RISC-V, le projet d’architecture open-source américain, gagne en popularité au détriment d’ARM. De nombreux géants de l’industrie, dont Western Union, commencent en effet à adopter l’architecture. Le projet ne manque pas d’atouts. Privé des licences ARM, Huawei va-t-il se tourner vers RISC-V pour continuer à développer ses SoC Kirin ? On fait le point sur la question. 

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RISC-V (Reduced Instructions Set Computing version V) s’impose peu à peu comme une alternative open source viable à l’architecture proposée par ARM. Pour rappel, le projet RISC-V a été lancé en 2010 par la division informatique de l’Université de Californie à Berkeley. « « RISC-V offre un nouveau niveau de liberté d’architecture logicielle et matérielle gratuite et extensible, ouvrant la voie aux 50 prochaines années de conception et d’innovation informatiques » assure la RISC-V Foundation.  Grâce à cette architecture, disponible gratuitement pour tous les acteurs de l’industrie, les fabricants vont-ils pouvoir se passer des licences ARM, qui permettent à des firmes comme Qualcomm, Samsung ou Apple de concevoir des SoC à moindre coût ?

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RISC-V, l’alternative idéale à l’architecture ARM ?

De nombreux poids lourds de la technologie misent en tout cas des millions de dollars sur le projet. SiFive, une start-up qui développe des SoC et des cartes de développement basés sur l’architecture RISC-V, est ainsi parvenue à lever 65.4 millions de dollars en juin dernier. Parmi les investisseurs, on trouve des firmes comme Qualcomm, Intel et le leader du smartphone Samsung.

D’autres groupes renommés vont encore plus loin en développant d’ores et déjà des puces basées sur l’architecture RISC-V. C’est notamment le cas de Nvidia. Depuis 2018, la firme s’appuie sur l’architecture open source pour mettre au point un microcontrôleur destiné à gérer les GPU les plus puissants. Même son de cloche du côté de Western Digital. Depuis 2019, le groupe développe des processeurs basés sur le RISC-V. Pour le moment, ces puces sont uniquement réservées à l’usage en interne.

Des puces basées sur l’architecture open source sont aussi très utilisées dans le domaine des objets connectés. On trouve ainsi un processeur RISC-V dans Huangshan No. 1, le premier SoC boosté à l’intelligence artificielle et entièrement dédié aux objets connectés comme les montres ou les bracelets. Ce SoC a été conçu par Huami, une filiale de Xiaomi réservée aux objets connectés à prix réduit. D’après la firme, ce composant est 38 fois plus puissant que l’Arm Cortex-M4.

Comme celles d’ARM, les architectures RISC-V peuvent donc être utilisées dans de nombreux domaines, qui vont de l’équipements réseau aux ordinateurs de bureau aux wearables. Actuellement, la fondation RISC-V, l’organisme qui oeuvre au déploiement et de la norme, compte déjà 275 membres dans ses rangs.

Pourquoi Huawei pourrait se servir de l’architecture RISC-V pour remplacer ARM

Privé de licences ARM sur décision de Donald Trump, Huawei sera à terme dans l’incapacité de développer les puissants SoC Kirin qui alimentent ses smartphones. RISC-V s’impose comme l’alternative la plus crédible à l’hégémonie d’ARM. Tout d’abord, le projet est open source. N’importe qui peut donc concevoir des puces, des SoC ou des microprocesseurs en se basant sur cette architecture. Même si RISC-V est d’origine américaine, Huawei est légalement libre de s’en servir.

De plus, l’architecture RISC-V n’est pas limitée à une poignée de composants. Le projet permet d’élaborer des puces destinées à divers types d’appareils. Privé d’Intel, Huawei pourrait par exemple intégrer des puces RISC-V dans ses MateBook. Pour l’heure, le constructeur a été contraint de mettre sur pause sa division PC suite à la défection d’Intel et Microsoft.

Le projet RISC-V compte déjà de nombreux adeptes et profite d’une vaste communauté de développeurs décidés à améliorer l’architecture, et son implémentation, dans les années à venir. RISC-V est donc appelé à évoluer et à s’adapter aux évolutions du marché. Enfin, l’architecture RISC-V permet de concevoir des composants à faible coût et peut s’adapter à la plupart des besoins spécifiques de l’industrie. Il est aussi plus rapide de concevoir des puces RISC-V qu’ARM, garantit la fondation. SiFive propose notamment du silicium personnalisé disponible en seulement quelques semaines.

En optant pour l’architecture RISC-V, Huawei pourrait ainsi obtenir une alternative rapide, peu coûteuse et flexible aux licences ARM. Si les sanctions du gouvernement Trump ne sont pas levées, le constructeur chinois va-t-il se tourner vers cette alternative open source pour continuer à produire les SoC Kirin ? Pour rappel, Huawei estime pouvoir se passer d’ARM et d’autres firmes américaines dès 2021.

Source : RISC-V Foundation

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