Le Parlement européen a revu son objectif pour 2035 en laissant une place inattendue aux moteurs essence dans les prochaines années.
La fin des voitures thermiques en 2035 semblait gravée dans le marbre à Bruxelles. Le Parlement européen vient pourtant de rouvrir le dossier. Sa nouvelle position laisse une porte entrouverte aux moteurs essence et diesel.

Pendant des années, l’Europe a avancé sans trembler vers l’abandon du thermique. Fixé en 2023, l’arrêt des ventes neuves en 2035 orientait les investissements des constructeurs. Chaque État a aligné ses aides à l’achat sur cette trajectoire, et la France a renoncé à la taxe au poids envisagée pour les modèles électriques. Plusieurs capitales réclament pourtant un retour en arrière.
Le Parlement européen planche depuis l’hiver dernier sur la révision de ses règles encadrant les émissions de CO2 des véhicules neufs. Sa commission de l’Environnement a tranché mercredi 4 novembre. Sur le marché, la tendance va pourtant dans l’autre sens, puisqu’un quart des voitures neuves vendues en Europe en juillet étaient électriques. La production automobile du continent demeure inférieure de près de 20 % à son niveau de 2019.
Les eurodéputés abaissent l’objectif CO2 de 2035 à 87,5 % et gardent une place aux thermiques
Mercredi, la commission de l’Environnement a adopté sa position par 48 voix contre 30, avec deux abstentions. Son texte change la cible de 2035. D’après le communiqué du Parlement européen, les constructeurs devront abaisser de 87,5 % les émissions moyennes de leurs voitures neuves en 2035, alors que la législation actuelle exige 100 %. Les 12,5 % non couverts laissent donc de la place à des modèles thermiques dans les concessions.
Ces élus ont aussi ajouté un mécanisme de compensation reposant sur l’acier bas carbone produit dans l’Union. Grâce à ces crédits, un constructeur affiche 95 % de réduction sur le papier tout en rejetant davantage de CO2. Côté utilitaires légers, le Parlement européen abaisse la cible de 2035 à 80 % et celle de 2030 de 50 % à 35 %. Quant aux petites électriques fabriquées en Europe, elles comptent pour 1,4 véhicule dans ce calcul.
Rien n’est acquis pour le thermique. En séance plénière, les députés voteront leur mandat de négociation en décembre, avant d’affronter les États membres. Du côté industriel, l’association des constructeurs européens juge déjà ces assouplissements trop limités dans leur ampleur comme dans leur durée. Les Verts y voient à l’inverse un recul pour le pacte vert d’Ursula von der Leyen.