Hadopi aurait pu rapporter 1 milliard d’euros en 2020 si elle n’était pas complètement dépassée

 

Depuis le début de l'année, Hadopi représente un manque à gagner de 1 milliard d'euros. En effet, 12 millions d'internautes ont consommé du contenu piraté en 2020 sans qu'ils soient inquiétés par le dispositif. En cause : de nouvelles techniques de piratage que le système est pour l'heure incapable de contrer.

hadopi

Ce n'est malheureusement pas un secret que Hadopi se révèle moins efficace que ce qu'avaient espéré les autorités à son lancement. En 2019, seulement 87 000 euros d’amendes avaient été envoyés, pour 82 millions d’euros d’investissement. Le constat ne s'améliore pas, puisque 12 millions de Français se sont adonnés au piratage cette même année, selon le cabinet de conseil PMP. L'ensemble du contenu audiovisuel consommé équivaut à 1,03 milliard d'euros, soit 9% du marché total.

Les secteurs les plus touchés sont la vente physique et la vente d’abonnements à la télévision payante, avec respectivement 310 millions d’euros et 260 millions d’euros qui auraient pu être gagnés. Par la même occasion, ce sont 320 millions d’euros qui sont passés sous le nez des finances publiques, pour cause de non-paiement de la TVA, des charges sociales et patronales, de l’impôt sur les sociétés et sur le revenu.

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Hadopi n'a pas empêché la perte de 2650 emplois

Pourtant, d'autres chiffres sont plus encourageants. Sur les 10 millions de lettres d'avertissement, Hadopi, 70% des concernés n'ont pas récidivé. Les téléchargements en P2P ont également diminué significativement depuis 2009. Malheureusement, ces résultats ne concernent que ce type de piratage, et le dispositif se révèle bien impuissant devant les nouvelles techniques mises en place.

En mars 2020, on comptait ainsi 13,6 millions de pirates en France, notamment à cause du confinement. Parmi les nouvelles méthodes, les internautes apprécient particulièrement l'IPTV, le streaming illégal qui pèse 2 milliards d'euros et qui ne cesse de gagner du terrain. Ces pratiques pourraient entraîner la suppression de 2650 postes chez les entreprises victimes, « déjà très fragilisées par les effets de la crise sanitaire », selon Denis Rapone, président de la Hadopi.

Ce dernier espère que le gouvernement retravaille sa proposition de lutte contre le piratage. La réforme de l'audiovisuel, retardée par la crise sanitaire, pourrait être une opportunité pour le dispositif de se moderniser et de s'adapter aux techniques actuelles. En effet, le texte indique notamment la volonté de le fusionner avec le CSA au sein de l'Arcom, qui sera plus efficace que Hadopi.



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