Test Microsoft Surface Book 3 : harder, better, faster, stronger

Notre avis

Début mai, Microsoft dévoilait sa nouvelle gamme Surface. Au programme, une Surface Go 2, un aperçu des Surface Duo et Neo ainsi que le nouveau Surface Book 3, le PC hybride le plus haut de gamme du constructeur. Nous avons pu utiliser ce dernier pendant plusieurs jours. Voici notre test complet.

Le Surface Book est à Microsoft ce que le MacBook Pro est à Apple. Une machine élégante, puissante et pensée pour les créatifs. La comparaison s’arrête là, Microsoft optant pour un format hybride (l’écran se détache et devient une tablette), son système d’exploitation maison et un prix (légèrement) plus attractif. Attention, cela ne signifie pas que le Surface Book 3 est un produit abordable. Positionné comme une machine premium, il se décline en deux versions 13 et 15 pouces disponibles respectivement à partir de 1799 et 2599 euros.

Microsoft ne révolutionne pas le genre avec cette troisième mouture et apporte essentiellement des améliorations techniques (processeur, carte graphique, RAM, etc.). Sont-elles suffisantes pour rivaliser avec la concurrence ? Corrigent-elles les faiblesses du Surface Book 2 ? Nous avons pu tester le Surface Book 3 dans sa version la mieux équipée (vendue 3349 euros). Découvrez notre avis complet.

Prix et alternatives

Le Surface Book 3 est proposé à partir de 1799 euros pour la version standard (13 pouces, Intel Core i5) et peut grimper jusqu’à 3349 euros pour notre modèle de test (le plus premium). À ce prix vous pourrez accéder à une version avec écran de 15 pouces, puce Intel Core i7 de dixième génération, 32 Go de RAM et 1 To de stockage. Le Surface Book 3 est donc vendu comme un ordinateur ultra-premium, à ce titre il n’est pas à la portée de toutes les bourses. Aussi, parmi les alternatives les plus intéressantes on trouve :

Contenu de la boîte

Le service presse de Microsoft nous a fait parvenir un modèle identique à ce que vous trouverez en boutique. Dans la boîte, l’ordinateur s'accompagne du bloc d’alimentation et de son câble de charge (port propriétaire) ainsi que quelques notices d’utilisation. Au regard du format convertible de la machine et de son prix assez élevé, nous aurions aimé trouver un stylet Surface Pen dans la boîte. Pour vous l’offrir, vous devrez débourser 110 euros supplémentaires. Dommage.

Design et ergonomie

Avec la troisième mouture de son Surface Book, Microsoft joue la carte de la continuité. Doit-on s’en plaindre ? Non ! Les ordinateurs made by Microsoft se distinguent par leurs lignes élégantes et des matériaux premium. Tout de magnésium vêtu, le Surface Book 3 brille par son minimalisme et la qualité de ses finitions. On retrouve la désormais traditionnelle pliure en accordéon caractéristique de ce modèle. On aime ou on déteste. En ce qui nous concerne, nous sommes plutôt séduits par cette touche d’originalité.

Notre modèle de test intègre un écran de 15 pouces, aussi ses dimensions (343 mm x 251 mm x 15 mm-23 mm) et son poids ( 1 905 g) en font un mastodonte au même titre que le MacBook Pro 16 d’Apple. On pourrait d’ailleurs reprocher au constructeur de ne pas avoir fait d’efforts sur l’intégration de la dalle, mais ce défaut esthétique s’explique par la conception même du produit (nous y reviendrons).

Le gabarit imposant de la machine permet à Microsoft d’intégrer une connectique plutôt confortable (voir partie connectique) et un clavier particulièrement agréable à utiliser. Le seul petit artifice que s’autorise le constructeur est la caméra arrière de 8 mégapixels placée dans le coin supérieur droit et assez discrète que l’on utilisera principalement en mode tablette, et encore. La caméra avant de 5 mégapixels (vidéo Full HD) positionnée juste au-dessus de l’écran sera plus souvent sollicitée (visio). Elle permet également de déverrouiller le PC grâce à Windows Hello (particulièrement réactif).

