Ce projet démesuré de SpaceX pourrait multiplier par dix le nombre de satellites Starlink
Starlink compte déjà plus de 10 000 satellites au-dessus de nos têtes. SpaceX prépare pourtant un déploiement qui ferait passer ce chiffre pour un simple échauffement. Les astronomes retiennent leur souffle devant les documents transmis au régulateur américain.

L'orbite basse se transforme peu à peu en autoroute encombrée. Plusieurs entreprises y lancent des milliers d'appareils pour couvrir la planète en internet. SpaceX domine largement ce secteur avec sa constellation Starlink, forte de près de 10 800 engins actifs. Cette expansion rapide inquiète pourtant une partie des scientifiques. Les satellites Starlink désorbités par SpaceX menaceraient la couche d'ozone, selon de récentes analyses. Chaque appareil qui retombe se consume dans la haute atmosphère et y libère des résidus métalliques. Chaque lancement ajoute donc une trace de plus dans un ciel déjà saturé.
La firme d'Elon Musk voit désormais encore plus grand. La société californienne souhaite déployer 100 000 satellites d'une nouvelle génération baptisée Gen3. Ce chiffre représente près de dix fois le parc actuel de la constellation. SpaceX a déjà perdu un satellite Starlink en orbite dans des circonstances inquiétantes, un rappel des risques que fait peser une telle densité d'engins au-dessus de nos têtes.
SpaceX veut lancer 100 000 satellites géants trop lourds pour la fusée Falcon 9
SpaceX a officialisé cette demande auprès du régulateur des télécoms américain. Selon le dépôt transmis à la FCC, chaque satellite Gen3 pèserait entre 2 000 et 2 500 kilos. Les modèles actuels dépassent à peine les 800 kilos. Ces engins évolueraient à très basse altitude, entre 320 et 480 kilomètres. Leurs panneaux solaires déployés couvriraient jusqu'à 400 mètres carrés, soit la surface d'un petit terrain de basket. La société dispose pour l'heure d'un feu vert portant sur quelques milliers d'unités supplémentaires seulement.
Ces satellites seraient bien trop lourds pour la fusée Falcon 9. SpaceX devrait donc s'appuyer sur son gigantesque lanceur Starship pour les envoyer en orbite. Elon Musk pousse la logique encore plus loin avec un projet nommé Starmind, une méga-constellation d'un million d'engins dédiés à l'intelligence artificielle. Amazon et Blue Origin bâtissent elles aussi de vastes réseaux à basse altitude, ce qui accentue la pression sur cet espace convoité. Les astronomes redoutent l'impact de tous ces engins sur l'observation du ciel et sur l'atmosphère. Le régulateur américain devra trancher une demande sans précédent dans l'histoire spatiale.