Cette découverte révèle enfin où le Soleil fabrique ses tempêtes magnétiques
Depuis 30 ans, les chercheurs cherchaient l'origine des tempêtes magnétiques du Soleil. Une étude vient de trancher avec une précision inédite. La réponse se trouve à une profondeur vertigineuse sous la surface de notre étoile.

Le Soleil reste l'un des objets les plus étudiés de l'univers, et pourtant ses mécanismes internes continuent de surprendre. Ses éruptions peuvent perturber les satellites, les réseaux électriques et les communications sur Terre. Une tempête solaire d'une rare violence avait d'ailleurs frappé notre planète en janvier 2026, rappelant à quel point ces phénomènes restent imprévisibles. Mieux les anticiper passe d'abord par une question fondamentale : où naît le champ magnétique de notre étoile ?
Des chercheurs ont analysé près de trois cycles solaires de données, soit environ 30 ans d'observations. Leurs travaux s'appuient sur les oscillations mesurées à la surface du Soleil, une méthode qui permet de sonder son intérieur comme une échographie, et qui avait déjà permis d'observer des ondes magnétiques torsadées dans la couronne solaire.
Le moteur magnétique du Soleil se situe à 200 000 km sous sa surface
Selon une étude publiée dans Nature Scientific Reports, le dynamo magnétique du Soleil est généré au niveau de la tachocline. Cette fine couche de transition se trouve à 200 000 kilomètres sous la photosphère, soit l'équivalent de 16 fois le diamètre de la Terre. Les deux chercheurs ont utilisé les données du Michelson Doppler Imager embarqué sur l'observatoire SOHO, ainsi que celles du réseau de six télescopes terrestres GONG. Ces instruments mesurent les oscillations qui traversent la surface solaire toutes les 45 à 60 secondes.
Les résultats montrent que des bandes rotatives de plasma forment un schéma en forme de papillon depuis la tachocline. Ce motif correspond précisément à la façon dont les taches solaires se déplacent au fil du cycle de 11 ans de notre étoile. La rotation du plasma dans cette zone génère des courants électriques qui produisent le champ magnétique. Ces perturbations peuvent mettre plusieurs années à remonter jusqu'à la surface, où elles se manifestent en éruptions et en éjections de masse coronale.
Cette découverte a des implications directes pour la météo spatiale. Les modèles de prévision actuels se concentrent surtout sur les couches proches de la surface. Les chercheurs estiment que la tachocline doit désormais être intégrée dans ces simulations pour améliorer leur précision. Une meilleure anticipation des tempêtes solaires permettrait de mieux protéger les satellites, les astronautes et les infrastructures terrestres sensibles.