Les boutons d'alimentation et de volume sont placés sur le dessus de l'écran

En résumé, ce Surface Book 3 conserve l'ADN des précédentes moutures pour notre plus grand bonheur. Si les fans de MacBook mettent souvent en avant la qualité de leur design, ce Surface Book 3 démontre que Microsoft n’a rien à envier à Apple.

Clavier et trackpad

À l’instar du design général, le clavier et le trackpad du Surface Book 3 ne changent pas par rapport à ceux de son prédécesseur. Et on ne s’en plaindra pas. Microsoft livre certainement le meilleur clavier que l’on puisse trouver sur un PC portable avec celui du Dell XPS 13. La taille des touches couplée à une course de 1,55 mm apportent un confort exceptionnel. Ajoutons à cela un silence de cathédrale et un rétroéclairage sur trois niveaux, deux atouts non négligeables pour travailler dans l’obscurité.

Pour décrocher la tablette, il faut d'abord appuyer sur le bouton de déverrouillage

Si le clavier nous a beaucoup séduits, le trackpad nous a laissés sur notre faim. Si son utilisation est agréable (grâce notamment à un clic bien équilibré) nous regrettons sa petite taille. À titre de comparaison, le trackpad du MacBook Pro 16 (que votre humble serviteur utilise au bureau) est presque deux fois plus grand. Celui du Dell XPS 13, un ultrabook bien plus compact, est peu ou proue identique à celui du Surface Book 3. C’est d’autant plus décevant que Microsoft dispose de suffisamment d’espace pour élargir la surface de ce trackpad.

Écran 4K

Si l’intégration de la dalle (bordures épaisses) est loin des standards PC, on peut excuser Microsoft par le simple fait que son Surface Book 3 est aussi une tablette. À ce titre, la majorité des composants sont regroupés dans la partie supérieure, derrière et autour de l’écran. On lui pardonne d’autant plus cette faiblesse que la qualité de l’écran PixelSense (format 3:2 ; 4K – 3240 x 2160 pixels) est une petite merveille… à condition d’accepter de regarder des vidéos avec de larges barres noires. Car si le format 3:2 (plus vertical) se révèle plus agréable pour la productivité, le jeu, les logiciels de créa, la retouche photo ou le montage, il est beaucoup moins confortable pour regarder des films ou séries pensés pour une diffusion en 16:9.

Malgré tout, la qualité de la dalle nous fait vite oublier cette particularité. Parfaitement équilibré (excellents contrastes, couverture à 100% du spectre sRGB, 75% du Adobe RGB et 75% du DCI-P3), l’écran du Surface Book 3 en met plein la vue. Quant à ceux qui craindraient de ne pouvoir travailler en extérieur à cause de son aspect brillant, rassurez-vous : l’excellente luminosité de la dalle permet d’utiliser le Surface Book 3 dans n’importe quel environnement. Seule ombre au tableau : l’absence de compatibilité HDR et/ou Dolby Vision. Pour un produit vendu à ce prix et conçu pour les créateurs, on aurait aimé profiter de ces petits plus.

Connectique et son

Le format plutôt imposant du Surface Book 3 autorise Microsoft à se montrer plus généreux sur la connectique. Néanmoins, le constructeur fait des choix relativement étranges pour une machine de 2020. Ainsi, il n’intègre qu’un seul USB-C (2e génération, 10 Gbit/s) compatible Display Port 1.4, capable de charger lentement l’ordinateur, mais ne prenant pas en charge le Thunderbolt 3 (pour des raisons de sécurité assure Microsoft). Aux côtés de cet unique USB-C, le constructeur intègre Surface Connect, son port de charge propriétaire, qui aurait pu accueillir au moins un USB-C supplémentaire.

