Amazon : certains y revendent ce qu’ils trouvent dans les poubelles selon une enquête

Maj. le 19 décembre 2019 à 17 h 57 min

Amazon est au coeur d’une enquête choc du Wall Street Journal : on y apprend que des vendeurs profitent du système Marketplace et du label « Expédié par Amazon » pour vendre des produits parfois trouvés dans des poubelles – au prix fort. A la suite de l’enquête, Amazon semble avoir modifié sa politique, mais des questions persistent. 

Une benne à ordures
Une benne à ordures, comme celle dans lesquelles les journalistes du Wall Street Journal ont trouvés des articles qu’ils ont ensuite revendus sur Amazon / Crédits : Pixabay

En pleine période de fêtes, de grèves, et alors que nombre de Français font leurs emplettes sur Amazon (1 internaute français sur 5 achète désormais des produits sur Amazon), le Wall Street Journal vient de publier une enquête choc. Celle-ci s’intéresse aux pratiques des vendeurs tiers d’Amazon – les fameux membres d’Amazon Marketplace qui représentaient 53% des revenus de la plateforme dans le monde au 3e trimestre 2019. Ce qui a mis la puce à l’oreille du Wall Street Journal, ce sont une poignée de vidéos sur YouTube. On y voit des vendeurs américains tiers se vanter de faire les poubelles avant de vendre ce qu’ils trouvent sur Amazon.

Après avoir vainement tenté d’interviewer ceux que le WSJ appelle les dumpster divers, trois journalistes de la publication (Khadeeja Safdar, Shane Shifflett et Denise Blostein) ont décidé de mener leur propre enquête. En commençant par essayer de revendre eux-même des produits trouvés dans des poubelles, histoire de voir si des mécanismes, côté Amazon, les empêcheraient de le faire. Ils ont tout de même pris quelques précautions pour éviter qu’un internaute ne se fasse avoir par leurs tests : le prix était dissuasif, et un complice achetait immédiatement les produits une fois qu’ils apparaissaient sur la plateforme.

Label Prime, livraison plus rapide, et étiquettes Amazon brouillent les pistes pour le client

Leur conclusion est plutôt inquiétante. D’abord, parce que jusqu’au moins dernier, rien n’indiquait dans les conditions générales d’Amazon US que les vendeurs marketplace n’avaient pas le droit de revendre des produits trouvés dans des poubelles – elles ont été depuis changées pour préciser qu’il n’était pas possible de vendre des articles « destinés à la destruction ou à être jetés ou autrement désignés comme invendables par le fabricant, ou un fournisseur, vendeur ou détaillant ».

Ensuite, parce que les journalistes du Wall Street Journal ont pu mettre presque tout ce qu’ils avaient trouvé dans des poubelles du New Jersey sur la plateforme, et faire en sorte qu’ils soient reçus avec des labels, étiquettes et autres emballages estampillés Amazon. Dont des produits alimentaires. Au coeur du problème, il y a le fonctionnement du système appelé chez nous « Expédié par Amazon ». Son fonctionnement est bien expliqué dans la vidéo en fin d’article. Pour simplifier, les vendeurs qui souhaitent toucher le plus de monde possible peuvent rejoindre le service « Expédié par Amazon ».

Cela signifie qu’ils ne s’occupent alors presque plus de la partie logistique. Il leur suffit d’ajouter les produits qu’il souhaitent à leur marketplace et de coller une étiquette, puis Amazon s’occupe du reste. Leur inventaire est collecté pour être remis dans des centres de distribution Amazon, aussi appelés « Fulfillment centers ». C’est là qu’ils devraient être normalement contrôlés, mais en règle générale, à en croire le Wall Street Journal, les produits sont le plus souvent rempaquetées et réétiquettés sans plus ample procès avant d’être stockés en l’attente d’un achat. Les produits qui sont dans ces centres bénéficient du badge « Prime » et sont éligible à une livraison plus rapide et à des retours (en fonction de la zone géographique du client), ce qui augmente leur attrait.

Amazon affirme que les contrôles sont renforcés aux Etats-Unis… et en France ?

O,r comme l’affirme l’enquête du Wall Street Journal, une fois que le vendeur a rempli la documentation requise, rien ne semble plus s’opposer à la vente de tel ou tel produit. Le seul vrai garde-fous était autour des produits beauté et compléments alimentaires : « pour mettre en vente une crème solaire, Amazon demande une fiche standardisée par sécurité. Lorsque l’on a essayé de lister une poudre à base de protéines, un supplément alimentaire de petits poids en poudre et un masque humide pour le visage – trouvés dans les poubelles – Amazon nous a demandé une preuve d’achat ». 

Vendredi dernier, le Wall Street Journal a reçu une réaction d’Amazon US : « trouver des articles dans la poubelle a toujours été en contradiction avec l’exigences rigoureuses que les vendeurs se comportent de manière juste et honnête. Nous avons mis à jour notre politique pour interdire plus explicitement ce genre d’attitude », la firme explique par ailleurs que les efforts de vérification ont été renforcés – ce qui inclut davantage de contrôles ponctuels. Quant au compte Marketplace des journalistes du Wall Street Journal, il a été depuis fermé par Amazon pour non respect des conditions générales.

Lire également : Amazon – l’accusant de porter préjudice aux français, des centaines de contribuables portent plainte

Nous avons contacté Amazon France pour recueillir une réaction, notamment sur les contrôles qui sont effectués dans les centres Amazon du territoire pour éviter ce genre de pratiques. Nous mettrons notre article à jour dès que nous aurons reçu une réaction de leur part.

Source : Wall Street Journal



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