Ces trois métiers seront les premiers balayés par l’IA, Bill Gates ne leur laisse aucune chance
Dans un nouvel essai, Bill Gates juge que l’intelligence artificielle évolue plus vite que les garde-fous chargés de la contenir. Il identifie trois professions où les emplois seraient supprimés en premier. Le milliardaire avance aussi deux mesures que nul n’avait encore défendues.

Depuis douze mois, l’emploi commence à ressentir les conséquences de l’automatisation. Au printemps dernier, une enquête internationale réalisée auprès de milliers de dirigeants montrait que presque tous envisagent des licenciements dus à l’intelligence artificielle dans les deux prochaines années. Les profils juniors figurent partout parmi les premiers concernés. L’issue demeure cependant incertaine. Économistes et syndicats débattent toujours de l’ampleur du phénomène, car aucune statistique ne permet de distinguer une réorganisation ordinaire d’une substitution par la machine.
Bill Gates intervient désormais directement dans ce débat. Le cofondateur de Microsoft vient de publier un texte d’environ 6 000 mots sur les transformations entraînées par l’intelligence artificielle. En juin, il détaillait encore pourquoi les sportifs de haut niveau resteraient hors de portée des machines. Cette semaine, son nouvel essai prend un ton nettement plus pessimiste. Il considère que la technologie a déjà dépassé les limites de sécurité établies par le secteur lui-même.
Le support client, le développement logiciel et l’assistanat juridique seraient touchés en premier
Dans son texte publié sur Gates Notes, Bill Gates cite trois métiers de bureau susceptibles de disparaître avant tous les autres. En tête figure le support client par téléphone et en ligne, suivi du développement logiciel puis de l’assistanat juridique. Les activités manuelles seraient aussi concernées. D’après lui, le bâtiment et l’hôtellerie adopteront des robots avant la fin de la décennie. Sa principale crainte porte sur la disparition définitive des emplois destinés aux débutants. Jusqu’ici, ces postes offraient aux jeunes diplômés l’occasion d’apprendre les bases d’une profession avant d’évoluer.
Deux solutions accompagnent ce diagnostic. Bill Gates souhaite instaurer une taxe sur l’utilisation de l’intelligence artificielle et des robots. Les recettes serviraient à protéger les salariés ayant perdu leur emploi. Sa seconde proposition consiste à réserver certaines professions aux humains. La société pourrait confier des activités à des personnes, même lorsqu’une machine accomplirait le travail pour moins cher. En parallèle, le cofondateur de Microsoft demande des institutions nationales spécialisées et une organisation internationale inspirée des inspections nucléaires. Un autre texte consacré aux risques biologiques doit paraître avant la fin de l’année.