Gmail, Zoom, Stack : votre patron peut facilement vous espionner grâce à ces applications

 

A l'heure du télétravail, les applications comme Zoom, Slack ou les logiciels offerts par Microsoft Office 365 sont utilisées par des millions d'utilisateurs à travers le monde. Or, ces applis offrent de nombreuses données à votre patron, qui peut les exploiter pour surveiller votre productivité.

télétravail espionnage
Crédits : Unsplash

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, des millions de personnes ont été contraintes de passer au télétravail. D'après le cabinet d'analyses Gallup, en juin 2022, encore 34 millions de salariés aux Etats-Unis travaillaient à mi-temps en télétravail. En outre, 36,5 millions d'employés travaillaient à distance au moins 5 jours par semaines, si l'on en croit une étude réalisée par le Bureau de recensement des Etats-Unis en août 2022.

On le sait, cette démocratisation du télétravail a abouti à de nombreuses dérives de la part du patronat. On se souvient par exemple d'Amazon qui espionne tous les déplacements de souris de ses employés et les mots tapés sur le clavier. D'après un rapport publié par Top10VPN en début d'année 2022, la demande mondiale en logiciels de surveillance en milieu professionnel a augmenté de 65 % depuis 2019.

Or et vous ne le savez peut-être pas, mais votre patron n'a même pas besoin de logiciel de surveillance particulier pour s'assurer de votre productivité à la maison. En effet, des applications populaires comme Zoom, Slack ou les logiciels offerts par Microsoft Office 365 lui donnent suffisamment de données pour le faire facilement.

Zoom, Slack, Microsoft Office : le paradis pour les patrons

Ces applis en ligne permettent aux responsables de connaître le nombre de réunions vidéo auxquelles vous avez participez, le nombre de conversations entretenues avec vos collègues, en passant par le nombre de documents que vous avez enregistré dans le cloud.

Sur Microsoft 365 par exemple, un administrateur de compte peut obtenir le nombre d'emails envoyés par ses salariés, le nombre de fichiers envoyés sur un disque partagé et le nombre de messages envoyés, sans oublier le nombre de réunions auxquelles ils ont participé sur Microsoft Teams.

Sur Google Workspace, il est possible d'accéder à toutes les données précédemment citées. Vous pouvez y ajouter la localisation GPS de l'utilisateur lorsqu'il a rejoint une réunion vidéo. Mieux encore, un administrateur peut également consulter le contenu des courriels sur Gmail, et les éléments sauvegardés sur Google Calendar. Sur les comptes Slack payants, l'administrateur peut voir combien de jours les utilisateurs ont été actifs, et combien de messages ont été envoyés sur une période donnée.

Des données qui ne sont pas prévues pour la surveillance

Sans surprise, les éditeurs de ces outils en ligne affirment que l'accès à ces données n'est pas dédié à la surveillance et à l'évaluation des performances des employés. “Mesurer la production sur la base d'une activité de surface comme les messages envoyés nous donne une vision extraordinairement limitée de la contribution d'une personne à son organisation”, déclare Brian Elliot, vice-président de Slack.

Néanmoins et aux yeux de Daniel Khan Gilmor, auteur principal du projet “Speech, Privacy and Technology” de l'American Civil Liberties Union, rien n'empêche vos responsables d'utiliser ces données pour obtenir un instantané de votre productivité. “Plus votre travail est effectué via ces services en ligne, plus les fournisseurs de services disposent d'informations”, explique-t-il.

Source : Seattle Times



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