Instagram s’attaque à YouTube avec un format vidéo qui n’a plus rien d’un Reel
Instagram tourne le dos à sa doctrine du format vertical et court. Le réseau social de Meta teste un nouveau type de publication, baptisé Features, avec des vidéos horizontales de 90 minutes. Adam Mosseri, patron de l’application, assume ce revirement.

Le format court domine les réseaux sociaux depuis cinq ans. TikTok a imposé la vidéo verticale de quelques secondes, et les concurrents ont tous suivi. Chez Instagram, les essais se multiplient pour élargir ce terrain de jeu, jusqu’à une navigation sans trace sur les profils. Côté durée, la plateforme laissait pourtant le champ libre à YouTube. Partager un lien vers une autre application restait la seule solution pour regarder trente minutes d’affilée.
Depuis juin, l’application Instagram pour téléviseurs diffuse les Reels et des vidéos horizontales sur le grand écran du salon. Ce glissement vers le canapé pose une question simple. Face au téléviseur, le public réclame autre chose que des clips de quelques secondes. Adam Mosseri s’y refusait depuis des années, persuadé que le format bref génère davantage de partages et de messages privés. Sa position a changé.
Le format Features d’Instagram accepte des vidéos horizontales allant jusqu’à 90 minutes
Instagram teste donc Features, un format de publication pensé pour l’horizontal, comme l’a détaillé TechCrunch. La durée maximale grimpe à 90 minutes. L’essai a démarré au Brésil, avant une extension limitée aux États-Unis. Une option baptisée Clips as Reels permet de tirer un extrait court d’une vidéo longue, le spectateur pouvant ensuite basculer vers la version complète. En parallèle, la firme prépare une meilleure mise en avant des directs et un espace de profil pour enchaîner des séries, sur le modèle des playlists de TikTok. Tessa Lyons, vice-présidente produit, a convaincu le patron de retenter le coup.
La rémunération reste le point noir. Meta juge qu’il est trop tôt pour dévoiler un modèle durable, et évoque des revenus venus des marques, des fans puis de la plateforme elle-même. En face, YouTube reverse 55 % de ses recettes publicitaires aux vidéastes inscrits à son programme Partenaire, et revendique plus de 100 milliards de dollars versés en quatre ans. Huit ans plus tôt, IGTV avait déjà échoué sur ce créneau avant d’être enterré. Aucune date de déploiement mondial n’a filtré pour l’instant. Les créateurs regarderont donc les chiffres avant de déménager.