Huawei : la Chine arrête d’anciens employés qui ont osé parler de l’Iran sur WeChat

Maj. le 28 avril 2020 à 20 h 19 min

Cinq anciens employés de Huawei ont été arrêtés fin 2018 après avoir évoqué un sujet sensible dans une discussion privée : l’Iran. Cette discussion a eu lieu sur WeChat quelques semaines après l’arrestation au Canada de la directrice financière du groupe. Quelques jours après cet échange, les cinq personnes ont été interpellées et placées en détention pendant plusieurs mois.

huawei shenzhen headquarter

Voilà une histoire complexe et troublante que rapportait ce week-end le New York Times. Une histoire dont chacun pourra tirer sa propre opinion et qui donnera du grain à moudre autant aux détracteurs qu’aux supporters de Huawei. C’est l’histoire de cinq anciens employés de Huawei qui ont été remerciés et qui estiment que leurs conditions de départ n’ont pas été à la hauteur. Ils ont pour la plupart choisi de porter plainte contre Huawei auprès des instances chinoises compétentes. Ils ont été remerciés entre 2017 et 2018.

Lire aussi : Huawei met en garde les États-Unis contre des représailles de la Chine

Ils étaient tous membres d’un groupe de discussion sur WeChat, l’application de messagerie chinoise équivalente à WhatsApp, rassemblant plus de 60 anciens employés mécontents de leurs conditions de départ. Le but de ce rassemblement était d’attirer l’attention des médias internationaux sur les conditions de travail au sein de Huawei. Les cinq employés concernés par cette affaire ont formé un sous-groupe déconnecté des autres participants. Deux d’entre eux ont témoigné auprès du New York Times.

Une discussion qui tombe mal

Nous sommes en décembre 2018, quelques jours après l’arrestation au Canada de Meng Wanzhou, la directrice financière du groupe, pour des soupçons de ventes auprès de l’Iran de produits soumis à un embargo de la part des États-Unis. Le 11 décembre, les cinq membres discutent sur WeChat et l’un d’entre eux envoie ce message : « Je peux prouver que Huawei vend à l’Iran ». Dans l’article du New York Post, l’un des deux témoins explique avoir travaillé sur des projets avec l’opérateur IranCell entre 2012 et 2014 et confirme que des biens y ont été vendus. Mais aucun n’était soumis à une interdiction internationale.

Quelques jours après la discussion, les cinq membres de ce sous-groupe sont arrêtés par les autorités chinoises, parfois mêmes hors des frontières de l’Empire du Milieu. Ils seront incarcérés plusieurs mois et relâchés dans le courant de l’année 2018. Les témoins du quotidien américain racontent qu’ils ont été questionnés sur leurs relations avec l’Iran, sur les preuves évoquées dans leurs échanges et sur leurs contacts avec les médias internationaux. Un policier explique que leur discussion sur l’Iran tombe à un très mauvais moment.

Après 3 et 8 mois d’emprisonnement, ils ont tous deux été relâchés en échange de la promesse écrite qu’ils ne parleraient pas publiquement des relations entre Huawei et l’Iran et qu’ils n’entretiendraient plus de relation avec des organisations internationales, notamment des médias. Précaution pour protéger les intérêts de l’État chinois, face aux États-Unis avec qui la guerre commerciale est à son apogée. Vous noterez que ces précautions incluent aussi la surveillance des réseaux sociaux et des plates-formes de messagerie…

Source : New York Times



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