Facebook peut cibler illégalement des enfants avec des pubs sur le tabac, l’alcool et les jeux d’argent

 

L'association Reset Australia révèle dans une enquête qu'il reste relativement simple de cibler les enfants illégalement avec des publicités adultes comme le tabac, l'alcool et les jeux d'argent. Le problème, c'est que Facebook collecte les données des enfants comme celles des adultes et recueille donc également leurs centres d'intérêt pour tout ce qui est normalement illégal à leur âge. 

Facebook
Crédits : Unsplash

Facebook est-il vraiment un environnement sûr pour les enfants ? L'association Reset Australia s'est penchée sur la collecte de données personnelles et ses implications pour le ciblage publicitaire des enfants. L'association cherchait à savoir dans quelle mesure il est possible de cibler les enfants avec des pubs qui ne devraient pas leur être destinées, comme le tabac, l'alcool, les jeux d'argent et les régimes.

Pour cela Reset Australia a créé une page business baptisée “Ozzie news network” pour voir les options de ciblage publicitaires proposées par la plateforme, et soumettre quelques pubs douteuses pour tester la modération du réseau social. Le résultat fait plutôt froid dans le dos. Officiellement Facebook n'autorise pas de cibler les enfants avec des publicités pour le tabac et d'autres produits et services destinés aux adultes.

Cibler les enfants avec des publicités réservées aux adultes reste simple comme bonjour sur Facebook

Et pourtant… il est assez facile de leur montrer de telles publicités : il s'avère que Facebook collecte aussi leurs préférences si ils ont déjà à leur âge un penchant pour le vice ! Autrement dit Facebook ne différencie pas les enfants et les adultes pour la collecte de données. Un nouvel argument pour inciter vos enfants à ne pas utiliser Facebook surtout lorsque l'on sait que la plateforme recourt à des techniques de manipulation pour les pousser à ouvrir un compte.

Facebook a donné à la page de Reset Australia la possibilité de cibler 740 000 enfants australiens dans la tranche 13-17 ans.  A leur grande surprise, les outils de la page leur ont laissé cibler cette tranche d'âge avec des contenus en lien avec la consommation d'alcool, le tabac et le vapotage, les paris, la perte de poids rapide, le fast food et les rencontres en ligne. Et le pire, c'est que c'est plutôt bon marché : pour cibler 52 000 pré-ados avec des pubs pour de l'alcool, comptez à peine 3,03 dollars. Une pub sur les paris d'argent servie à 14 000 enfants ne coûte que 11,24 dollars.

Finalement le plus cher est de faire de la pub pour le tabac et le vapotage (respectivement 138,50 dollars et 210,97 dollars pour cibler moins d'un millier d'enfants). Le test de Reset Australia ne s'arrête pas là, puisqu'ils ont soumis des publicités sur ces thématiques en mentionnant la tranche d'âge de la cible. Toutes ont été validées.

Facebook rejette la responsabilité de l'affichage des publicités douteuses sur les profils enfants sur les annonceurs

“Facebook semble utiliser les données des enfants de la même manière que celles des adultes”, constate avec amertume Reset Australia “cela donne un aperçu d'à quel point Facebook profite des données des enfants et exactement quelles protections ils ont mis en place contre ce type de ciblage”. De son côté, Facebook explique que les publicités sont parfois réellement vérifiées après leur mise en ligne.

“Garder les plus jeunes en sécurité sur Facebook et Instagram est vital”, explique un porte-parole du réseau social “nous avons des mesures en place pour vérifier toutes les publicités avant et après publication, ce qui inclut des systèmes automatisés et des modérateurs humains. Toute personne faisant de la publicité sur nos plateformes doit se soumettre aux lois locales et codes, dont ceux qui restreignent la publicité sur l'alcool auprès des mineurs en Australie”.

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“Pour soutenir cet efforts nous avons également des outils de restriction d'âge que toutes les entreprises peuvent implémenter dans leurs comptes d'eux mêmes pour contrôler qui peut voir leurs contenus”, conclut Facebook. Que pensez-vous de la collecte de ce type de préférences auprès des mineurs ? Partagez votre avis dans les commentaires !

Source : The Guardian



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