Xiaomi est placé sur liste noire par les États-Unis

 

Xiaomi vient d'être placé sur liste par Donald Trump et son administration. Washington accuse en effet 11 entreprises, dont Xiaomi, de collaborer activement avec l'armée de la République populaire de Chine. Les firmes sur liste noire ne pourront plus recevoir de financement d'investisseurs américains. Néanmoins, Xiaomi ne se retrouve pas encore dans la même situation que Huawei, exclu du marché américain depuis 2019. 

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L'administration Trump a placé 11 entreprises chinoises sur liste noire ce jeudi 14 janvier 2021, rapportent nos confrères de Reuters. Parmi les entreprises concernées, on trouve surtout Xiaomi, le troisième plus important vendeur de smartphones au monde depuis début 2020. Les firmes répertoriées sont accusées d'entretenir des liens étroits avec l'armée chinoise.

Xiaomi est désormais considéré comme une “compagnie militaire communiste chinoise”. Dans un communiqué officiel, Washington affirme être “déterminé à mettre en évidence et à contrer la stratégie de développement de la fusion militaire-civile de la République populaire de Chine”. Concrètement, les États-Unis accusent Xiaomi de fournir des “technologies de pointe” et d'offrir son expertise à l'armée de la République populaire de Chine, ce qui représente un danger pour la sécurité nationale. Une loi promulguée en 2017 contraint en effet légalement les entreprises basées en Chine à collaborer avec le gouvernement dans certains cas.

Sur le même sujet : Huawei et ZTE sont officiellement considérés comme des menaces à la sécurité nationale américaine

Xiaomi ne pourra plus compter sur ses investisseurs américains dès le 11 novembre 2021

Placé sur liste noire des investissements pour les capitaux américains, Xiaomi ne pourra plus recevoir de financement provenant d'investisseurs américains à partir du 11 novembre 2021. À cette date, les investisseurs devront retirer tous leurs fonds du capital de Xiaomi. Comme Huawei, le constructeur chinois ne pourra plus compter sur l'argent provenant des États-Unis. Le décret interdit aussi à Xiaomi et aux autres firmes sur liste noire de se lancer à la bourse de Wall Street.

L'action en bourse de Xiaomi à Hong-kong s'est effondrée de 11% depuis l'annonce. Le capital de la firme chinoise est en effet composé de nombreux fonds américains. Parmi les principaux investisseurs du groupe listés sur Crunchbase, on trouve Morgan Stanley, une firme d'investissement basée à New York, NGP Capital, investisseur californien ou encore All Blue Capital, une autre firme d'investissement new-yorkaise. Néanmoins, l'essentiel des investisseurs de Xiaomi provient toujours de Chine. L'intégralité du capital du groupe n'est donc pas en danger.

Mise en place dès 1997, cette liste noire des firmes considérées comme proches de l'armée chinoise comprend essentiellement des entreprises du secteur de l'aviation, l'aérospatiale, la construction navale, la chimie, des télécommunications et de la construction. On notera que Huawei est classé dans cette liste noire à titre d'équipementier du secteur des télécommunications. L'ajout de Xiaomi fait donc figure d'exception.

Xiaomi a rapidement réagi aux accusations formulées par le gouvernement américain dans un communiqué : “Xiaomi s'est conformée à la loi et a fonctionné conformément aux législations et réglementations pertinentes aux juridictions dans lesquelles elle exerce ses activités. La société rappelle qu'elle fournit des produits et services à usage civil et commercial. La société confirme qu'elle n'est pas détenue, contrôlée ou affiliée à l'armée chinoise et qu'elle n'est pas une ‘société militaire communiste chinoise' comme défini dans le NDAA (NDLR : le National Defense Authorization Act, un ensemble de lois visant à protéger la sécurité nationale des USA). La société prendra les mesures appropriées pour protéger ses intérêts et ceux de ses actionnaires.

Xiaomi n'est pas dans la même situation que Huawei

Pour l'heure, Xiaomi n'est pas encore dans la même situation que Huawei. Placé sur la liste noire “Entity List” des États-Unis, Huawei est interdit de commercer avec des entreprises américaines ou de s'appuyer sur des technologies développées aux États-Unis. Ce n'est pas le cas de Xiaomi. Le groupe chinois est toujours libre d'utiliser le système d'exploitation Android sur ses smartphones et d'y préinstaller les applications et les services de Google. Rien ne change pour les utilisateurs.

Comme le craignaient les observateurs, Donald Trump profite de ses derniers jours à la tête des États-Unis pour pratiquer une politique de la terre brulée. Banni de la plupart des réseaux sociaux après l'attaque du Capitole, le milliardaire utilise le temps qu'il lui reste pour enchaîner les actions coup de poing. Dès l'annonce de sa défaite, Donald Trump a notamment gracié une dizaine de ses proches, dont son ancien directeur de campagne, accusé de fraude fiscale.

Évidemment, rien n'indique pour le moment que Joe Biden, le futur président des États-Unis, entérine les sanctions mises en place par son tristement célèbre prédécesseur. L'administration Biden pourrait théoriquement assouplir les restrictions financières à l'encontre de Xiaomi d'ici la date butoir du 11 novembre 2021. Néanmoins, on notera que Huawei ne s'attend pas à ce que l'arrivée au pouvoir de Joe Biden marque une rupture avec la politique de Donald Trump à l'égard des entreprises chinoises. On vous en dit plus dès que possible sur l'avenir de Xiaomi. En attendant plus d'informations, n'hésitez pas à donner votre avis sur cette annonce dans les commentaires ci-dessous.

Source : Reuters



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