Samsung écope de 13 millions d’euros d’amende pour un logiciel dissimulé dans ses smartphones
Samsung traîne depuis quatre ans le dossier du bridage de ses Galaxy S21, S22 et Tab S8. En Corée du Sud, l’autorité de la concurrence vient de trancher. Un recours est déjà annoncé.

Presque tous les smartphones haut de gamme embarquent un garde-fou thermique. Quand un jeu sollicite trop le processeur, le système abaisse sa fréquence pour contenir la température. Quelques images passent à la trappe. Chez Samsung, la question revient à chaque génération de puce maison. Les performances annoncées de la future puce Exynos 2700 alimentent déjà la discussion. Côté autonomie, le Galaxy S26 européen perd 28 % face à son équivalent Snapdragon. La puissance maximale tient donc rarement sur la durée.
Le Game Optimizing Service appliquait ce principe sur les Galaxy S22, dès 2022. Au lancement d’un titre gourmand, le module réduisait la puissance disponible. Personne ne pouvait le désactiver. Des joueurs avaient repéré la manœuvre en renommant leurs jeux pour tromper la détection. Aujourd’hui encore, la méthode reste courante, et notre test du Galaxy S26 mesurait une stabilité comprise entre 45 et 70 % selon les protocoles. Pourtant, le grief coréen portait ailleurs.
Les Samsung Galaxy S21, S22 et Tab S8 perdaient plus de la moitié de leur puissance en jeu
La commission coréenne de la concurrence a rendu sa décision. Elle inflige 20 milliards de wons à Samsung, soit environ 13 millions d’euros, pour publicité trompeuse sur les Galaxy S21, S22 et Tab S8. Selon le régulateur, le fabricant a promis le meilleur du jeu mobile sans jamais mentionner les plafonds programmés dans ses appareils. Ces limites provoquaient des ralentissements, des saccades et une image dégradée dans les titres les plus gourmands.
Samsung conteste et prépare un recours. En défense, le groupe présente le module litigieux comme une sécurité thermique, pensée pour tenir la distance sur les longues parties. Depuis mars 2022, une mise à jour permet de contourner la limitation. Il rappelle enfin que les procédures civiles ouvertes en Corée du Sud se sont achevées ou ont été retirées.
Le montant final reste très inférieur au plafond de 64,4 milliards de wons, soit près de 41 millions d’euros, envisagé par les enquêteurs. Quatre ans après les premières plaintes, la sanction ressemble davantage à un rappel à l’ordre qu’à une punition exemplaire pour Samsung. Les joueurs visés, eux, ont depuis longtemps changé de mobile.