Trahie par un logiciel d’espionnage, cette télétravailleuse doit rembourser son ancien employeur

 

Une entreprise a utilisé les données recueillies par un logiciel mouchard pour se faire rembourser par son ancienne employée. Une stratégie qui se développe de plus en plus, à l'heure du cloud et du télétravail. 

Crédit : 123rf

Au moment de poursuivre son ancien employeur en justice pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, Karlee Besse n’imaginait sans doute pas que c’est elle qui se retrouverait finalement en position d’accusée. C’est pourtant bien ce qu’il s’est passé en Colombie britannique, dans une affaire mêlant informatique et droit du travail.

Mme Besse travaillait anciennement comme comptable en télétravail pour une association nommée Reach CA. Après que l’ONG a mis fin à son contrat de travail, l’employée s’est plainte à un tribunal compétent de n’avoir perçu ni indemnité de départ ni salaires impayés. Elle réclamait donc une compensation d’environ 3500 €. Malheureusement pour elle, Reach CA a rétorqué avec une preuve incontestable de la mauvaise foi de la plaignante : les statistiques de sa productivité fournies par TimeCamp, un logiciel d'espionnage ou de suivi, selon le point de vue.

L'entreprise installe un mouchard sur le PC de son employée, puis l'accuse de fausses déclarations

La compagnie avait installé ce « bossware », un type de logiciel qui aide les patrons à vous espionner, de surveillance de la productivité des employés, sur l’ordinateur portable de Mme Besse. Cela lui permettait d’une part, d’évaluer le travail de son employée, et d’autre part, de comparer la facturation soumise par la consultante et les heures vraiment travaillées, mesurées par TimeCamp. Grand bien leur a pris. Le programme a révélé que « la comptable avait déclaré 50 heures qui ne paraissaient pas avoir été occupées par des tâches professionnelles ».

Mme Besse a bien essayé de nier l'évidence. Elle a mis en doute la capacité de TimeCamp à différencier les tâches qui tiennent du loisir ou du travail sur l’ordinateur. Elle a également affirmé qu’elle travaillait aussi sur papier, et que ce temps-là n’était pas comptabilisé. Aucun de ses arguments n’a su convaincre la Cour. Elle a bel et bien été prise la main dans le sac grâce à un logiciel de suivi pour fausse déclaration. Ce genre d’affaires, avec l’avènement du télétravail, risque de devenir de plus en plus fréquent. Le juge a condamné madame Besse à rembourser 1700 € à Reach CA.

Source : The Guardian



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