Voitures électriques : la transition sera douloureuse en Europe, met en garde le patron de Peugeot

 

La transition vers les voitures électriques s’annonce particulièrement douloureuse en Europe, met en garde Carlos Tavares, président du directoire de PSA (Peugeot, Citroën ou encore DS Automobiles). Dans une interview, il tacle sévèrement la politique de l’Union européenne censée réduire de 40 % les émissions de CO2. 

voitures électriques

Bien décidé à réduire de 37,5 % les émission de CO2 des voitures d’ici 2030, le Parlement européen a mis en place un ambitieux pacte de transition énergétique. Cet accord a été signé par les pays membres de l’Union en décembre 2018.

La transition vers les voitures électriques s’annonce difficile, estime Carlos Tavares, PDG du groupe PSA

Interrogé par Le Figaro, Carlos Tavares s’est montré très critique envers les mesures promises par l’Union européenne. « Le vote du Parlement européen est un vote contre l’industrie européenne. Le chemin qui est pris nous emmène dans l’impasse et ce sera très douloureux » estime le responsable, interrogé dans le cadre de l’ouverture du salon automobile de Genève.

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« Cela met à risque les 13 millions de personnes qui travaillent dans notre industrie et cela déstabilisera très certainement nos sociétés européennes » poursuit Tavares, estimant que « plus de 20 000 postes » risquent d’être menacés. Pire, les constructeurs européens seraient même menacés de faillite.

Pour le patron du PSA, c’est surtout la transition des voitures traditionnelles, alimentées par le diesel, vers les voitures électriques, qui risque d’être compliquée. « Si les constructeurs européens ne vendent pas assez de véhicules électriques d’ici 2020, 2025 et 2030, ils se retrouveront ruinés par des amendes » souligne Tavares. Incapables de tenir les engagement demandés par l’Europe, les fabricants automobiles risqueraient de crouler sous les amendes. De son côté, Volkswagen a d’ores et déjà annoncé son intention de produire 100.000 voitures électriques par an dès 2020.

« Comment les États, exsangues, au bout de leurs capacités d’endettement, de déficit et de pression fiscale, trouveront-ils l’argent pour financer les réseaux de chargement ? » ajoute Carlos Tavares. En effet, les bornes de chargement destinés aux voitures électriques ont un coût important.

Selon le PDG, le pacte de l’Union européenne profiter surtout aux constructeurs de batterie asiatiques. Le financement demandé aux firmes en Europe seraient en effet « trop colossales ». Pour aider les firmes européennes à investir, la France et l’Allemagne ont débloqué jusqu’à 1,7 milliard d’euros. Ce budget sera-t-il suffisant pour aider les constructeurs d’Europe à survivre à la transition vers le 100% électrique ?



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