Accident mortel Uber : l’avenir des voitures autonomes en 4 questions

Il y a quelques jours aux USA, un accident impliquant une voiture autonome Uber coûtait la vie à une femme. Pour lever le voile sur les circonstances de cet accident mortel, la police de Tempe en Arizona a diffusé sur son compte Twitter la vidéo enregistrée par la Volvo XC90 lors de la collision. Faut-il dire adieu aux voitures autonomes ?

uber voitures autonomes

Ce mardi 20 mars 2018, une voiture autonome d’Uber en cours de test renversait Elaine Herzberg, une femme de 49 ans. La police de Tempe, la ville où a eu lieu le drame, a rapidement mené l’enquête sur les circonstances de l’accident. Comme le montre la vidéo postée par les autorités, le SUV autonome de Uber n’a pas été capable de repérer la présence de la piétonne alors qu’elle traversait la route. Le technicien Uber présent dans le véhicule en cas de problème n’a pas pu prendre les commandes avant l’impact.

La voiture autonome d’Uber est-elle responsable de l’accident ?

La Volvo XC90 de Uber est en effet censée pouvoir repérer les obstacles qui se dressent sur sa route. Elle est munie pour cela de différents capteurs. Une voiture autonome est équipée d’un système de détection, qui permet d’ajuster sa course si un animal, un être humain ou un objet inanimé imprévu se retrouve sur sa route, indique le constructeur. En Australie, les voitures autonomes de Volvo ne rencontrent des difficultés qu’avec les Kangourous. Leurs bonds sont trop difficiles à prédire pour les capteurs.

Á première vue, on peut donc estimer que l’accident a bien été provoqué par une défaillance de la voiture autonome. Pour l’heure, on ignore si le problème provient du système de détection ou si les freins n’ont pas réagi en conséquence. Quoi qu’il en soit, la voiture aurait dû repérer la présence d’un individu sur la route et décélérer.

Un conducteur humain aurait-il pu éviter l’accident ?

Contrairement aux premières hypothèses formulées par les autorités, la victime était sur la route au moment de l’accident. Elaine Herzberg traversait la chaussée en dehors des passages pour piétons avec un vélo sous le bras. Le technicien Uber ne s’est rendu compte de rien avant qu’il ne soit trop tard. La vidéo de l’intérieur de l’habitacle montre que l’homme ne regarde pas la route. Il semble concentré sur le tableau de bord de la voiture. Selon, les autorités, le technicien ne peut pas être mis en cause : dans l’obscurité, il était impossible de voir la victime.

Un conducteur humain n’aurait jamais pu l’éviter, explique la chef de la police de Tempe à nos confrères du San Francisco Chronicle «il est très clair qu’il aurait été difficile d’éviter l’accident quelque soit le mode de conduite vu la manière dont la victime sort de l’ombre directement sur la route» . Avec un chauffeur humain derrière le volant, le SUV aurait malgré tout tué Elaine Herzberg.

Les voitures autonomes sont-elles moins sûres ?

New York Times rappelle qu’il s’agit du “premier cas connu de piéton percuté par un véhicule autonome”. Sont-elles moins sûres que les voitures avec chauffeur ? Contrairement à un véhicule autonome, n’oublions pas qu’un être humain est sujet à la fatigue, au stress, et à l’influence d’autres facteurs extérieurs, comme l’alcool ou la drogue. Comme l’explique le PDG de Waymo (Google), John Krafcik, les conducteur humains ne sont pas fiables.

Avant de crier au loup, demandons-nous : peut-on vraiment se permettre de retarder l’avènement des voitures autonomes pour un seul accident isolé ? Comme le rapportent les chercheurs de Rand Corporation Nidhi Kalra et David G.Groves, les voitures autonomes permettront de sauver près de 500 000 vies en l’espace de 30 ans. Comme le mentionne l’étude, les véhicules sans chauffeur restent un moindre mal par rapport aux conducteurs humains. Plus nous hésitons à nous en remettre aux voitures autonomes, plus nous sacrifions des vies humaines.

Si les premières voitures autonomes ne sont finalement que 10% plus fiables qu’un conducteur humain, elles auront un impact positif important sur le nombre de morts sur les routes. En France, 3 693 personnes sont décédées des suites d’un accident de la route en 2017, ce qui correspond à 10 morts par jour, selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).

Quel avenir pour les voitures autonomes après l’accident d’Uber ?

Si les voitures autonomes sont plus fiables que les chauffeurs humains, elles ne sont pas encore parfaites. Sur le long terme, elles ne manqueront pas de s’améliorer…si on leur en laisse l’occasion. Ce premier accident va-t-il refroidir les constructeurs automobiles et les pousser à abandonner la recherche dans le domaine ? Uber a d’ores et déjà pris la décision de cesser les tests de voitures autonomes pour le moment. «Nos véhicules sont immobilisés et nous apportons toute l’assistance possible aux autorités locales et fédérales» expliquait l’entreprise sur Twitter. Avant l’accident, Uber prévoyait de lancer ses premières voitures autonomes avant l’été 2019. Cette date de déploiement sera-t-elle encore d’actualité ?

Ce premier accident mortel a déjà refroidi d’autres constructeurs automobiles, alors que leurs modèles ne sont pas mis en cause. C’est le cas de Toyota, qui a déjà délcaré que « nous avons le sentiment que l’incident aura un effet émotionnel sur les conducteurs, nous avons donc décidé de cesser temporairement les tests les plus avancés sur les routes publiques ». Face aux avancées technologiques, la méfiance est inévitable : le cas Uber pénalisera-t-il le développement des voitures autonomes en général ?

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