Heureusement, l’américain se rattrape en intégrant deux USB-A 3.1 ainsi qu’un slot pour carte SD devenus si rares malgré leur succès auprès des créateurs de contenus. Notons enfin que le Surface Book 3 est compatible WiFi 6, un vrai point fort en 2020.

Qualité audio moyenne

Microsoft ne détrônera pas le MacBook Pro, roi de l’audio sur le marché des ordinateurs portables. Le format hybride du Surface Book 3 oblige Microsoft à intégrer le jack 3,5 mm autour de l’écran. Néanmoins, on s’interroge sur le choix du constructeur qui a décidé de le positionner dans le coin supérieur droit. Ce placement hasardeux rend l’utilisation d’écouteurs filaires impossible, le câble venant systématiquement flotter dans le champ de vision de l’utilisateur. Nous nous sommes donc tournés vers des accessoires sans fil (l’ordinateur est compatible Bluetooth 5.0), mais tout le monde n’a pas forcément cette alternative. Première déception.

Seconde déception : la qualité audio bien trop moyenne pour une machine de cette trempe. Bien que l’espace disponible sur la base autorise l’intégration de haut-parleurs de chaque côté du clavier, le constructeur se contente de deux sorties audio à peine plus larges que celles d’un smartphone, réparties sur les bordures latérales. Problème : la caisse de résonance bien trop fine ne permet pas de diffuser de basses, aussi le son manque cruellement d’équilibre. On s’en contente donc pour visionner quelques vidéos sur YouTube, voire (si vous n’êtes pas trop regardants) une série ou un film sur Netflix. Mais nous ne recommandons pas l’écoute musicale sur cette machine, ou alors de manière ponctuelle. C’est d’autant plus frustrant que le Surface Book 3 avait tout pour être un champion du multimédia, y compris une compatibilité Dolby Atmos.

Performances et autonomie

Si le format hybride du Surface Book 3 en ravira certains, sa conception oblige Microsoft à regrouper l’essentiel des composants derrière l’écran. Au regard de sa finesse et pour éviter la chauffe, le constructeur choisit donc une puce Intel Core i7-1065G7 à basse fréquence couplée ici à 32 Go de RAM LPDDR4x et un SSD de 1 To. Pour la partie graphique, Microsoft la joue très fine : la carte Nvidia GeForce GTX 1660 Ti Max-Q (avec 6 Go de RAM GDDR6) est logée dans le socle/clavier et associée à un système de refroidissement distinct. Comment fonctionne le Surface Book 3 en mode tablette ? Grâce à une autre puce graphique Intel Iris Plus, tout simplement.

Si la démarche ne manque pas d’intérêt, elle se révèle parfois incohérente avec l’usage que l’on fait du Surface Book 3. Par exemple, la retouche photo en mode tablette est (pour certains) plus intuitive avec un stylet. Problème : la carte graphique Intel Iris Plus ne suit pas vraiment le rythme avec des clichés lourds (fichiers RAW) ou avec plusieurs calques dans Photoshop. On doit alors réinsérer la tablette à l’envers sur son socle pour profiter d’une carte graphique assez solide pour cet usage.

Pour le reste, le Surface Book 3 (avec cette configuration musclée) affiche d’excellentes performances et saura satisfaire les utilisateurs les plus exigeants. Les créatifs (retouche photo, montage vidéo 4K) devraient également s’y retrouver même si d’autres machines restent plus puissantes. Enfin, les joueurs ponctuels pourront se détendre avec des licences à succès : GTA V, Call of Duty Warzone ou Assassin’s Creed Odyssey par exemple tournent parfaitement. La technologie Xbox sans fil intégrée finira sans doute de vous convaincre.

