Des scientifiques ont modélisé un trou noir géant et y ont vu naître… des planètes
Les trous noirs supermassifs passent pour les plus grands destructeurs de l'univers. Une nouvelle étude leur prête pourtant un rôle totalement inattendu. Des millions de planètes pourraient naître à la lisière de ces géants cosmiques.

Les trous noirs supermassifs trônent au cœur de presque tous les grands systèmes stellaires. Ils avalent le gaz et la poussière piégés par leur gravité colossale. Cet ensemble forme alors un disque éclatant appelé noyau galactique actif. Récemment, une galaxie avait privé son trou noir de matière au point d'éteindre presque toute sa luminosité. Ces géants restent surtout connus pour leur appétit dévorant et leur extrême violence.
Ces monstres cosmiques cachent pourtant une facette bien plus surprenante. On les croyait incapables d'abriter la moindre formation planétaire dans leur environnement chaotique. Ces trous noirs géants capables de bouleverser plusieurs galaxies voisines semblaient condamnés à tout disperser autour d'eux. Une équipe de scientifiques a justement voulu tester cette intuition par la simulation. Leurs travaux portent sur les bords des disques entourant ces astres affamés.
Des millions de planètes géantes se formeraient au bord des disques des trous noirs
Ce scénario étonnant repose sur une modélisation poussée. Selon une étude mise en ligne sur la plateforme arXiv, des planètes pourraient se former loin du trou noir central. Bhupendra Mishra, chercheur à l'université du Colorado, a dirigé ce travail. Son équipe a simulé un disque d'accrétion et suivi l'agglomération progressive de la poussière. Le modèle fait apparaître des géantes de la masse de Jupiter, à des dizaines de parsecs du centre. Un parsec équivaut à environ 3,3 années-lumière. Le scientifique décrit ces mondes comme de gigantesques boules de lave.
Ces planètes de lave ne resteraient pas longtemps auprès de leur trou noir. Stables, elles migreraient peu à peu vers l'extérieur du noyau galactique actif. Le mécanisme avancé porte un nom précis, l'instabilité de streaming. Il pousse la poussière à se rassembler en longs filaments avant de donner naissance à ces géantes. Pour confirmer cette théorie encore jeune, les astronomes comptent sur la lentille gravitationnelle. Ce phénomène amplifie la lumière d'objets lointains et pourrait trahir la présence de ces mondes. Repérer un tel trou noir reste pourtant un défi, sauf grand coup de chance.