Kolaja, s’est insurgé contre cette application en la qualifiant de « mauvaise plaisanterie ». « Pour l’utiliser (…), nous devons accepter qu’Apple conserve des données stockées sur [ses] serveurs, qu’il s’agisse de documents privés, de contacts ou de mot de passe ». Marcel Kolaja a alors alerté ses collègues. Et nombreux sont ceux qui le suivent.

Bien sûr, le parlementaire grossit le trait. Si un compte iCloud conserve en effet toutes ses informations (et bien plus encore, comme photos, événements du calendrier, historique de navigation Safari, information santé, messagerie instantanée, etc.), c’est un réglage par défaut. Il est totalement possible de désactiver la sauvegarde de ses éléments à partir du menu de paramétrage accessible dans tout appareil sous iOS (mais aussi iPadOS et macOS).

Comment garantir la confidentialité des données ?

En fait, le vrai problème soulevé par cette application est un risque de conflit d’intérêts. La firme de Cupertino, même si elle n’est pas (une fois encore) partie prenante dans le développement de cette application, est le sujet de plusieurs dossiers complexes. Il y a notamment deux enquêtes qui ont été ouvertes (en Europe, mais aussi aux États-Unis) pour pratiques anticoncurrentielles à propos de l’App Store et de la taxe Apple. La Commission européenne a également épinglé Apple pour avantages fiscaux illégaux. La firme a dû rembourser 13 milliards d’euros.

La question des parlementaires menés par Marcel Kolaja est alors la suivante ? Comment peut-on garantir la confidentialité des données stockées sur les serveurs d’Apple, quand celle-ci est la première impliquée dans certains votes du Parlement européen ou dans certaines enquêtes de la Commission européenne ? Mis en porte à faux, un porte-parole du Parlement explique qu’il s’agit d’une solution temporaire » pour répondre « aux circonstances actuelles », que l’Union n’a pas « eu le temps de la porter sur d’autres plates-formes ». Il assure toutefois que « les votes restent secrets ».

Source : L’Express



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