Autonomie

La conception du Surface Book 3 oblige Microsoft à intégrer deux batteries : la première (22 Wh) est logée dans la tablette, la seconde (63 Wh) dans sa base. L’américain promet une autonomie de 17h30 dans des conditions bien précises. Sur la page officielle du Surface Book 3, on peut lire (au sujet du modèle 15 pouces) :

Tests effectués par Microsoft en avril 2020 en utilisant des logiciels et des Surface Book 3 15 pouces en préproduction avec processeur Intel® Core™ i7, 256 Go de stockage et 16 Go de RAM (…) La partie d’utilisation active consiste en (1) un test de navigation sur le web où l’utilisateur se connecte sur 8 sites web populaires par le biais de multiples onglets ouverts, (2) un test de productivité en utilisant Microsoft Word, PowerPoint, Excel et Outlook, et (3) une partie du temps où l’appareil est utilisé avec des applications en veille. Tous les paramètres ont été définis par défaut, à l’exception de la luminosité de l’écran qui était réglée sur 150 nits avec la luminosité automatique désactivée. Le Wi-Fi était connecté à un réseau.

Microsoft prévient que « l’autonomie de la batterie varie considérablement en fonction des paramètres, des conditions d’utilisation et d’autres facteurs ». Et heureusement… Car dans les faits le Surface Book 3 est loin d’atteindre les 17h30 d’autonomie. Pour une utilisation polyvalente (écriture, navigation web, un peu de vidéo, de musique, de retouche photo et réseaux sociaux), notre modèle de test a tenu environ 8 heures avant de rendre l’âme. En multipliant les usages plus gourmands en ressources (vidéos, jeu, retouche photo, montage), vous devrez passer par la case recharge dans l’après-midi.

Sans pouvoir le vérifier de manière précise, nous supposons que l’écran 4K de 15 pouces et la carte graphique GTX 1660 Ti Max-Q consomment énormément d’énergie. Aussi, le Surface Book 3 de 13 pouces avec une configuration moins solide doit certainement se montrer plus endurant. Certains testeurs américains parlent de 11 heures d’autonomie par exemple. En revanche, quelque soit le modèle, le Surface Book 3 n’autorise qu’une utilisation ponctuelle en mode tablette tant la batterie s’épuise rapidement.

Côté recharge, Microsoft remplace le bloc de 102 Watts du Surface Book 2 par un nouveau de 127 Watts. Si cette différence peut sembler minime elle permet non seulement d’accélérer la recharge, mais surtout de corriger un problème rédhibitoire : avec certains jeux le Surface Book 2 continuait de se décharger alors qu’il était bien branché sur secteur. Le Surface Book 3, lui, gagne des points de vie même lorsqu’on le sollicite de manière intense. Seul petit regret : Microsoft continue d’utiliser une connectique propriétaire quand l’USB-C apporterait son lot d’avantages (un gain d’espace par exemple).

Notre Verdict

Microsoft connaît sa recette sur le bout des doigts : le Surface Book 3 brille par son design élégant et minimaliste ainsi que la qualité de ses finitions. Son écran PixelSense 4K est une petite merveille et il dispose de l’un des claviers les plus confortables du marché. Les légères améliorations apportées à son prédécesseur lui permettent de franchir un nouveau cap : le Surface Book 3 est désormais assez puissant et endurant pour satisfaire les créateurs de contenus. Les joueurs ponctuels y trouveront aussi leur compte. Malgré tout, quelques éléments auraient mérité plus d’attention : le trackpad est trop petit, la conception hybride limite la puissance du processeur et la qualité audio est très moyenne. Ces défauts aurait pu passer comme une lettre à la Poste si le ticket d’entrée n’était pas vendu si cher. Le Surface Book 3 est disponible à partir de 1799 euros dans sa version 13 pouces et 2599 euros en 15 pouces. Le modèle testé ici coûte tout de même 3449 euros. Aussi, nous craignons que les versions moins bien équipées n’autorisent pas une utilisation aussi poussée que la notre. Malgré tout, si votre budget vous le permet, il nous paraît difficile de ne pas vous recommander ce Surface Book 3.

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