Le ministre des Affaires Étrangères chinois Wang Yi a qualifié le Canada de « complice » des Etats-Unis dans leur guerre contre Huawei, vendredi 29 mai 2020. L’édile exige que le pays libère Meng Wanzhou, la fille du fondateur de Huawei Ren Zhengfei, qui reste assignée à résidence à Vancouver.

Meng Wanzhou
Meng Wanzhou lors d’un colloque « Russia’s Calling » en Russie en 2014 / Crédits : Wikimedia

L’affaire Huawei a également un volet canadien. Le pays, membre des Five Eyes – alliance de sécurité qui comprend les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande – avait en effet arrêté, le 1er décembre 2018 une certaine Meng Wanzhou en transit via l’aéroport de Vancouver.

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Or, Meng Wanzhou n’est pas n’importe qui. Non seulement il s’agit de la fille du fondateur de Huawei Ren Zhengfei, mais en prime, il s’agit d’une des dirigeantes de l’entreprise. Elle est en effet depuis au moins 2011 la directrice financière du groupe. Elle a été nommée plus récemment en 2018 l’une des vice-présidentes de la firme.

Meng Wanzhou n’était pourtant qu’en transit vers le Mexique, mais la police royale montée canadienne l’a tout de même arrêtée lorsqu’elle se trouvait sur le sol canadien – sur demande des Etats-Unis. Ce que les autorités reprochent officiellement à Meng Wanzhou, c’est d’avoir pu participer à une vente illégale d’équipements américains à l’Iran.

En violation des sanctions imposées à l’Iran par les Etats-Unis et l’Union Européenne. Meng Wanzhou clame depuis son innocence, et a été libérée de détention contre une caution de 10 millions de dollars. Une libération sous condition : elle doit par exemple accepter une surveillance électronique.

Elle a également dû remettre ses passeports aux autorités (sept en tout sont mentionnés par les documents judiciaires). A partir de ce moment, les Etats-Unis ont tenté de lancer une procédure d’extradition en vertu d’un traité entre les deux pays. Une procédure qui s’est transformée en un feuilleton judiciaire à rebondissements. A date, Meng Wanzhou n’a toujours pas été extradée aux Etats-Unis.

Nouvelle menace

Il faut dire que les autorités chinoises en font une question primordiale. Le ministère des Affaires Étrangères chinois en fait même une condition de leurs relations bilatérales. Il vient régulièrement à la défense de Meng Wanzhou. Or, la dégradation des relations entre les Etats-Unis et la Chine pousse désormais les autorités chinoises à fortement hausser le ton.

Ainsi, comme le rapporte une courte dépêche Reuters Wang Yi a intimé vendredi 29 mai 2020 le Canada de libérer « immédiatement » Meng Wanzhou. Et d’ajouter qu’en continuant de détenir la dirigeante, le Canada est « complice des efforts du gouvernement américain de faire tomber le géant Chinois de la tech Huawei« 

Une menace à peine voilée : si la Chine commençait à sanctionner les entreprises américaines comme elle a menacé de le faire avec Apple, il se pourrait bien que des entreprises canadiennes soient également concernées…



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